Vidéotron amène ses clients en TGV

Le fournisseur a levé le voile sur deux nouveaux services Internet, TGV 30 et TGV 50, qui proposent des vitesses de téléchargement inégalées sur le marché.

Quand on est plusieurs utilisateurs assidus d’Internet dans une famille à partager une même connexion, des ralentissements peuvent se faire sentir, lors de la transmission de contenu, en aval comme en amont. C’est pour améliorer l’expérience de ce type d’utilisateurs que l’entreprise de télécommunications Vidéotron, de Montréal, a levé le voile sur un nouveau service d’accès Internet à performance accrue, appelé Internet TGV (Très Grande Vitesse), en référence aux trains rapides européens.

Offert en deux versions, TGV 30 et TGV 50, ce service propose des vitesses de téléchargement hallucinantes de 30 Mbit/s et de 50 Mbit/s, respectivement (la vitesse maximale en amont est de 1 Mbit/s). Cela veut dire qu’on peut télécharger une chanson de 6 Mo en deux secondes et un film de près de 2 Go en environ huit minutes, avec le service TGV 30. Le même film prend cinq minutes à télécharger avec le service TGV 50, avec lequel on peut télécharger un album complet de dix chansons en dix secondes. Par conséquent, une famille de quatre utilisateurs peut utiliser en même temps diverses applications exigeantes en bande passante, tel que le jeu en ligne, le visionnement de films et de clips vidéo sur Internet et le téléchargement de musique en ligne, sans que la qualité des sessions concurrentes ne soit altérée.

Mais il y a un prix associé à cette amélioration de « l’expérience client » et c’est 64,95 $ par mois, avec un contrat d’un an, pour le service TGV 30 et 79,95 $ par mois, avec un contrat d’un an, pour le service à 50 Mbit/s. Mais plus encore, le client, qui veut s’en tenir à ce tarif mensuel, est limité à six boîtes de courriel et un total de 30 Go ou 50 Go de contenu transmis par mois, en aval ou en amont, respectivement. Inutile de dire qu’à un tel débit, il est facile de dépasser cette limite, dans quel cas il faut payer un extra de 1,50 $ par Go additionnel.

En faisant un petit calcul, on en conclut qu’on peut dépasser cette limite en deux heures avec le forfait à 30 Mbit/s et en deux heures et cinq minutes avec le forfait à 50 Mbit/s. Théoriquement, bien entendu, parce que cela suppose une disponibilité totale du serveur Internet sollicité, ce qui n’est jamais le cas. En fait, on obtient une meilleure capacité mensuelle avec le service Internet Haute vitesse Extrême du même fournisseur, qui est moins rapide, mais dont la limite mensuelle est de 100 Go.

L’installation est toutefois gratuite avec les deux nouveaux services de Vidéotron, pourvu qu’on prenne un contrat d’un an, et le modem-câble est fourni sans frais additionnels (l’abonné n’a pas besoin de changer son câblage).

Les deux nouveaux services sont aussi disponibles en version « Affaires », dans quel cas la capacité mensuelle grimpe à 100 Go et le nombre de boîtes de courriel, à sept, auxquelles spécifications s’ajoute un espace de stockage de 50 Mo, pour le courriel. La tarification est de 119,95 $ par mois, avec un contrat d’un an (TGV 30), et de 149,95 $ par mois, avec un contrat d’un an (TGV 50). Les vitesses de téléchargement sont les mêmes.

Mise à niveau technologique

La mise en service de la nouvelle proposition de Vidéotron a nécessité une mise à niveau de son infrastructure technologique, laquelle a été rendue possible grâce à un partenariat avec le fabricant Cisco Systems qui a fourni l’équipement requis, dont les modems-câbles et les systèmes de terminaison réseau, intégrant la technologie Wideband de Cisco. Supportant la norme DOCSIS (Data Over Cable Service Interface Specification) 3.0 de CableLabs, cette dernière a fait l’objet d’essais pilotes l’an dernier, lesquels se sont avérés concluants et trouvent leur aboutissement dans la présente offre.

La technologie Wideband permettant d’atteindre un débit de 100 Mbit/s, Vidéotron, qui affirme être le premier câblodistributeur à proposer un service Internet à 50 Mbit/s sur un réseau câblé en Amérique du Nord, n’écarte pas la possibilité d’offrir éventuellement un service à 100 Mbit/s. « Mais nous ne sommes pas sûrs que le marché ait besoin d’une telle performance actuellement, affirme Manon Brouillette, vice-présidente principale, Marketing, Contenus et Développement des nouveaux produits chez Vidéotron. Mais ce qui est sûr, c’est qu’avec le service que nous annonçons aujourd’hui, nous sommes en bonne position pour entrevoir l’avenir. La concurrence propose la moitié de la performance que nous offrons à un tarif plus cher. » La technologie Wideband est déjà utilisée par 400 000 abonnés à l’extérieur de l’Amérique du Nord.

Le service sera offert dans un premier temps aux citoyens et aux entreprises de Laval, où l’on dénombre 112 000 foyers, puis à ceux des autres régions, en commençant par Montréal. « Cette approche de déploiement progressif nous a bien servis jusqu’à présent, de dire Mme Brouillette. Ça nous permet de tester la réceptivité de la clientèle avant d’aller plus loin. »

Alain Beaulieu est adjoint au rédacteur en chef au magazine Direction informatique.


À lire aussi cette semaine: Montréal fusionne ses télécoms L’actualité des TI en bref Des acquisitions et des contrats Reproduction de données et relève : un pensez-y-bien Le fil du temps

Articles connexes

La performance des réseaux canadiens pratiquement inchangée

La société de recherche sur les réseaux Ookla a récemment publié son analyse trimestrielle de l'Internet mobile et fixe pour le Canada. Avec la prolifération des environnements de travail hybrides, les performances des réseaux deviennent de plus en plus importantes. À cet égard, le rapport démontre que les vitesses mobiles du Canada seraient suffisantes pour prendre en charge la plupart des fonctions de travail à distance comme les réunions Zoom et les applications de bureau à distance.

Inquiets de la résilience Internet et des télécoms de votre entreprise ? Posez ces questions

Les pannes pancanadiennes d'Internet et de réseau cellulaire causées par l'incident de la semaine dernière chez Rogers Communications devraient inciter les décideurs des entreprises de télécommunications et de TI à réfléchir attentivement à la résilience des télécommunications dans les services qu'ils achètent.

MISE À JOUR – Actions collectives contre Rogers suite à la panne de vendredi dernier

Le cabinet juridique montréalais LPC Avocat a déposé une demande d’autorisation d’action collective contre le géant des télécommunications Rogers Communications en raison de la panne de son réseau vendredi dernier qui a privé bon nombre de Canadiens de service durant au moins 15 heures.

Le PDG de Rogers admet que la panne aurait été causée par une opération d’entretien

À la suite de la panne majeure de ses services cellulaires, de câbĺodistribution et d'Internet qui a commencé tôt vendredi matin et qui perdure, le président et chef de la direction de Rogers Communications, Tony Staffieri, a publié un nouveau message expliquant ce que l'entreprise croit en être la cause : « une panne du réseau suite à une mise à jour de maintenance de notre réseau central, qui a provoqué un dysfonctionnement de certains de nos routeurs tôt vendredi matin ».

Rogers présente des excuses après une panne majeure

Rogers Communications s’est excusée publiquement après qu’une panne majeure de son réseau ait laissé des millions d’utilisateurs et d'entreprises canadiens sans services Internet et mobiles le 8 juillet.