L’art de fusionner français, machine et humain


Lyne Lord, OQLF - 01/12/2006

BPB Canada a reçu le Mérite du français dans les TI 2006 dans la catégorie Application logicielle – Grande organisation.

Émulsions, additifs secs, sécheurs, mélangeurs sont des termes courants utilisés dans le processus de fabrication de panneaux de gypse. Chez BPB Canada, ils font maintenant partie du quotidien des 100 employés de l’usine de Sainte-Catherine en Montérégie. Comment cette entreprise de technologie de pointe est-elle arrivée à fusionner français, machine et humain?

Chef de file mondial dans la fourniture de plâtre et de panneaux de gypse, BPB Canada est aussi un fournisseur de premier plan de produits d’isolation, de carreaux pour plafond et de revêtement intérieur. L’entreprise, dont le siège social est à Toronto, exploite le marché en pleine croissance des systèmes de construction, et ce, dans plus de 50 pays. Parmi ses clients en Amérique du Nord, on compte Rona, le Groupe BMR, mais aussi des entreprises américaines.

Franciser les interfaces

Afin de demeurer concurrentiels dans un marché mondial de plus en plus compétitif, les dirigeants décident d’investir dans les nouvelles technologies. Ces nouveaux équipements, acquis en 2004 et 2005, proviennent de l’extérieur du Québec. Aussi, les manuels d’utilisation et la programmation ne sont pas disponibles en français. Survient alors une première fusion du français et de la machine qui constitue le début d’une entreprise d’envergure : franciser les interfaces des machines à commande numérique et des automates programmables.

« Grâce à la volonté de nos dirigeants et aux possibilités de traduction offertes par les logiciels industriels, nous avons pu traduire les interfaces opérateurs machine, en conservant l’intégralité du sens des termes d’origine, tout en utilisant un très bon français », mentionne Jean-Philippe Langevin, ingénieur responsable du contrôle des procédés à l’usine de Sainte-Catherine.

Un effort collectif

Autant les opérateurs que les fournisseurs ont grandement contribué à trouver le mot juste et représentatif de ce domaine d’activité particulier. D’ailleurs, tout le système d’exploitation, de la coupe des planches à la gestion des données de l’usine, utilise le français, y compris les caractères accentués. Les noms de plus de 6 000 pièces et articles dans le magasin d’entretien ont été francisés.

Piloté par le comité de francisation de l’entreprise, ce travail colossal a mis à contribution des gestionnaires, des techniciens ainsi que tous les opérateurs de ces machines. « Le plus grand défi a été de concrétiser le changement d’attitude des opérateurs d’abandonner les termes anglais pour utiliser ceux en français », précise Michel-Éric Tremblay, électrotechnicien et programmeur.

L’une des conditions gagnantes pour la réussite du projet fut sans doute d’intégrer tout le personnel dans le processus de francisation. Cet élément constitue un facteur déterminant dans l’implantation de la terminologie afin qu’elle passe dans l’usage. Le prix remporté venait reconnaître ainsi la qualité d’un travail rassembleur auquel la direction et les travailleurs ont fièrement participé. Voilà bien la preuve que dans des secteurs hautement spécialisés, la francisation, c’est possible !