Le fil du temps


Jean-François Ferland - 08/02/2008

Que ce soit à des fins d’alimentation, de connexion ou de transmission, le filage est indissociable des TIC. Mais son utilisation, tout comme son élimination, entraîne des enjeux parfois méconnus.

Le succès des technologies de l’information et des communications (TIC), qu’elles soient destinées à un usage personnel ou professionnel, tient à un fil.

La majorité des composantes d’informatique et de réseautique, comme les ordinateurs, les serveurs, les périphériques et les équipements de transmission de données, dépend de liaisons et d’interconnexions pour réaliser l’acheminement et le traitement de l’information. Les disques rigides sont connectés aux cartes-mères, les claviers, les souris, les claviers et les imprimantes sont connectés aux ordinateurs, les assistants numériques sont connectés aux postes de travail les téléphones sont connectés à une prise murale, et les routeurs, les concentrateurs et les commutateurs sont connectés aux serveurs à l’aide de fils et de câbles.

Les composantes technologiques ont aussi besoin d’énergie pour fonctionner. La majorité des appareils ont recours à l’électricité, tandis que certains périphériques utilisent des piles ou bien l’alimentation fournie par un autre appareil à l’aide de câbles USB ou FireWire. Les téléphones mobiles, les blocs-notes et les assistants numériques ont également recours à des fils pour la recharge de leurs piles.

Ainsi, les nombreuses composantes qui composent un environnement informatique utilisent des dizaines de mètres de fils de toutes sortes, qui encombrent les bureaux, les planchers et l’arrière des bureaux de travail ou des armoires. Ces fils accumulent la poussière ou constituent un risque de chute, mais dans la plupart du temps, ils constituent un mal nécessaire.

Dans la grande majorité des cas, ces fils sont de bonne qualité et procurent à la fois un rendement optimal, une fiabilité et une sécurité d’utilisation. Ils ont été mis à l’essai par des organismes qui assurent la conformité des produits à des critères de protection et d’assurance. Certes, des fils défectueux font l’objet de rappels, tout comme des piles de blocs-notes, et sont remplacés rapidement par les fabricants.

Si le filage « des derniers centimètres » qui sert aux TIC inspire la confiance, que sait-on du filage qui se trouve derrière les murs?

Plusieurs consommateurs et organisations ont l’opportunité d’occuper des domiciles ou des bureaux construits récemment, dans lesquels le filage et le câblage sont conformes aux normes modernes. Le réseau électrique, dont la boîte d’alimentation est à disjoncteurs, est composé de fils de cuivre – dont un sert à la mise à la terre – qui sont entourés d’une gaine résistante. Les composantes de raccordement et les prises électriques sont également de bonne qualité. Le filage des réseaux de téléphonie et de transmission de données (Ethernet ou coaxial), tout comme les prises murales qu’ils nécessitent, est également en excellent état.

Mais pour plusieurs autres personnes et entités, les lieux de résidence et de travail ont été construits il y a cinquante, soixante-quinze ou même plus de cent ans. À l’époque, la boîte d’alimentation fonctionnait à l’aide de fusibles, les raccordements étaient fabriqués en porcelaine, les prises électriques n’avaient que deux fentes et le câblage électrique, qui ne comportait que deux brins, était entouré d’une gaine en tissu. Le câblage téléphonique, pour sa part, était de moins bonne qualité que le câblage moderne. Le câblage de transmission de données est arrivé plus récemment dans l’histoire, mais la qualité des premiers câbles était sûrement moindre qu’aujourd’hui.

Ainsi, les nouveaux occupants de lieux vétustes peuvent avoir une surprise de taille lorsqu’ils voient des amas de fils disparates courir sur le plafond des sous-sols ou derrière des cloisons. Mais dans les lieux où les fils sont dissimulés par des panneaux de gypse, le mystère est entier…

Le câblage en mauvais état ou mal raccordé peut causer une dégradation du signal, une perte de puissance, des variations de courant, et même des décharges qui peuvent endommager les équipements et leurs utilisateurs. Heureusement, des appareils de mesure que l’on branche aux réseaux permettent d’identifier la qualité du signal ou la puissance électrique, ainsi que des anomalies qu’il faudra corriger pour éviter les problèmes.

Conscientisation

Il incombe au propriétaire d’une bâtisse d’assurer la qualité du câblage qui y est installé et de faire effectuer les réparations ou les mises à niveau essentielles. Pour cela, il faut que ces propriétaires aient connaissance de l’état de ces liaisons, ce qui ne fait pas l’objet de pratiques régulières de vérification. L’utilisateur, de son côté, pense rarement à vérifier ou à exiger qu’on lui assure l’état adéquat des liens qui sont pourtant essentiels au bon fonctionnement des appareils. Les fournisseurs de services, vu le contexte concurrentiel, se sont déresponsabilisés de l’entretien du câblage chez leurs clients, sinon offrent des plans de maintenance à un tarif mensuel.

L’utilisation de parasurtenseurs constitue une pratique essentielle pour la protection des équipements contre les surtensions et les baisses de tension qui est déjà appliquée par bon nombre de personnes et d’organisations. Il existe d’autres composantes, comme les isolateurs et les conditionneurs de courant, qui réduisent la contamination, les interférences et les autres anomalies qui peuvent dégrader le fonctionnement des appareils technologiques et qu’il pourrait être judicieux d’utiliser à titre préventif. Également, les utilisateurs auraient intérêt à utiliser des systèmes d’alimentation sans coupure pour éviter qu’une panne n’interrompe trop rapidement un traitement de données, avant que ces dernières ne soient sauvegardées.

Certes, depuis quelques années, les liaisons de transmission de données filaires sont remplacées par des liaisons sans fil, ce qui élimine certains problèmes. Toutefois, la prolifération des émetteurs et des transmetteurs peut entraîner des interférences, tout comme les matériaux de construction des bâtiments peuvent restreindre la propagation des signaux. Plus que jamais, les réseaux sans fil auront besoin d’équipements qu’il faudra bien positionner, mais aussi bien protéger au niveau de l’alimentation électrique afin de réduire les risques de pannes.

Si les liaisons de transmissions de données, sur fil ou sans fil, et les équipements de protection sont assujettis à une évolution au cours des prochaines années, pour en améliorer la capacité, la fiabilité ou la qualité, les liaisons électriques, si elles sont mises à niveau, devraient être fiables pour encore quelque temps. Heureusement que l’élimination des fils n’est pas envisagée pour l’alimentation électrique, car la circulation à proximité d’arcs électriques rendrait la vie plus périlleuse…

Jean-François Ferland est journaliste au magazine Direction informatique.


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À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland a occupé les fonctions de journaliste, d’adjoint au rédacteur en chef et de rédacteur en chef au magazine Direction informatique.


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