Gouvernance des TI : les dirigeants québécois à l’avant-garde?


Jean-François Ferland - 19/11/2009

Un sondage réalisé pour le compte de CA Canada fait état d’une progression de l’intérêt des chefs d’entreprise envers la gouvernance des TI. Surtout, on affirme que les dirigeants québécois s’y intéressent beaucoup plus qu’ailleurs au Canada.

La firme Strategic Counsel de Toronto a réalisé récemment, pour le compte de CA Canada, un sondage en ligne auprès de 250 responsables des technologies de l’information et des dirigeants de grandes organisations canadiennes. La thématique pour 2009 de cette enquête annuelle est la gouvernance des TI, soit la structure de relations et de processus qui assure que les technologies soutiennent les objectifs et les stratégies d’une entreprise.

Notamment, les résultats diffusés démontrent un intérêt des organisations envers la perception de l’utilité de la gouvernance pour améliorer l’efficacité des TI et réduire les coûts.

L’opinion des patrons

Un des premiers constats qui est rapporté est l’augmentation sensible d’année en année des pourcentages des chefs d’entreprise qui se sont dits d’accord avec les énoncés qui ont trait à l’efficacité des technologies de l’information, alors que l’écart minimum entre les proportions de 2008 et de 2009 serait de 17 %.

Par exemple, 56 % des dirigeants croiraient en l’efficacité des TI à s’harmoniser avec les priorités en 2009, alors que 39 % en croyaient tout autant en 2008. Également, 50 % des chefs d’entreprise estimeraient que les technologies de l’information réussissent à améliorer leurs processus avec efficacité, contre 29 % en 2008.

Toutefois, on souligne que les notes attribuées par les chefs d’entreprise sont généralement inférieures à celles octroyées par les gestionnaires des TI. Par exemple, des données affirment que 59 % des gestionnaires des TI et 52 % des dirigeants croiraient qu’il est nécessaire d’effectuer des investissements dans les structures et les processus associés à la gouvernance.

Par ailleurs, les résultats qui ont été diffusés mettent l’emphase sur les opinions des chefs d’entreprise. La seule autre comparaison des avis des dirigeants d’entreprise et des responsables des TI, parmi les données rendues publiques, est l’affirmation que 50 % des répondants estimeraient que les investissements dans la gouvernance des TI permettent d’obtenir une meilleure efficacité et une réduction des coûts.

Données encourageantes

Interrogé à propos de cette dernière statistique, le vice-président pour le Québec chez CA Canada, Roch Cousineau, s’est dit optimiste et encouragé à propos de la perception des organisations canadiennes envers l’importance à accorder à la gouvernance des TI.

« Il y a définitivement un engouement, particulièrement au Québec, pour les logiciels et les outils de gestion des projets et des portefeuilles, qui permettent aux décideurs d’avoir, par le biais de tableaux de bord, une très haute visibilité des différents projets informatiques. D’emblée, alors qu’on doit définir les projets et les ressources, cela force un arrimage des projets avec les priorités de l’entreprise. »

En affirmant que des entreprises québécoises se dotent de telles solutions de gestion, M. Cousineau indique que le climat économique de la dernière année facilite le processus d’approbation de l’obtention d’outils de la sorte. « [Les organisations] doivent être de plus en plus frugales. Peut-être qu’au cours des dernières années il y a eu des dépassements de budgets en TI et que les revenus de l’entreprise permettaient [d’absorber] de tels écarts, mais ce n’est plus acceptable.  »

Il aussi que l’intensification de l’importance accordée à des normes et des réglementations, qui nécessitent la démonstration d’un contrôle accru de l’organisation sur les projets, peut influencer l’adoption de solutions de gestion de la gouvernance.

Distinction québécoise

Toutefois, l’élément le plus intéressant des données provenant de ce sondage est l’écart prononcé entre les pourcentages de chefs d’entreprise du Québec et ceux des dirigeants d’organisations dans le reste du Canada. Manifestement, la gouvernance des TI aurait trouvé une meilleure résonance ici qu’ailleurs.

Ainsi, 88 % des dirigeants d’entreprise du Québec qui ont été interrogés croiraient en l’harmonie des TI avec les priorités de l’organisation, contre 41 % dans le reste du Canada.

56 % des chefs d’entreprise québécois auraient affirmé que les départements technologiques de leurs organisations sont efficaces pour réduire et contrôler les coûts des TI, alors que 35 % des répondants ailleurs au Canada auraient été d’accord avec cet énoncé.

62 % des dirigeants québécois estimeraient que leurs services technologiques sont transparents et responsables, contre 32 % ailleurs au Canada.

Les résultats du sondage démontrent aussi une différence nette de certaines perceptions des chefs des organisations québécoises, en comparaison avec celles de leurs vis-à-vis des autres provinces.

Les dirigeants d’entreprise québécois seraient plus nombreux que dans le reste du Canada à voir une priorité dans la gestion de la complexité des technologies (81 % contre 47 %). Ils percevraient aussi d’une façon plus prononcée que dans le reste du Canada une priorité dans la réduction et le contrôle des coûts associés au TI (62  % contre 59 %).

Également, pour ces mêmes domaines, les perceptions des chefs d’entreprise du Québec envers l’efficacité des départements des TI de leurs organisations seraient plus prononcées qu’ailleurs au pays (56 % contre 38 % ou 35 %).

Communication et innovation?

M. Cousineau attribue en partie ces écarts prononcés au nombre d’entreprises de taille réduite au Québec, où il peut être plus facile de justifier et d’approuver l’acquisition de solutions d’automatisation, tout comme de les implanter dans l’organisation.

« Aussi, on sait que les gens sont très communicatifs, ce qui se transmet dans la culture d’entreprise. Je pense que le dialogue est plus facile et direct entre les chefs des unités d’affaires et les responsables des TI. En combinant cela avec la tradition d’innovation qui marque le Québec dans tous les domaines, ce n’est pas surprenant qu’encore une fois le Québec mène le bal et se lance plus vite que le reste du Canada dans [l’acquisition de solutions] de gestion de projets et de portefeuille », estime M. Cousineau.

Au moment de mettre en ligne, nous n’avions pu discuter avec les responsables de l’étude chez Strategic Counsel afin d’obtenir des explications à propos des écarts entre les réponses des dirigeants québécois et celles des dirigeants d’ailleurs au Canada.

Le sondage a été réalisé en août dernier auprès de dirigeants d’entreprises canadiennes qui comptaient 750 employés ou plus.

DANS NOS ARCHIVES

En 2008, le sondage effectué pour le compte de CA Canada avait mis l’emphase sur les divergences d’opinions entre les dirigeants et les gestionnaires des TI des entreprises.

Jean-François Ferland est journaliste au magazine Direction informatique.




À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland a occupé les fonctions de journaliste, d’adjoint au rédacteur en chef et de rédacteur en chef au magazine Direction informatique.


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