La place des TIC dans l’incubation d’entreprises au Québec


Jean-François Ferland - 30/06/2009

Les secteurs industriels associés aux technologies de l’information ont une représentation appréciable au sein de l’incubation d’entreprises. Le rôle des gouvernements fédéral et provincial, comme collaborateurs et comme bâilleurs de fonds, est important.

Tout comme la poule couve ses poussins, l’incubateur d’entreprises fournit les ressources nécessaires aux entreprises en démarrage afin qu’elles survivent à cette phase cruciale de leur vie commerciale. À ce sujet, l’édition de juin 2009 du bulletin S@voir.stat de l’Institut de la statistique du Québec indique que les secteurs industriels associés aux technologies de l’information occupent une place importante au sein des incubateurs d’entreprises au Québec.

Les données proviennent de l’Enquête sur l’incubation d’entreprises menée par Statistique Canada pour la période 2006-2007 sur l’ensemble du territoire canadien. Vingt incubateurs québécois ont participé à cette enquête, soit environ 57 % des incubateurs d’entreprises ayant pignon sur rue au Québec.

Si les sciences de la vie constituaient le secteur le plus fortement soutenu parmi les incubateurs d’entreprises du Québec au cours de la période étudiée, avec 13 centres sur 20 (65 %), les TIC bénéficient d’un soutien important de la part des incubateurs. Ainsi, la moitié des répondants (10 sur 20) ont dit soutenir des entreprises des secteurs du logiciel et des technologies de l’information, alors que 9 sur 20 (45 %) ont dit soutenir des entreprises oeuvrant dans les secteurs d’Internet, de l’électronique et de la microélectronique.

Également, 7 incubateurs sur 20 (35 %) soutiennent des entreprises qui oeuvrent dans les secteurs du matériel informatique, des télécommunications et de la technologie sans fil, alors que 6 sur 20 (30 %) soutiennent des entreprises en nanotechnologie.

En comparaison, la moitié des incubateurs soutiennent des entreprises des secteurs de l’environnement et de la fabrication. À l’opposé, l’aérospatiale, un secteur pourtant important au Québec, ne compte que quatre incubateurs qui peuvent soutenir les activités des entreprises en démarrage.

Notons que parmi les types de services offerts aux entreprises incubées, l’accès Internet haute vitesse arrive au deuxième rang avec 14 incubateurs qui en font l’offre à l’interne, derrière les activités de réseautage parmi les clients qui sont offertes par 15 incubateurs.

Objectifs, défis et obstacles

Quelque 85 % des incubateurs du Québec ont dit juger que la création d’emplois pour la collectivité locale était un objectif important d’un programme d’incubation. Les autres objectifs d’importance sont le lancement ou la stimulation d’une industrie locale, tout comme la promotion de l’esprit d’entreprise au sein de la collectivité (65 %), la commercialisation des technologies (50 %) et la diversification de l’économie locale (45 %).

Toutefois, l’argent et la clientèle semblent être les défis les plus importants autant pour les incubateurs que pour les entreprises qui ont recours à leurs services.

Ainsi, pour les incubateurs, les enjeux le plus importants sont le manque de financement des clients potentiels (75 %), la difficulté à trouver du financement pour le travail d’innovation (70 %) et l’identification de clients « convenables » (45 %).

Pour les entreprises qui ont recours aux services des incubateurs, la difficulté d’obtention de financement est un défi et un obstacle pour neuf entreprises sur dix. La moitié des organisations a également fait état de la difficulté à trouver des marchés appropriés pour leurs produits.

Portrait

Le bulletin de l’Institut de la statistique du Québec indique aussi que 45 % des incubateurs répondants offraient des services d’incubation d’entreprises et de technologies, 35 % se concentraient sur les entreprises et 20 % étaient consacrés à l’incubation des technologies. 65 % des répondants étaient des entreprises sans but lucratif, 15 % étaient associés à des ministères ou organismes du fédéral alors que 20 % étaient associés à des entités du gouvernement québécois, des institutions d’enseignement ou autres.

Également, 75 % des répondants ont dit avoir les gouvernements du Québec et du Canada comme collaborateurs. 65 % ont dit collaborer avec des universités, 50 % avec une administration municipale ou régionale et 45 % avec une entreprise à but lucratif.

De plus, les contributions et les subventions des gouvernements constituaient les principales sources de financement des incubateurs. En 2006 et 2007, sur 15,3 M$ sur lesquels les incubateurs ont pu compter, 32,7 % (5 M$) provenait du fédéral tandis que 26,9 % (4,1 M$) provenait du provincial.

Pour le reste, 14,6 % du financement (2,2 M$) provenait du paiement de frais de location par les clients, alors que les honoraires provenant de ces clients représentaient 6,5 % (1 M$). Viennent ensuite les fonds d’entreprises privées (4,9 % ou 756 367 $), les subventions de gouvernements municipal ou territorial (4,1 % ou 628 630 $) et le fonds d’exploitation d’une organisation mère (0,6 % ou 88 000 $).

Jean-François Ferland est journaliste au magazine Direction informatique.




À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland a occupé les fonctions de journaliste, d’adjoint au rédacteur en chef et de rédacteur en chef au magazine Direction informatique.


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