Prévisions quinquennales pour les dépenses en TIC


Jean-François Ferland - 14/06/2006

IDC Canada diffuse des données pour cinq segments du marché canadien pour la période 2005-2010 et fournit quelques précisions pour le marché du Québec.

IDC Canada a récemment procédé à une étude des dépenses organisationnelles pour les technologies de l’information et des communications pour l’ensemble du marché canadien, et procédé à une évaluation des dépenses que réaliseront ces organisations en 2010. Alors que des données générales et des chiffres pour cinq indicateurs ont été rendus publics, quelques prévisions ont également été partagées à propos du marché du Québec.

Selon la firme, le marché canadien des technologies de l’information et des communications a généré des revenus de presque 72 milliards $ pour l’industrie en 2005, ce qui constitue une croissance de 4,4 % en comparaison avec les revenus générés l’année précédente. Le marché pourrait connaître un taux de croissance annuelle composé de 3,9 %, soit d’environ 3 milliards $ par année, d’ici l’année 2010. Ainsi, IDC s’attend à ce que le marché canadien génère des revenus cumulatifs de plus de 400 milliards $ en cinq ans.

Selon Sébastien Ruest, vice-président du groupe de recherche en services à la firme IDC Canada, le marché canadien générera en 2006 des dépenses de 39 milliards $ pour les technologies de l’information, en excluant les communications. Au Québec, environ 7,4 milliards $ seront dépensés pour les technologies de l’information en 2006, et une croissance annuelle moyenne de 3,2 % résultera en des dépenses de 8,4 milliards $ en 2010. « Cette croissance est un peu en dessous de la moyenne canadienne, alors que les marchés de l’Ontario et des provinces de l’Ouest dominent en termes de dépenses », indique M. Ruest.

La sécurité

De son côté, le créneau de la sécurité informatique aurait généré des dépenses de 949 millions $ au Canada en 2005, en hausse de 16,6 % par rapport à l’année 2004. En prédisant un taux de croissance annuelle composé de 14,2 %, la firme estime que les revenus de ce segment pourraient ainsi doubler et atteindre 1,8 milliard $ en 2010.

« Avec l’intérêt accru pour la continuité et le rétablissement des affaires et la publicité entourant les attaques informatiques, la sécurité est un aspect de premier niveau. Les entreprises sont maintenant dans une deuxième phase où, après avoir installé des mécanismes de sécurité à l’intérieur de leur périmètre, elles appliquent maintenant une stratégie de sécurité pour notamment éduquer les effectifs et intégrer la sécurité dans l’ensemble de la compagnie », ajoute-t-il.

Le logiciel

Du côté du logiciel, IDC Canada prédit une croissance annuelle de 10,5 % au cours des cinq prochaines années. L’infrastructure de système, notamment pour la sécurité en matière de gestion de l’identité, de gestion des accès et de gestion des contenus sécurisés, outrepasserait tous les autres segments du marché du logiciel.

« Au Québec, c’est au niveau des logiciels de gestion de la relation client que se situera la croissance, alors que des secteurs dominants comme ceux de la fabrication et des services, dont les centres de contacts de la clientèle, procéderont à l’intégration de systèmes communs d’applications », indique M. Ruest.

Les télécommunications

Dans le secteur des télécommunications, une croissance de 3,6 % en 2005 a résulté en des dépenses de 34,4 milliards $ au Canada en 2005. IDC Canada prévoit un taux de croissance annuelle moyen de 3,9 % d’ici 2010, ce qui représenterait alors des revenus de 41,7 milliards $, notamment par la progression des sous-segments des services vocaux sans fil et des services de données.

Au Québec, les dépenses reliées aux télécommunications pourraient atteindre 6,3 milliards $ en 2006, alors qu’en 2010 elles pourraient avoisiner 7,2 milliards $. « Beaucoup d’entreprises de télécommunications sont établies au Québec, et plusieurs organisations dépensent beaucoup pour des services d’impartition. Les activités des équipes volantes sont en croissance, alors que des entreprises sont un peu en avance en matière de convergence des réseaux de voix et de données », commente M. Ruest.

La gestion des applications

En matière de gestion des applications, le segment des applications hébergées a bénéficié d’une croissance annuelle de 11 % en 2005 et cumulé des revenus de 101 millions $. Avec un possible taux de croissance moyen de 9 % jusqu’en 2010, les revenus annuels devraient alors atteindre 155 millions $.

Pour le Québec, IDC Canada s’attend à ce que les dépenses pour les applications hébergées atteignent 20 M$ pour 2006 et 28 M$ pour 2010, ce qui correspond à une croissance de 36 %. Pour la gestion de toutes les applications, la firme évalue les dépenses en 2006 à 566 millions $, alors qu’elles pourraient presque doubler et atteindre 1,2 milliard $ en 2010.

« Il y a une rationalisation du portfolio de logiciel qui se produit dans certains secteurs comme ceux des finances et du gouvernement. Des applications nécessitent de la main-d’œuvre et les organisations pèsent le pour et le contre de garder une équipe ou de procéder à impartition, et il y a un intérêt pour l’adoption d’un modèle hybride ou l’utilisation d’un centre d’excellence », commente M. Ruest.

Les PME

Enfin, IDC Canada a produit des prévisions à propos du marché des PME qui représente environ 25 % du marché canadien des TIC. Le créneau des petites entreprises pourrait générer des dépenses de 4,6 milliards $ en 2010, alors que celui des moyennes entreprises pourrait représenter un marché de 6,5 milliards $, principalement au niveau du logiciel.

« Les petites entreprises étirent leurs investissements et dépensent lorsque les produits brisent, au lieu de dépenser de façon stratégique. Au total, les PME québécoises pourraient dépenser 1,7 milliard $ en 2006 et 1,8 milliard en 2010, ce qui correspondrait à une croissance de 11 % » 

IDC Canada a réalisé plus de 14 000 sondages et entrevues pour cette étude.




À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland a occupé les fonctions de journaliste, d’adjoint au rédacteur en chef et de rédacteur en chef au magazine Direction informatique.


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