Le Canada devrait limiter l’utilisation de la reconnaissance faciale

Les commissaires à la protection de la vie privée fédéral, provinciaux et territoriaux du Canada déclarent que le Parlement devrait limiter l’utilisation par la police canadienne de la technologie de reconnaissance faciale à des circonstances étroitement définies telles que les crimes graves.

Leur déclaration a été publiée alors que trois commissaires ont récemment témoigné devant la commission de la protection de la vie privée du Parlement, qui examine l’utilisation et l’impact de la reconnaissance faciale.

Les audiences parlementaires sur la reconnaissance faciale ont eu lieu après que le commissaire fédéral à la protection de la vie privée, Daniel Therrien et les commissaires à la protection de la vie privée de la Colombie-Britannique et de l’Alberta aient découvert l’année dernière que la GRC avait violé les lois fédérales et provinciales sur la protection de la vie privée en utilisant la solution de reconnaissance faciale de Clearview AI. L’utilisation par Clearview d’images de personnes récupérées sur Internet sans autorisation est illégale en vertu de la loi canadienne, ont conclu les commissaires.

La GRC n’est pas d’accord avec ce rapport. Clearview AI a cessé d’offrir son service au Canada. Cependant, elle conteste l’ordonnance des commissaires lui ordonnant d’arrêter la collecte et l’utilisation des données des Canadiens ou de supprimer les images déjà collectées.

Les commissaires ont tenu une consultation nationale sur l’utilisation de la reconnaissance faciale l’année dernière après la publication du rapport Clearview. Cependant, ont-ils dit, il n’y avait pas de consensus parmi les groupes publics et les forces de police qui y ont participé.

En conséquence, les commissaires ont déclaré plut tôt cette semaine que le Parlement devrait soit adopter un cadre, soit adopter une loi basée sur quatre éléments clés :

  • La loi devrait définir clairement et explicitement les fins pour lesquelles la police serait autorisée à utiliser la technologie de reconnaissance faciale et interdire toute autre utilisation. Les fins autorisées doivent être impérieuses et proportionnées aux risques très élevés de la technologie, la prévention du crime n’étant pas une raison impérieuse.
  • Puisqu’il n’est pas réaliste que la loi anticipe toutes les circonstances, elle devrait également exiger que l’utilisation de la reconnaissance faciale par la police soit à la fois nécessaire et proportionnée pour tout déploiement donné de la technologie.
  • L’utilisation de la reconnaissance faciale par les forces de police locales devrait faire l’objet d’un contrôle indépendant rigoureux. La surveillance devrait inclure des mesures d’engagement proactives, une autorisation au niveau du programme ou une notification préalable avant utilisation, et des pouvoirs d’audit et d’ordonnance.
  • Des protections appropriées de la vie privée doivent être mises en place pour atténuer les risques pour les individus, y compris des mesures concernant l’exactitude, la conservation et la transparence des initiatives de reconnaissance faciale.

Lire l’article au complet (en anglais) sur le site d’IT World Canada, une publication sœur de Direction informatique.

Lire aussi :

La confidentialité doit être gérée sans interruption

Organisations sensibilisées à la vie privée pour leur survie

Sept étapes pour lancer une étude d’impact sur la vie privée

Traduction et adaptation française par Renaud Larue-Langlois

Howard Solomon
Howard Solomon
Actuellement rédacteur pigiste, Howard est l'ancien rédacteur en chef de ITWorldCanada.com et de Computing Canada. Journaliste informatique depuis 1997, il a écrit pour plusieurs publications sœurs d'ITWC, notamment ITBusiness.ca et Computer Dealer News. Avant cela, il était journaliste au Calgary Herald et au Brampton Daily Times en Ontario. Il peut être contacté à [email protected]

Articles connexes

Il est temps de réfléchir aux procédures de confidentialité de votre organisation

L'avocat d'Ottawa Kris Klein conseille les organisations canadiennes sur la façon de mettre en place des politiques et des procédures pour se conformer aux obligations légales fédérales et provinciales en matière de confidentialité des données.

Le gouvernement du Canada lance la Stratégie quantique nationale

Le ministre de l'Innovation, des Sciences et de l'Industrie, François-Philippe Champagne, annonçait aujourd’hui la Stratégie quantique nationale, qui façonnera l'avenir des technologies quantiques au pays et contribuera à la création de milliers d'emplois. Assortie d'un investissement de 360 millions de dollars annoncé dans le budget de 2021, la stratégie consolidera le leadership mondial du Canada en recherche quantique et favorisera la croissance des entreprises, le perfectionnement des technologies et le développement des talents au pays.

Le gouvernement canadien annonce un modèle de travail hybride pour la fonction publique fédérale

À compter de l'an prochain, les Canadiens travaillant pour la fonction publique fédérale devront passer au moins deux ou trois jours par semaine au bureau, a annoncé jeudi la présidente du Conseil du Trésor, Mona Fortier. 

Le Canada en voie d’atteindre son objectif de brancher tous les Canadiens à Internet haute vitesse

La ministre du Développement économique rural, Gudie Hutchings, a fait état des progrès rapides réalisés par le gouvernement du Canada vers l'atteinte de son objectif de brancher tous les Canadiens à Internet haute vitesse, quel que soit l'endroit où ils vivent.

Balado Hashtag Tendances, 8 décembre 2022 — Âgisme chez SpaceX, une voiture volante, reconnaissance faciale dans les aéroports et Amazon offre 2 $...

Cette semaine : L'âgisme chez SpaceX, une voiture volante dès 2025, la reconnaissance faciale dans tous les aéroports américains et des clients d’Amazon pourraient recevoir 2 $ par mois.