Le rayonnement technologique du notariat québécois


    André Ouellet - 11/01/2012

    Directeur général de Notarius depuis 2009 et gestionnaire au dynamisme débordant, Claude Charpentier est un artisan incontournable des succès que connaît cet organisme. Il est la personnalité du mois de novembre 2011 en TI au Québec.*

    Au fil des ans, la Chambre des notaires du Québec a exercé un leadership technologique éclairé par l’entremise de l’organisme sans but lucratif Notarius qui a été créé en 1996 pour réaliser un plan d’intégration technologique de la profession notariale.

    Ainsi, la Chambre des notaires du Québec a créé, en 1998, un système de signature numérique permettant d’enregistrer électroniquement les actes notariés. Peu après s’être joint à Notarius en tant que directeur des systèmes d’information, en 2002, Claude Charpentier a poursuivi dans cette veine et piloté le développement d’un logiciel de signature de documents PDF, appelé ConsignO. S’intégrant à la technologie de signature numérique, ConsignO a fait de cette dernière une offre clés en main, facilitant son adoption par l’Ordre des ingénieurs du Québec notamment.

    Cette réalisation a valu à Notarius d’être finaliste au Concours des OCTAS 2007 dans la catégorie « Solution d’affaires ». Aujourd’hui, la signature numérique compte près de 10 000 utilisateurs au sein d’études de notaire, d’ordres professionnels, d’organisations gouvernementales et de firmes d’ingénierie au Québec et au Canada. L’expansion de la solution fait suite à la décision prise par le conseil d’administration de Notarius, en 2003, de l’offrir à d’autres professions et organisations.

    Ce succès n’est pas le seul au palmarès de Claude Charpentier, loin de là. Entre autres distinctions, Notarius a remporté un OCTAS en 2007 dans la catégorie « La technologie au service de la société » pour la mise sur pied du Registre des consentements au don d’organes et de tissus du Québec, administré par la Chambre des notaires.

    Sous la gouverne de M. Charpentier, Notarius a aussi été la pre-mière organisation au Québec, et la quatrième au Canada, a obtenir la certification ISO 27001 en sécurité de l’information, en 2007. Joueur d’équipe, le directeur général s’empresse de mentionner qu’il s’agit là d’un effort collectif, et non l’œuvre d’une seule personne.

    Mentionnons encore qu’il a été élu, en 2006, personnalité de l’année en sécurité de l’information par l’ASIMM (Association de sécurité de l’information du Montréal métropolitain); et qu’en 2008, il a siégé au Comité pour l’harmonisation des systèmes et des normes mis sur pied par le ministère québécois des Services gouvernementaux.

    Évolution d’une carrière

    Au départ, Claude Charpentier ne se destinait pourtant pas aux TI. En 1996, toutefois, ce géographe de formation réalise un stage à la Ville de Longueuil au terme de son baccalauréat dans cette discipline. Il est alors initié à la cartographie assistée par ordinateur, ce qui s’avère un « déclencheur ». « J’avais déjà la piqûre pour l’informatique, explique-t-il, mais ce stage est venu le confirmer. »

    Il entreprend alors un DEC en informatique et, en 1997, joint les rangs d’une petite firme de TI appelée Socom qui, tour à tour, deviendra Intellia, Informission et Nurun. Il travaille pour cette société de Quebecor pendant près de deux ans en tant que technicien réseaux et systèmes, puis directeur de la réseautique. Il fonde ensuite sa propre entreprise de services-conseils, Net2C Communications. Demeuré en contact avec son ancien employeur, il se joint finalement à Quebecor World Europe, où il sera pendant deux ans directeur des infrastructures techniques, en poste à Paris. Quittant cet emploi en 2002, il entame peu après ses fonctions chez Notarius.

    Sous le signe de l’engagement

    Il profite des cinq mois où il demeure sans emploi entre ses séjours chez Quebecor World et Notarius pour obtenir la certification CISSP (Certified Information Systems Security Professional), que peu de Québécois détiennent alors.

    « Cela m’a permis de m’orienter vers la sécurité de l’information et de préparer le travail que j’allais faire par la suite dans des domaines comme la signature numérique et les normes ISO 27001 », dira-t-il. La suite des choses lui apparaît fort stimulante. Éventuellement, son rôle sera davantage axé sur le plan des affaires, car à long terme, Notarius aimerait faire la promotion de sa solution de signature numérique à l’échelle nord-américaine.

    Du reste, il se dit très heureux de faire partie de l’équipe de Notarius et ce, même s’il pourrait bénéficier d’une rémunération plus élevée comme consultant. « Pour moi, l’engagement dans une organisation est fondamental, ce que je ne peux avoir en tant que consultant », confie-t-il. Parions que ses supérieurs et ses collègues s’en réjouiront.

    * Le choix de la Personnalité du mois en TI au Québec est le fruit d’une collaboration entre le Réseau ACTION TI, Direction informatique et de nombreux partenaires de l’industrie.