Le Web au service des partis politiques


Jean-François Ferland - 20/01/2006

L’Internet est un outil de communication auquel les partis fédéraux ont accordé une grande attention à titre de canal de diffusion de leurs messages. Les formations majeures n’ont pas hésité à utiliser les TIC sur la Toile pour promouvoir leurs programmes auprès des médias et de la population.

Depuis une décennie, le réseau Internet constitue un canal de communication qui ne cesse de surprendre par sa capacité d’offrir à des organisations un moyen relativement simple de diffusion d’une grande variété de contenus, tout comme au grand public de les consulter au moment opportun.

Dans le cadre de la campagne électorale fédérale qui s’achève, des citoyens ont sûrement été jeter un coup d’oeil aux sites Web des principales formations politiques qui sont à l’oeuvre sur la scène canadienne. Les cinq partis majeurs, soit (dans le désordre) le Parti libéral du Canada, le Bloc Québécois, le Parti conservateur, le Nouveau Parti Démocratique et le Parti Vert, n’ont pas lésiné à utiliser les diverses fonctionnalités offertes par l’informatique et la Grande Toile au sein de leurs portails.

L’interface

Le Parti libéral du Canada, le Bloc Québécois et le Parti conservateur ont opté pour des sites Web aux interfaces chargées d’éléments visuels, mais néanmoins structurées et esthétiquement adéquates. Les images de marque, les slogans, les chefs de parti, les contenus offerts et les messages de l’heure véhiculés (les positifs à propos du parti comme les négatifs visant les opposants) sont mis en valeur à l’aide d’images et d’animation en format Flash. Les interfaces des sites du Nouveau Parti Démocratique et du Parti Vert sont visiblement moins chargées, mais regroupent néanmoins les liens menant aux divers contenus offerts à l’électorat.

La navigation

Par ailleurs, tous les sites offrent sur leur page d’accueil un utilitaire qui permet d’entrer un code postal pour atteindre la page Web de la circonscription qui y est associé. La recherche est également offerte à l’aide de cartes géographiques et de listes de circonscriptions et de candidats par ordre alphabétique.

Le contenu

Les documents texte, les images, l’audio et la vidéo : Les partis politiques ont recours aux formats de fichiers les plus courants pour diffuser leurs messages à la population. Au niveau du texte, les communiqués de presse, les plates-formes électorales et les documents informatifs sont offerts en versions PDF et/ou Word, en plus d’une reproduction sur les sites en format HTML dans quelques cas.

Pour les images, l’ensemble des partis offre sur leurs sites des photographies officielles des candidats, des images croquées lors d’événements partisans ou public et même des fonds d’écran qui en font sourire plus d’un.

Pour l’audio, les Libéraux et les Conservateurs offrent des messages radiophoniques ou des capsules audio en format MP3, tandis que le Bloc a recours aux formats Windows Media Audio et MP3. Le NPD offre également ses publicités radio en format MP3, tout comme sa plate-forme électorale sous forme de capsules thématiques. La version française du site du Parti Vert contient une publicité radio d’un candidat en format Windows Media Player.

Quant à la vidéo, le NPD, les Conservateurs, le Bloc et les Libéraux offrent leurs publicités en format Windows Media, QuickTime et/ou RealPlayer. Pour courtiser les communautés culturelles, le NPD et les Libéraux offrent leurs messages publicitaires, outre les deux langues officielles, en mandarin, en cantonnais et en pendjabi (ainsi qu’en hindi chez les Libéraux). Nous avons même vu dans la section multimédia du Parti Libéral, un diaporama animé rassemblant diverses photos du chef Paul Martin dont la bande sonore est Beautiful Day, du groupe rock irlandais U2. Nous espérons que le parti a acquitté les droits de reproduction de la pièce en question…

Le Bloc Québécois offre également le Vidéomaton, selon un concept basé sur les cabines photographiques, qui présente des capsules vidéo de 90 secondes pour chacun des candidats du parti, ainsi que de courtes capsules vidéo à commentaire humoristique. Les sites des Libéraux et du Bloc contiennent également des documents vidéo archivés.

Les listes d’envoi et la baladodiffusion : Tous les partis offrent à leurs sympathisants la possibilité de recevoir des nouvelles et des mises à jour par courriel. Quant à la baladodiffusion, le NPD, le Bloc, les Libéraux et les Conservateurs proposent aux internautes d’ajouter un fil RSS à leurs logiciels spécialisés afin de recevoir les nouveaux contenus texte, audio et/ou vidéo qui sont émis de façon périodique. Les Conservateurs offrent un total de dix liens RSS.

Les blogues : Le Bloc, les Libéraux, les Conservateurs et le Parti Vert ont recours aux blogues pour publier des contenus en format texte sur une base régulière. Au Bloc, c’est le chef Gilles Duceppe qui alimente un blogue, alors que les Conservateurs en exploitent deux en anglais et en français, soit l’un pour le parti et l’autre pour l’aile jeunesse. Au Parti Vert, le chef Jim Harris alimente un blogue unilingue anglais.

Chez les Libéraux, on retrouve dans la section francophone le Politicoblogue qui est accompagné de la description suivante : Tout au long de la campagne, un blogueur-mystère vous fera vivre la campagne électorale de l’intérieur, à partir du quartier général du Parti libéral du Canada. Ne vous gênez surtout pas pour envoyer vos questions, commentaires, menaces de mort, demandes en mariage, etc. (sic). Du côté anglais, on indique que c’est Scott Feschuk, le rédacteur principal des discours du chef Paul Martin, qui rédige le Blackberry Blog au moyen de la console portative du même nom. M. Feschuk est illustré à l’aide d’une photo représentant… un singe.

Quelques particularités : Le Parti Vert et les Conservateurs proposent à leurs sympathisants de commander en ligne une pancarte électorale, tandis que le Bloc Québécois et les Conservateurs mettent à leur disposition des cartes de souhaits électroniques. Le Bloc, par ailleurs, utilise son site Web comme porte d’accès sécurisé à un extranet.

La sollicitation : Enfin, tous les partis offrent aux électeurs la possibilité de contribuer financièrement à la caisse de leur parti favori. Par le biais d’une adresse URL à préfixe HTTPS (sauf chez le NPD et les Conservateurs qui assurent néanmoins que leur site HTTP est sécurisé), les partis offrent la possibilité de verser un don mensuel ou un don épisodique (appelé Cadeau unique chez les Libéraux), tout comme de devenir membre du parti ou de soumettre sa candidature pour oeuvrer à titre bénévole.

Le Parti Vert se distingue des autres avec la présence d’une miniboutique où les partisans peuvent se procurer des gaminets, des autocollants ou bien une tuque à l’effigie du parti.

Les indécis ont donc accès à des ressources en ligne qui les aideront, peut-être, à faire un choix parmi les partis qui se présentent aux élections du 23 janvier. Bon vote!




À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland a occupé les fonctions de journaliste, d’adjoint au rédacteur en chef et de rédacteur en chef au magazine Direction informatique.


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