Polytechnique lance un certificat en cybersécurité

Après les certificats en cyberenquête et en cyberfraude lancés respectivement en 2007 et en 2010, Polytechnique ajoutera dès cet automne un troisième programme avec la création du certificat en cybersécurité des réseaux informatiques.

La formation couvrira notamment les risques spécifiques liés aux télécommunications, aux téléphones intelligents et aux « prototypes de l’avenir », sans oublier les aspects juridiques et les techniques d’enquête avancées.

Le programme s’adresse aux intervenants des secteurs privé et public qui souhaitent préserver la sécurité des réseaux de leur organisation. Les cours seront offerts en ligne, ce qui permettra de desservir la clientèle située à l’extérieur de Montréal.

De plus, avec les certificats en cyberenquête, en cyberfraude et en cybersécurité, les étudiants pourront obtenir un baccalauréat par cumul de programmes.

Policier de carrière, le coordonnateur du programme en cybersécurité, Gervais Ouellet, soutient que le certificat vient bonifier l’offre existante en formation dans le secteur.

M. Ouellet, en plus d’avoir coordonné la création des trois certificats, est également président de la société e-profile depuis avril 2009. L’entreprise se spécialise dans les saisies de données, le développement de logiciels et les services de formation.

Ce dernier précise que les professeurs sont tous des professionnels dans leur domaine respectif, ce qui pourrait permettre de modifier le contenu de cours en temps réel afin de s’adapter à « toutes sortes de situations » : « Quand les professeurs ne travaillent plus dans le domaine qu’ils enseignent, ils ne sont plus confrontés à la réalité de leur métier dans la vie de tous les jours. C’est à ce moment qu’ils deviennent dépassés et que les programmes perdent leur valeur ajoutée », dit-il.

M. Ouellet précise que le certificat aura un cours intitulé « Internet évolutif » dont le contenu changera de 40 à 50 % chaque année. « Il y a quelques années, le phénomène Second Life était très important, alors que les réseaux sociaux comme Facebook étaient en forte progression. Aujourd’hui, Facebook, Twitter et LinkedIn sont devenus des incontournables alors que Second Life est plus marginal. Il faut nous ajuster aux besoins du moment », explique-t-il.

Combler des lacunes

Gervais Ouellet a amorcé sa carrière pour contrer les cybercriminels en 1998 en travaillant dans un dossier de pornographie juvénile. Il a poursuivi ses travaux dans le domaine jusqu’à la création du premier poste de cybersurveillance et de vigie à la Sûreté du Québec peu après les attentats du 11 septembre 2001. Il a supervisé ce bureau pendant une dizaine d’années, ce qui lui a permis de constater de graves lacunes au niveau des formations des policiers.

« Il n’existait pas de formation pour ceux qui voulaient devenir des cyberenquêteurs. J’ai suivi des formations à Ottawa, aux É-U, en Europe… Ce n’était pas adapté, les cours n’avaient aucun lien entre eux. Si on était chanceux, 45 % du contenu pouvait nous apporter quelque chose », affirme-t-il.

M. Ouellet a alors commencé à réfléchir à la création d’un premier certificat en cyberenquête : « Il fallait alors démystifier les réseaux sociaux, le piratage informatique, les lois… Nous avons été chercher tout ce qui permettait à une personne de faire une enquête virtuelle, d’obtenir un mandat de perquisition et de saisir des données chez un suspect », dit-il.

Il a répété l’expérience quelques années plus tard pour le certificat en cyberfraude en allant rencontrer des institutions financières qui lui ont fait part de leurs besoins.

Cours en ligne pendant sept jours

Les cours en cybersécurité des réseaux informatiques seront donnés par Internet et seront disponibles en ligne pendant sept jours. Le programme n’est pas contingenté, mais vise avant tout les élèves qui possèdent déjà un baccalauréat en informatique ou qui ont des compétences équivalentes.

Pour consulter l’édition numérique du magazine de mai 2012 de Direction informatique, cliquez ici

Denis Lalonde
Denis Lalondehttp://www.directioninformatique.com
Denis Lalonde est rédacteur en chef chez Direction informatique, développant des contenus et services uniques pour les spécialistes des technologies de l’information en entreprise à travers la province de Québec, tant à l’imprimé que sur le Web. Il s’est joint à IT World Canada, l’éditeur de Direction informatique, après avoir travaillé plus de cinq ans chez Médias Transcontinental pour les publications LesAffaires.com et le Journal Les Affaires. Journaliste accompli à l’aise sur toutes les plateformes médiatiques, Denis a également travaillé au Journal de Montréal, au portail Internet Canoë et au Réseau de l’information (RDI). Twitter: DenisLalonde

Articles connexes

Québec veut plus de numérique en éducation

Un montant de 10,6 millions de dollars sera utilisé sur deux ans par le gouvernement du Québec pour intégrer plus d'outils numériques de gestion et de prise de décisions au ministère de l’Éducation et au réseau scolaire.

Hashtag Tendances, 3 mars 2022 — Effets boule de neige du conflit en Europe; et plus

Hashtag Tendances, 2 mars 2022 — Enjeux d’externalisation; restrictions technologiques; des pirates informatiques choisissent leur camp; et plus.

Enjeux d’externalisation avec la situation en Europe

Le conflit en Europe perturbe l’accès à des ressources humaines en technologies de l'information et en ingénierie.

Cybersécurité : des agences fédérales sont à découvert, selon un comité parlementaire

Des organisations fédérales ne sont pas encore conformes au cadre fédéral de cybersécurité, ce qui expose des informations de l’État fédéral à un « risque important », selon un comité spécial de parlementaires.

Comment les TI peuvent aider à lutter contre la traite des personnes

Les responsables informatiques dans les institutions financières doivent faire équipe avec leurs responsables de la conformité réglementaire pour aider à mettre fin à la traite des personnes, affirme un Canadien qui vient d'être récompensé pour son travail visant à mettre fin à cette forme d'exploitation.