Premiers partenariats chinois pour l’éditeur Unima et l’organisme Prompt


Jean-François Ferland - 15/10/2009

Le développeur de Longueuil paraphe un contrat de développement d’une solution d’apprentissage avec l’éditeur Winshare. Une université chinoise participera à un projet de R&D pour une solution universelle de traduction. Charles Despins, du consortium Prompt, décrit les initiatives à titre d’intermédiaire de l’organisme en sol chinois.

Unima, une petite entreprise de Longueuil qui a développé une technologie de représentation et de communication à l’aide d’images animées, a établi deux importantes ententes en Chine qui ont trait au développement de sa technologie USLIC.

En premier lieu, un contrat de développement de logiciels a été signé avec l’éditeur chinois Winshare afin de développer des logiciels destinés au secteur de l’éducation. L’entente vise à intégrer la technologie d’Unima, qui combine du texte et des animations pour améliorer l’apprentissage de vocabulaire et la compréhension du sens des énoncés, à un système interactif de tableau blanc électronique de Winshare qui sera distribué dans des établissements d’enseignement des niveaux primaire et secondaire sur le territoire chinois.

Ce contrat, dont les premiers déploiements des produits en découlant pourraient avoir lieu en 2010, résultera en la création d’une trentaine d’emplois en Montérégie.

Traduction universelle par idéogrammes

D’autre part, un projet de partenariat de recherche et développement qui est financé par l’organisme québécois Prompt, qui implique Unima, l’École Polytechnique de Montréal et l’organisme CRIM, pourra compter sur le soutien de l’Université Nankai de Tianjan. Cette participation découle d’une entente de principe qui avait été établie entre Unima et cette université en 2008.

Le partenariat de recherche a comme objectif d’utiliser la technologie USLIC au sein d’un logiciel de traduction en temps réel de n’importe quelle langue à une autre, par le biais d’une version animée de l’écriture chinoise. Ce sont des spécialistes de l’Université Nankai en génie logiciel, mais aussi en linguistique et en anthropologie qui collaboreront au projet. La participation de l’université chinoise visera aussi l’intégration de l’évolution de la technologie québécoise dans les systèmes de téléphonie mobile, afin de procéder à la traduction en temps réel de conversations vocales. Ce volet chinois du projet de R&D nécessitera du financement, pour lequel des démarches sont en cours.

Porte d’entrée

Charles Despins est le président-directeur général de Prompt, un consortium d’organisations qui oeuvre à l’établissement de partenariats impliquant des entreprises et des universités au Québec et à l’international.

Joint par téléphone en Chine, où il a assisté à l’établissement du premier partenariat universitaire et commercial à impliquer des entités québécoises et chinoises de son organisme, M. Despins s’est réjoui de l’entente qui profitera à Unima, en soulignant que le concept original des fondateurs de l’entreprise était construit autour des idéogrammes chinois, bien que ceux-ci ne soient pas originaires de ce pays.

En expliquant que son organisme a permis d’établir une porte d’entrée pour Unima sur le marché chinois, M. Despins relate que Prompt oeuvre sur la scène internationale à établir des partenariats entre des institutions universitaires québécoises et étrangères, auxquels s’intégreront des entreprises privées des juridictions impliquées. Il explique que ces partenariats permettent aux entreprises d’oeuvrer à leurs projets de R&D, mais aussi de bénéficier des relations entre les universités comme d’une passerelle pour établir des relations commerciales.

« C’est très difficile, pour une petite entreprise qui n’a pas les ressources humaines requises, de consacrer tous les efforts, la patience et la persévérance pour percer le marché chinois, constate M. Despins. Ici, on n’y entre pas à froid et on ne peut espérer avoir des résultats de vente à très courte échéance. Alors que les partenaires universitaires ont leurs propres liens, nous aidons les PME québécoises à utiliser ces liens pour développer des relations plus concrètes avec des entreprises [chinoises]. Le projet de R&D devient pratiquement une activité de liaison commerciale. »

Alors que les liens entre le Québec et la Chine ne sont pas aussi développés que d’autres provinces canadiennes comme l’Ontario et la Colombie-Britannique, qui ont beaucoup de personnes d’origine chinoise, M. Despins souligne que les démarches effectuées par son organisme contribuent aussi à la découverte du Québec par les investisseurs chinois.

« En permettant aux Chinois de connaître un peu plus le Québec, cela devient une façon d’attirer leurs investissements. De plus en plus, ils investissent à l’étranger et il faut amener leurs investissements chez nous […] pour créer des emplois », indique-t-il.

Loin du tourisme d’affaires

L’équipe de Prompt travaille sur trois autres opportunités de partenariats en Chine, dans les secteurs des télécommunications sans fil, de la télésanté et de la microélectronique.

M. Despins, qui se rend quatre fois par année en Chine, travaille de concert avec les délégués commerciaux des bureaux du Québec et du consulat canadien, alors qu’une consultante légale contribue à la rédaction des contrats. Les trois projets en cours ont déjà nécessité deux années de travail.

« C’est un travail de longue haleine. Cela prend du temps pour établir des liens, monter un réseau et monter un financement, alors que ça prend du financement du gouvernement chinois. Cela fait beaucoup de ficelles à attacher, mais les résultats sont probants », indique-t-il

« La planète est ici, alors qu’on y trouve des gens de tous les pays. C’est important de faire des suivis et ne pas que faire du tourisme d’affaires […] Ici, plus que jamais, les bons liens entre les collaborateurs sont importants. Il y a un aspect culturel à tout cela ».

L’idéogramme chinois qui est utilisé dans l’illustration qui accompagne cet article représente le mot « riz ». Merci à Pascale Coulette d’avoir mis à contribution son expertise.

Jean-François Ferland est journaliste au magazine Direction informatique.




À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland a occupé les fonctions de journaliste, d’adjoint au rédacteur en chef et de rédacteur en chef au magazine Direction informatique.


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