L’UQTR scrute la performance des PME québécoises

L’Institut de recherche sur les PME de l’Université du Québec à Trois-Rivières a bonifié son ensemble d’outils de diagnostic de la performance organisationnelle des PME, qui compte maintenant cinq outils.

L’Institut de recherche sur les PME de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) propose depuis quelque temps un ensemble d’outils de diagnostic destinés aux PME qui a été bonifié récemment.

Développé par le Laboratoire de recherche sur la performance des entreprises, cet ensemble d’outils, qui sont en fait des questionnaires, vise à permettre aux PME d’évaluer leur performance organisationnelle sous différents aspects. Il permet aussi aux spécialistes de l’Institut de recherche d’étoffer leurs bases de données sur la performance des PME québécoises. Il en coûte 500 $ pour utiliser chaque outil, à l’exception du plus récent – PDG Service industriel – qui est gratuit pour une durée limitée.

Le plus ancien de ces outils, qui a été lancé il y a dix ans et en est à sa deuxième génération, s’appelle PDG (pour Performance Développement Gestion) Manufacturier, dont le développement a nécessité cinq années de recherche. Conçu spécialement pour les PME manufacturières, cet outil permet de faire un survol de l’ensemble des fonctions de l’entreprise et d’identifier les secteurs où des améliorations peuvent être apportées. Cette identification s’effectue à partir des réponses à un questionnaire et de l’analyse des documents financiers de l’entreprise. Un représentant du Laboratoire peut accompagner les gestionnaires tout au long du processus, qui prend d’une heure et demie à deux heures à compléter. Un rapport de diagnostic est ensuite produit et transmis au dirigeant de l’entreprise deux à trois semaines plus tard. Près de 900 entreprises l’ont utilisé à ce jour.

Le PDG Leadership est le deuxième outil à avoir été ajouté à l’ensemble. Il s’adresse cette fois aux entrepreneurs désirant évaluer leurs compétences en tant que chef d’entreprise et ainsi découvrir leurs forces et leurs faiblesses. Deux années ont été nécessaires au développement de l’outil qui a recours à une évaluation multisources, puisqu’il fait intervenir plusieurs membres de l’entourage du gestionnaire.

Le troisième outil s’appelle eRisC. Cet outil disponible sur le Web, qui est le seul à être entièrement informatisé, sert à évaluer les risques des projets de développement que veulent réaliser les PME, comme des projets d’innovation, d’exportation ou d’expansion. Prenant la forme d’un questionnaire dynamique, il permet d’identifier les principaux facteurs susceptibles de nuire au succès de chaque projet.

Innover avec succès

Innostic, le quatrième outil rendu public par l’Institut de recherche sur les PME de l’UQTR, permet à la PME de vérifier si elle dispose des atouts nécessaires pour innover avec succès. Pour se faire, l’outil compare la situation particulière de l’entreprise avec le profil idéal de « l’entreprise innovante ».

L’Institut de recherche propose également l’outil PDG Service industriel, qui a été lancé l’an dernier. Conçu spécifiquement pour les PME qui fournissent des services aux autres entreprises, cet outil évalue la capacité de l’entreprise à remplir sa mission, en plus d’évaluer l’efficacité d’utilisation des facteurs clés de compétitivité qui sont spécifiques à ce créneau. Il permet aussi d’améliorer la performance globale de l’entreprise et de réduire sa vulnérabilité. Les bases de données des chercheurs de l’Institut étant plutôt maigres pour cette catégorie d’entreprises, l’Institut permet aux PME d’utiliser l’outil gratuitement, jusqu’à ce que le nombre d’entreprises l’ayant utilisé atteigne 150 – elles sont seulement une vingtaine actuellement.

Au fil de l’utilisation des outils par les PME, les chercheurs de l’Institut ont été à même d’étoffer les bases de données servant à leurs travaux de recherche sur la performance organisationnelle. Contenant principalement des informations sur les PME québécoises, leurs bases de données contiennent aussi des données sur des entreprises canadiennes, américaines et, depuis peu, françaises. Les données sont anonymisées et recueillies de façon à respecter la confidentialité des entreprises dont elles émanent. L’Institut espère pouvoir informatiser les outils qui ne le sont pas encore l’an prochain.

« Notre laboratoire a consacré de nombreuses années au développement de ces outils de diagnostic, confie Josée St-Pierre, professeure au Département des sciences de la gestion de l’UQTR et directrice du Laboratoire de recherche sur la performance des entreprises. Aujourd’hui, nous sommes heureux de constater qu’ils répondent avec succès aux besoins en évaluation des PME, tout en permettant aux chercheurs de l’UQTR d’accroître leurs connaissances et leur expertise, grâce à des interactions continuelles avec les milieux d’affaires. De plus, ces projets contribuent à la formation de nombreux étudiants et stagiaires, qui nous font profiter en retour de leur audace et de leur créativité. Ce type de recherche appliquée s’avère donc extrêmement fécond. »

Information additionnelle : entête, UQTR

Alain Beaulieu est adjoint au rédacteur en chef au magazine Direction informatique.

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