La matière première des TI: l’amélioration des processus d’affaires


Jean-François Ferland - 30/09/2009

Lors de la conférence MaRéférenceTI.com du Réseau Action TI, Robert Langlois de la firme Gartner a présenté les résultats d’un sondage mondial sur les tendances liées aux TI au sein des organisations. Une constante au fil des années : la priorité numéro un des responsables des TI est l’amélioration des processus d’affaires.

Robert Langlois, vice-président et associé directeur pour le programme de livraison du service Exp chez Gartner, a indiqué que les responsables des TI de plus de 1 500 organisations clientes de la firme d’analyse ont répondu à l’édition 2009 de ce sondage annuel. Les entreprises participantes au sondage ont des budgets associés aux TI qui totalisent 138 G$, avec une moyenne de budget de 90 M$ et un décompte moyen de 400 employés qui sont affectés aux technologies de l’information.

Ainsi, les trois principales tendances qui marqueraient les organisations à l’échelle mondiale en 2009 seraient, dans l’ordre, le ralentissement économique en raison de la récession, l’inflation ainsi que les enjeux associés à la réglementation gouvernementale. Toutefois, au Canada, ce sont les enjeux associés à la réglementation gouvernementale qui constitueraient la préoccupation la plus importante. Les éléments les plus importants seraient les changements démographiques et le ralentissement économique.

« On s’en va vers un mur où l’offre et la demande ne sont pas équilibrées. Il y a déjà un manque à gagner et dans certains domaines des TI, il y déjà de gros problèmes à recruter du personnel », souligne M. Langlois à propos des enjeux liés à la main-d’oeuvre.

Réduire et augmenter…

D’autre part, les entreprises sondées désireraient réduire leurs coûts sans réduire leurs capacités de génération de revenus. Le responsable des technologies de l’information voudrait réduire les coûts sans sacrifier la qualité de service, alors que les [responsables des] affaires voudraient de nouvelles solutions sans réduire les ressources déjà attribuées aux TI. La volatilité et l’incertitude de l’économie éroderaient la confiance des dirigeants, mais les consommateurs et le marché ne voudraient pas être en mode « attente »…

Toutefois, une question répondue par 150 chefs de la direction laisserait croire que 48 % des organisations sondées auraient l’intention d’augmenter leurs investissements en technologies de l’information en 2009 en comparaison avec 2009. Les investissements en TI seraient à égalité avec ceux liés à l’amélioration des produits. Les ventes seraient arrivées au troisième rang des intentions, alors qu’elles figureraient habituellement plus haut dans le classement.

Priorités divergentes, perception surprenante

À propos des priorités établies pour l’année 2009, la préséance des responsables des technologies de l’information à l’échelle mondiale serait l’amélioration des processus d’affaires. Cette priorité aurait été la même pour les responsables des TI au cours des six dernières années – « c’est la matière première des TI », commente M. Langlois. Les priorités suivantes seraient la réduction des coûts et l’amélioration de l’efficacité du personnel de l’entreprise. Les priorités des responsables technologiques au Canada seraient sensiblement identiques à celles exprimées à l’échelle planétaire.

Or, en comparant les priorités des responsables des technologies de l’information avec celles des chefs de la direction, seulement l’amélioration des processus d’affaires et la création de nouveaux produits et services revêtiraient la même importance. Les écarts entre certaines priorités aux yeux des deux groupes de dirigeants atteindraient six et même dix positions.

Par ailleurs, des données relatives à l’importance des responsables des technologies de l’information par les chefs de la direction suscitent l’étonnement. Alors que 15 % des chefs de la direction verraient les responsables des TI comme étant des alliés et 5 % les percevraient comme étant des meneurs, 35 % des chefs de la direction qualifieraient leur relation avec les responsables des TI comme étant « transactionnelle » alors que 20 % y verraient une relation « à risque »!

M. Langlois indique que la barrière de rétention de l’attention des chefs de la direction envers les TI se situerait au niveau des opérations ainsi que de la performance et de la stratégie en rapport aux affaires, alors que ce ne serait pas le cas pour les éléments liés aux opérations et à la performance et à la stratégie en rapport aux technologies de l’information.

Horizon 2009

Le sondage indique que les stratégies des responsables des technologies de l’information pour l’année 2009 auraient trait surtout à la liaison des affaires et des stratégies, à l’implantation d’améliorations des processus et à l’amélioration de la relation entre les affaires et les technologies de l’information au sein des organisations.

Au niveau des technologies, les priorités pour 2009 auraient trait, entre autres, aux applications de veille économique (analytique, forage des données, etc.), aux technologies de stockage et de serveurs ainsi qu’au remplacement, à la mise à jour et à l’évolution des applications patrimoniales.

Par ailleurs, les responsables des technologies de l’information s’attendraient à oeuvrer en 2009 avec les mêmes ressources qu’ils avaient 2008 et en 2007 pour relever leurs défis – « ce sera ça, l’impact de la récession », commente M. Langlois. Toutefois, si 10 % des organisations sondées ont dit avoir coupé de plus de 10 % leurs budgets associés aux technologies de l’information, plus de la moitié des répondants auraient augmenté leurs budgets de 2 % à 3 %.

Disparités budgétaires Canada-monde

Par contre, M. Langlois souligne des disparités entre les allocations des budgets dédiés aux TI à l’échelle mondiale et celles des budgets des organisations canadiennes. Alors que 64 % des budgets des chefs de la direction à l’échelle planétaire serait affecté au « fonctionnement de l’entreprise », cette proportion atteindrait 69 % au Canada. 20 % des budgets à l’échelle mondiale serait octroyé à la croissance, contre 16 % pour les organisations canadiennes. Enfin, 19 % des budgets des responsables des TI de la planète serait attribué aux activités de transformation, contre 18 % pour les organisations canadiennes.

« Un écart de 5 % constitue une grande différence pour le fonctionnement de l’entreprise », note M. Langlois à propos de l’écart entre les budgets mondiaux et les budgets canadiens en matière d’exploitation quotidienne des TI. « Chaque point de pourcentage qui est investi là ne l’est pas ailleurs. C’est la différence entre être compétitif ou ne pas l’être… »

Jean-François Ferland est journaliste au magazine Direction informatique.




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À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland a occupé les fonctions de journaliste, d’adjoint au rédacteur en chef et de rédacteur en chef au magazine Direction informatique.


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