Le Wi-Fi poursuit son envol à l’aéroport de Québec


Jean-François Ferland - 22/01/2009

L’Aéroport international Jean-Lesage de Québec exploite dans sa nouvelle aérogare un réseau sans fil Wi-Fi 802.11n. Outre les communications des employés et des transporteurs aériens, l’infrastructure permet aux passagers d’accéder gratuitement à l’Internet.

Depuis le 13 juin 2008, l’aéroport de la Capitale-Nationale exploite une nouvelle aérogare dont l’infrastructure de réseautique se caractérise par un réseau sans fil Wi-Fi à technologie 802,11n, ce qui constituerait une première au Canada.

Ce réseau sans fil, accessible du nouveau bâtiment et des bureaux administratifs de l’institution aéroportuaire, a recours à une centaine de points d’accès. Il remplace un premier réseau d’accès sans fil, qui permettait depuis 2006 aux passagers en attente d’utiliser le réseau Internet.

Luc Deschênes est vice-président des ventes pour le marché commercial pour l’est du Canada chez le fournisseur d’équipements de réseautique Cisco, qui a oeuvré à l’implantation du nouveau réseau de télécommunications avec le fournisseur HP, qui agissait à titre d’intégrateur. Il explique que plusieurs aéroports canadiens ont déployé des infrastructures sans fil Wi-Fi, dont Montréal, Toronto, Vancouver, Halifax et Calgary, mais que celui de Québec est le premier à recourir à un environnement à technologie 802.11n.

« L’aéroport avait plusieurs réseaux disparates et distincts que nous avons intégrés dans un réseau unifié qui supporte la voix, les données et la vidéo, précise-t-il. Les transporteurs aériens et les employés de l’aéroport peuvent avoir accès de partout à l’intérieur de l’aéroport à différentes applications, tandis que les passagers ont accès gratuitement à Internet. » 

Dany Breton, directeur de la pratique sans fil pour l’est du Canada chez Cisco, explique que les accès au réseau sont sécurisés et distincts pour les diverses clientèles utilisatrices. « On utilise un réseau local virtuel distinct pour les transmissions de données des employés de l’aéroport. Le trafic des sessions d’accès à Internet des passagers est automatiquement routé vers l’Internet, à travers les mêmes points d’accès, sans passer à travers le réseau de l’aéroport.

M. Breton précise qu’un réseau sans fil déployé dans un aéroport n’est pas différent de celui d’une infrastructure de calibre commercial, au niveau des capacités de sécurité, de fiabilité, de gestion et de redondance. « Les passagers pourraient se passer d’Internet durant une heure ou deux, mais pas les employés de l’aéroport ni les compagnies aériennes », indique-t-il.

Yves Cabana, le directeur du secteur public et commercial chez HP Canada, a pour sa part souligné que le nouveau réseau de l’aéroport permettra d’offrir de nouveaux services grâce à l’obtention d’une sécurité et d’une robustesse accrues.

Orientation utilisateur

Pascal Bélanger, le président et chef de l’exploitation de l’aéroport, explique que l’institution offrait depuis quelques années aux passagers un accès à Internet dans le cadre d’une stratégie nommée « Le passager avant tout », à l’aide des infrastructures de réseautique déjà présentes dans l’ancienne aérogare.

« Lors de l’ouverture de la nouvelle bâtisse, tout ce qui était là, le Wi-Fi et même les ordinateurs sont allés aux vidanges (sic) et nous avons tout recommencé, explique M. Bélanger. C’était un déploiement flambant neuf de A à Z. L’optique générale était de pouvoir se fier à un réseau solide et robuste. […] Pour nous, c’était de nous assurer d’avoir une technologie à la fine pointe et un équipement qui nous permettrait d’évoluer à plus long terme. »

M. Bélanger indique que les 85 employés de l’aéroport peuvent dorénavant utiliser le sans-fil de n’importe à partir d’applications résidant sur des appareils comme des Blackberry et des assistants numériques. « Nous utiliserons davantage la voix sur IP, les téléphones logiciels et des téléphones sans fil, ce qui permettra à nos gens d’avoir un poste mobile, par exemple nos techniciens qui se promènent [dans l’aéroport]. Cela nous procure une économie de coût et une flexibilité, alors que d’utiliser un téléphone cellulaire engageait des frais. »

M.Bélanger précise que les nouveaux actifs ont permis de « banaliser » l’infrastructure technologique qui est utilisée aux comptoirs d’enregistrement par les transporteurs aériens. Ainsi, lorsque les compagnies utilisent un comptoir à tour de rôle, leurs employés n’ont qu’à entrer un code d’identification afin utiliser le téléphone et l’ordinateur. Les communications sont alors routées au bon endroit, tandis que les frais inhérents aux appels téléphoniques sont portés au compte du transporteur.

L’institution compte déployer d’autres technologies et en faire bénéficier les voyageurs, les transporteurs aériens et le personnel, par exemple pour permettre aux employés travaillant sur le tarmac d’utiliser des applications liées à l’entretien des pistes. « Cela permet, tant pour les utilisateurs que pour nous, une flexibilité quasi infinie », indique M. Bélanger

Service aux invités

Le réseau sans fil à l’aéroport international Jean-Lesage de Québec se caractérise par la gratuité de son utilisation par les passagers pour accéder à l’Internet. L’utilisateur n’a qu’à activer la fonction de détection de son appareil technologique pour amorcer la procédure de liaison au réseau.

Pourtant, bien d’autres aéroports appliquent des frais à l’utilisation d’un tel accès. M. Bélanger, d’un franc-parler, explique que l’application d’une tarification aux utilisateurs causerait plus d’inconvénients que d’avantages. Il affirme même que l’accès à Internet doit revêtir le statut de service courant.

« Il nous fallait déjà déployer [ce réseau], qu’est-ce que cela donnait de charger l’accès aux gens pour ce qui est probablement un détail? Y aurait-il quelque chose de plus insignifiant, s’il y avait un problème, d’avoir des gens du service à la clientèle qui rembourseraient huit dollars au client?

« Nous considérons que le Wi-Fi est un service client de base. Tout le monde devrait avoir un accès gratuit au Wi-Fi partout. Les villes devraient en avoir – on n’est plus dans les années 40, on est en 2009. La question ne se posait pas… C’était naturel pour nous. Le deux tiers de notre trafic est composé de clientèle d’affaires. Ils sont comme des invités et nous voulons les traiter avec le plus grand standard de qualité. »

Depuis la mise en exploitation du réseau 802.11n en juin 2008, l’accès gratuit à Internet de l’aéroport de Québec susciterait l’envie d’autres gestionnaires aéroportuaires. « J’ai parlé avec des collègues d’autres aéroports dans le monde qui disent qu’en comparant les revenus associés à l’Internet avec le nombre de plaintes, les problèmes de comptabilité et le ‘taponnage’ de connexion, cela devient des centres de revenus qui sont marginaux et qui causent plus de problèmes que d’autres choses. Je connais des aéroports que je ne peux nommer qui aimeraient faire la même chose, mais qui sont pris avec des contrats avec de tierces parties », indique M. Bélanger

Jean-François Ferland est journaliste au magazine Direction informatique.




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À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland a occupé les fonctions de journaliste, d’adjoint au rédacteur en chef et de rédacteur en chef au magazine Direction informatique.


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