Les bonus, une question de mérite?


Jean-François Ferland - 20/04/2007

Des organisations versent des bonus à leurs employés. Certaines remettent un montant fixe à tous et d’autres accordent un pourcentage fixe du salaire. D’autres versent un supplément quasi proportionnel à l’échelon occupé dans la hiérarchie. En considérant le rôle joué par chacun au quotidien, surtout celui joué par le personnel des TIC, est-ce juste et bon?

Plusieurs organisations versent une partie des profits annuels à leurs employés en guise de récompense pour une année fructueuse. Ce moment, dans la plupart des cas, se traduit par des sourires aux lèvres et des billets verts aux portefeuilles.

Les unes misent sur une forme d’équité en séparant un montant en parts égales, et tous reçoivent le même montant. D’autres versent le même pourcentage, et bien que le montant du bonus soit plus élevé pour ceux qui ont un salaire élevé, il y a néanmoins une certaine égalité pour tous les employés d’une entité publique, parapublique ou privée.

D’autres, toutefois, optent pour des bonus variables selon le type d’emploi. Les préposés, les manutentionnaires et les secrétaires reçoivent ixe pour cent du salaire annuel, les gérants reçoivent un pourcentage plus élevé, les gestionnaires encore plus, jusqu’à la haute direction qui peut recevoir, dans certains cas, plus du quart de leur salaire annuel. L’ampleur du sourire, dans ces cas, est également proportionnelle à la fonction occupée dans l’organisation.

Ces écarts peuvent survenir au sein d’une entreprise de tout ordre, par exemple entre les dirigeants et le personnel du département d’informatique. Ils peuvent également survenir dans une entreprise du domaine des technologies de l’information et des communications (TIC), entre les dirigeants et les employés de soutien.

Peuh! Pourquoi s’en plaindre? Plus les fonctions sont importantes, plus les résultats sont importants, et plus les bonus doivent être importants! diront certains qui, probablement, sont en haut de l’échelle. À leur avis, un président a des responsabilités plus grandes qu’un commis et ces responsabilités ont un prix. Vraiment?

Dépendance accrue aux TIC

À l’ère d’une dépendance croissante envers les TIC, les employés qui sont habitués à les utiliser pour exécuter leurs tâches ne peuvent s’en passer. Ainsi, si un système est en panne, si une imprimante est à court d’encre ou si l’utilisateur ne se rappelle plus comment exécuter une commande, les techniciens doivent voler à leur rescousse très rapidement. Le temps, c’est de l’argent. Ainsi, plusieurs personnes entrent très tôt au boulot, quittent très tard, font des heures supplémentaires ou sont de garde, téléphone à la main, pour dépanner un important employé qui, sans les TIC, ne peut faire d’importantes choses.

Malheureusement, l’appréciation du soutien apporté par ces personnes n’est pas toujours manifestée par des remerciements. Certains employés, qui forment heureusement une minorité des gens de la société, croient que ceux qui exécutent des fonctions dans des échelons inférieurs de la hiérarchie sont en fait à leur service, comme le fait un majordome chez un fortuné ou comme le faisait un serf à l’époque des seigneuries. Pourtant, il suffit que ledit « serviteur » soit absent, que ce soit par nécessité, par épuisement par écoeurement, pour que ledit « maître » se trouve en fâcheuse position lorsque les TIC n’en font qu’à leur tête…

Alors, puisque les TIC jouent un rôle crucial dans les organisations modernes et que leur fonctionnement quotidien soit encore plus crucial pour le bon roulement des affaires, pourquoi ne donne-t-on pas une récompense plus consistante au personnel de soutien, que ce soit sous forme de dollars et/ou de congés?

Évidemment, certains répondraient très rapidement que ce ne serait pas juste pour ceux qui travaillent fort, ce qui lancerait un débat houleux à propos de l’importance du rôle de chacun dans une entreprise. D’ailleurs, bien des révolutions et des grèves ont éclaté lorsque des personnes, en soif de respect et d’égalité, en ont eu marre.

Dans un monde civilisé, les effusions de sang ne sont pas monnaie courante. Toutefois, les départs massifs d’employés mécontents peuvent causer une saignée du portefeuille d’une organisation. Alors, les coûts de remplacement d’un employé, en temps et en argent, peuvent être plus élevés que quelques points de pourcentage de bonus…




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À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland a occupé les fonctions de journaliste, d’adjoint au rédacteur en chef et de rédacteur en chef au magazine Direction informatique.


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