Le Web, pour maintenir l’attention et susciter l’interaction


Steeve Laprise - 16/11/2007

Les conférenciers de Webcom Montréal confirment que les blogues et le Web participatif soulèvent encore la ferveur, sur la Toile comme dans les organisations.

La troisième édition de Webcom Montréal s’est déroulée le 14 novembre au siège social de l’Organisation de l’aviation civile internationale. Les six mois qui se sont écoulés depuis la précédente édition de cet événement n’ont pas suffi à calmer la ferveur du moment au sujet des blogues (dans un contexte d’affaires) et du Web participatif et communautaire. La plupart des conférences au programme de Webcom Montréal ont tourné autour de ces sujets, qui ont alimenté bien des discussions entre les 200 professionnels du Web réunis à cette occasion.

Lors d’une conférence sur les applications riches qui supportent de nombreux sites « Web 2.0 », Stéphane LeSieur, directeur de comptes majeurs chez Adobe Systems, a rappelé à l’auditoire principalement formé d’experts en marketing qu’avoir un site Web statique aujourd’hui n’est plus un avantage, mais un inconvénient.

« Les organisations ont beaucoup investi dans l’optimisation de leur processus et de leurs technologies d’arrière-boutique (back-end), dit-il. Mais il reste encore beaucoup de travail à faire du côté de l’expérience de l’usager. Les meneurs de demain sont ceux qui pourront maîtriser les deux (l’arrière-boutique et les interfaces usager), de façon à maintenir l’attention du public. »

Michael Point, architecte de solution senior chez Adobe Systems, abonde dans le même sens et soutient que d’ici 2010, pas moins de 60 % des développements Internet auront en partie à voir avec les applications riches, qui seront au coeur de 25 % de ces projets.

Richesse et dynamisme

Vahé Kassardjan, président de la firme montréalaise Intégration Nouveaux Médias (partenaire de longue date d’Adobe), souligne que même si on en parle depuis la fin des années 90, c’est Google Maps, en 2005, qui aurait déclenché l’essor actuel des applications Internet riches. Cette nouvelle approche du développement Web repose sur des écosystèmes informatiques qui s’emboîtent tels des blocs Lego et des interfaces « expressives » et attrayantes pour les utilisateurs, résume-t-il.

Alors que le Web se perfectionne sans cesse et s’enrichit avec des applications dynamiques, les technologies qui sous-tendent le marketing par courriel sont limitées dans leur évolution par les nombreuses lois antipourriel, ont expliqué les experts René Godbout, de ZenData/Think Data, et Martin Duguay, de Prospek Création. Ces entreprises fournissent des services de diffusion de courriels selon les règles de l’art. Elles ont conclu des ententes avec les fournisseurs d’accès Internet pour éviter que leurs messages soient bloqués, comme il est de plus en plus courant, maintenant qu’entre 80 % et 90 % des courriels en transit seraient en fait des pourriels. Dommage, car le courriel demeure un moyen fortement prisé par les organisations pour rejoindre leurs publics.

Facebook constitue un autre exemple de service Web qui a trouvé son public. Teresa Valdez Klein, directrice des opérations Web pour le Blog Business Summit, a discuté du phénomène Facebook et donné des pistes d’utilisation de cette communauté dans un contexte commercial. « Facebook est un outil puissant si on l’utilise correctement, souligne-t-elle. Partager des contenus facilite les relations. » Et certains des gadgets logiciels (widgets) permettent aux entreprises de rejoindre leurs clientèles.

Carnets communautaires

Les chefs d’entreprises craignent encore les blogues, ayant peur d’être critiqués et d’en perdre le contrôle, comme l’a fait remarquer Debbie Weil, consultante en carnets pour les PDG et auteure de The Corporate Blogging Book: Absolutely Everything You Need to Know to Get It Right.

Tout est question de contenu : le blogue sert à nourrir la conversation, suscite des commentaires et permet de réagir en situation de crise, estime l’experte. Elle cite les exemples de Michael Dell, qui a réussi à maîtriser la crise des ordinateurs qui explosaient en s’excusant dans son carnet d’entreprise, et de Jonathan Schwartz, chef de la direction et président de Sun Microsystems, dont le blogue, publié en dix langues, donne « l’illusion de la transparence ».

La journée s’est terminée par une conférence de Robyn Tippin, la « Mona Lisa » du blogue corporatif et auteure de The Corporate Blogging Book. Blogueuse professionnelle, Mme Tippin travaille chez Yahoo à titre de gestionnaire de communauté de MyBlogLog. Selon elle, la différence entre les communautés d’antan et celles du Web est que ces dernières ne sont plus définies géographiquement. Mais les comportements, eux, n’ont pas changé.


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