Windows Phone 7: convivialité, convergence et compromis


Jean-François Ferland - 30/09/2010

Microsoft a procédé au développement de Windows Phone 7 en fonction des nombreuses facettes de la vie des utilisateurs. Toutefois, les entreprises ne pourront installer des logiciels maison sur des appareils sans passer par la boutique en ligne grand public.

Microsoft Canada, dans le cadre d’une présentation de presse tenue à Montréal, a présenté la version définitive de la mouture 1.0 du système d’exploitation Windows Phone 7, qui sera commercialisée d’ici la fin de l’année dans plusieurs marchés, dont celui du Canada.

Christian Beauclair, conseiller principal au développement pour l’Est du Canada chez Microsoft Canada, a fait la démonstration des principales caractéristiques de Windows Phone 7, à l’aide d’un téléphone évolué prototype. Il a également présenté sommairement quelques logiciels conçus par des développeurs québécois qui seront disponibles dans la boutique en ligne Marketplace de Microsoft.

M Beauclair, a souligné que Microsoft avait « réinitialisé » son système d’exploitation pour appareil mobile en développant un nouveau produit, au lieu de faire évoluer le produit précédent Windows Mobile 6. Notamment, les éléments de développement de logiciel qui ont trait à l’interface utilisateur et aux opérations sont distincts sous Windows Phone 7, afin d’offrir plus de latitude aux artistes responsables de l’apparence visuelle d’un logiciel.

D’autre part, les logiciels destinés à l’environnement Windows Phone 7 pourront être développés en fonction des cadres de travail XNA pour les jeux et Silverlight pour les autres applications. Depuis le 16 septembre, Microsoft offre gratuitement les outils Visual Studio Express et Expression Blend, par l’entremise d’un portail Web dédié aux développeurs du nouvel environmement mobile.

L’individu avant tout

M. Beauclair a souligné combien Microsoft avait mis l’emphase sur l’expérience utilisateur de Windows Phone 7. Il a présenté l’approche privilégiée par Microsoft pour Windows Phone 7 en matière de navigation, l’intégration du contenu multimédia et social ainsi qu’une emphase sur la convergence des communications.

« Nous ne voulons pas que le système d’exploitation ou les applications « soient dans le chemin ». Windows Phone 7 est fait pour supporter notre vie, et non pour être notre vie », a-t-il répété à quelques occasions.

Toutefois, Windows Phone 7 n’aura pas de capacité d’utilisation plusieurs exploitations en simultané, ce qui décevra ceux qui privilégient une approche multitâche. Ainsi, chaque application devra être éteinte avant qu’une autre soit ouverte.

Selon M. Beauclair, les impacts sur la pile d’un appareil de l’utilisation de plusieurs logiciels en parallèle sont trop prononcés. « On n’a qu’à regarder ce qui arrive au iPhone depuis (iOS 4), alors que la pile s’épuise rapidement », a-t-il déclaré, sans citer de source pour corroborer ces dires.

Et l’entreprise?

Lors de sa présentation, M. Beauclair de Microsoft a souligné à plusieurs reprises que Windows Phone 7 était centré vers l’individu qui a une vie personnelle, sociale, familiale et professionnelle.

Pour la vie professionnelle, Microsoft Phone 7 supportera un grand nombre de comptes de courriels, la synchronisation active à la plate-forme Exchange, et l’accès au contenu SharePoint par le biais du protocole HTTP, en plus de permettre l’application de règles d’entreprise comme l’entrée d’un mot de passe et l’effacement à distance. Également, Windows Phone 7 pourra bénéficier dès le départ des versions mobiles de Word, Excel, PowerPoint, tout comme de notes écrites et vocales.

Toutefois, Microsoft n’offrira pas aux entreprises une capacité de « versement latéral » (sideload en anglais) des logiciels sur les appareils utilisés par les employés hors de la boutique Marketplace. Ainsi, un logiciel maison aurait à être offert dans la boutique en ligne qui est accessible au grand public.

M. Beauclair a affirmé que Microsoft n’ignorait pas le côté « affaires » pour Windows Phone 7. Il a souligné l’existence d’un effet de consumérisme dans les entreprises, où les départements informatiques subissent une pression liée aux appareils des employés. Il a aussi souligné que le système d’exploitation Windows Mobile 6.5, qui offre un soutien au développement de logiciels en entreprise, « ne disparaissait pas » avec l’arrivée de Windows Phone 7.

Cette approche incitera peut-être des entreprises à privilégier l’utilisation d’applications accessibles par un fureteur, à défaut de pouvoir recourir à des logiciels distincts. Reste à voir si Microsoft ouvrira cette porte dans un avenir rapproché…

Exigences

La démonstration effectuée par Microsoft a permis de constater les exigences imposées aux fabricants d’appareils et aux développeurs de logiciels à l’égard de Windows Phone 7.

Ainsi, par souci d’uniformisation, Microsoft ne permet pas aux fabricants d’appareils d’ajouter une couche supplémentaire de logiciel qui changerait l’interface principale du système d’exploitation. Aussi, les fabricants doivent commercialiser des appareils qui offrent au minimum un écran tactile à résolution de 800 X 480 pixels, un senseur de proximité et de lumière, un compas, une fonction de localisation GPS, 256 Mo de mémoire vive et 8 Go de mémoire de stockage.

À propos de la boutique en ligne Marketplace où les développeurs verseront les logiciels destinés aux consommateurs, les développeurs devront payer des frais d’adhésion de 120 $ par année et ne pourront y téléverser qu’un maximum de cinq applications gratuites par année. Les étudiants dont l’admissibilité aura été authentifiée par le biais du site Web Dreamspark.com pourront y offrir leurs créations sans avoir à payer les frais annuels. Selon le modèle commercial applicable à tous, le développeur recevra 70 % du prix de vente d’un logiciel et Microsoft en conservera 30 %.

Jean-François Ferland est rédacteur en chef adjoint au magazine Direction informatique.




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À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland a occupé les fonctions de journaliste, d’adjoint au rédacteur en chef et de rédacteur en chef au magazine Direction informatique.


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