Budgets : investissement public en IA d’ici ou financement public de multinationales?

Les retombées économiques qui sont attendues du financement public du créneau de l’intelligence artificielle ne sont pas garanties, selon l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS).

Intelligence artificielle
Image : Getty

Sur la base d’une note de recherche qu’il vient de rendre publique, l’Institut de recherche basé à Montréal affirme que « le créneau de l’intelligence artificielle suscite énormément d’intérêt, si bien que les gouvernements du Québec et du Canada y ont versé plus de 2 milliards de dollars depuis 2016, sans compter les dépenses fiscales sous forme de crédits d’impôt ».

Cependant, « il n’existe aucune garantie de retombées économiques liée à ce soutien financier » obtenu par l’industrie de l’intelligence intelligence (IA) auprès des États, soutient cet institut de recherche qui a été fondé en 2000.

« Il faut à tout prix éviter que les grandes multinationales du numérique comme les GAFAM [Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft] soient les seules à bénéficier de l’argent public injecté dans le développement de l’IA grâce à des fusions-acquisitions avec les entreprises en démarrage d’ici », mentionnent les trois chercheuses et coauteures de la note de recherche.

Ces dernières ajoutent qu’il « est impensable que les gouvernements laissent les GAFAM s’approprier les innovations technologiques qu’ils financent sans la moindre redevabilité », en ne laissant que « des bénéfices marginaux pour la société ». Selon Myriam Lavoie-Moore, Joëlle Gélinas et Lisiane Lomazzi, la stratégie de fusions-acquisitions permet aux GAFAM « d’acquérir à la fois les capitaux des entreprises, mais également leurs brevets et leur expertise ».

L’IRIS suggère l’implantation d’un « cadre réglementaire capable de réguler les activités des entreprises spécialisées en IA et de garantir les potentiels économiques et sociaux », ainsi que de créer des lois et règlements pour « régir le comportement des entreprises en IA », qui jusqu’à présent s’autoréglementent avec des comités et consultations industriels sur les enjeux éthiques liés à la manipulation de données.

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