Les différences entre les fournisseurs ont contribué à la panne de Rogers, selon son directeur technologique

Le chef de la direction de Rogers, Tony Staffieri, a comparu hier aux côtés de Ron McKenzie, le nouveau directeur technologique de l’entreprise, devant le Comité permanent de l’industrie et de la technologie de la Chambre des communes pour répondre aux questions des parlementaires concernant la panne du réseau de l’entreprise qui a touché des millions de Canadiens le 8 juillet.

Le PDG de Rogers, Tony Staffieri (à gauche) et le directeur technologique de Rogers, Ron McKenzie (à droite) devant le Comité permanent de l’industrie et de la technologie de la Chambre des communes. Source : capture d’écran de la diffusion en direct de la Chambre des communes

Staffieri a commencé par décrire quatre étapes que Rogers entreprend actuellement pour améliorer la résilience de son réseau :

  1. Établir un plan de fiabilité renforcée. Rogers travaille avec le gouvernement et ses concurrents sur un accord formel pour s’assurer que les services d’urgence restent opérationnels en tout temps.
  2. Séparer les réseaux sans fil et câblés, ce qui, selon Staffieri, pourrait coûter environ 250 millions de dollars canadiens. Il a ajouté que si l’accord de fusion entre Rogers et Shaw est approuvé, cela pourrait être achevé en deux fois moins de temps.
  3. Rogers investira 10 milliards de dollars canadiens au cours des trois prochaines années pour développer ses réseaux.
  4. Elle effectuera également des tests plus rigoureux. De plus, elle procédera à un examen approfondi de l’incident avec ses partenaires et partagera les résultats avec les concurrents une fois qu’il sera terminé.

Le vendredi 22 juillet, Rogers a fait parvenir une réponse de 39 pages aux demandes de renseignements du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC). Le document attribue la panne à un filtre de routage supprimé dans ses réseaux centraux causant un dépassement de la capacité des routeurs, les rendant incapables d’aiguiller le trafic. Le document complet a été caviardé pour des raisons de confidentialité et de concurrence.

L’erreur a réussi à se faufiler à travers les tests. Lors de l’audience, McKenzie a décrit l’incident comme sans précédent.

« Nous avons une grande rigueur – dans ce programme particulier sur deux ans – une rigueur totale, un examen complet, une analyse complète qui a été effectuée », a déclaré McKenzie. « Cette étape de la mise en œuvre faisait partie d’un programme en sept étapes et c’était la sixième étape ; les cinq précédentes s’étant déroulées sans aucun problème. C’était donc vraiment un incident sans précédent. »

La cause principale réside dans les différentes manières dont les équipements de différents fournisseurs ont traité la mise à jour. Rogers utilise du matériel provenant de plusieurs fournisseurs pour construire ses réseaux, et elle n’avait pas prévu que la suppression d’un filtre de routage ne serait pas traitée de la même manière sur le matériel de tous les fabricants.

“Il n’y avait, à ce moment, aucune raison de croire, aucune information selon laquelle [le déploiement de la mise à jour] allait poser problème. Et ce qui s’est passé, c’est que lorsque le changement de code a été exécuté et que le filtre a été supprimé, le comportement de l’équipement tel que conçu par un fournisseur et par un second fournisseur est très différent », a expliqué McKenzie.

Non seulement la panne a laissé des millions de Canadiens sans connectivité, mais elle a également eu un impact sur les services d’urgence 911 à travers le pays. C’est devenu le principal sujet de discussion lors de l’audience. En réponse, Staffieri a déclaré que Rogers préparerait un plan.

« Nous aurons des mesures de basculement afin qu’en cas de panne il ne se fasse pas sur notre réseau alternatif, mais plutôt sur l’un des réseaux de nos concurrents en quelques secondes », a déclaré Staffieri.

La panne s’est produite alors que la société tentait de persuader les régulateurs d’approuver son acquisition de Shaw Communications pour 26 milliards de dollars canadiens. Rogers n’avait déjà pas réussi à résoudre les problèmes de concurrence lors de sa médiation avec le Bureau de la concurrence du Canada, qui cherche à bloquer l’accord.

Dans une première partie de l’audience, François-Philippe Champagne, ministre de l’Innovation, de la Science et de l’Industrie, a demandé aux fournisseurs de télécommunications de conclure une entente d’entraide. De plus, il a demandé à tous les opérateurs de télécommunications d’établir un protocole de communication avec le gouvernement et les clients en cas de panne.

Pour plus de détails, l’article original (en anglais) est disponible sur IT World Canada, une publication sœur de Direction informatique.

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Adaptation et traduction française par Renaud Larue-Langlois

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