Jeu vidéo: l’industrie québécoise en bonne santé


Denis Lalonde - 26/10/2010

L’industrie du jeu vidéo du Québec se porte bien, mais a généré moins de nouveaux emplois que prévu en 2010, selon un sondage de TechnoCompétences mené auprès d’une cinquantaine de studios de la province.

Au total, 49 entreprises sur les 81 qui répondaient aux critères de sélection de TechnoCompétences ont accepté de répondre au sondage.

Selon Manouane Beauchamp, le directeur de projets chargé du sondage chez TechnoCompétences, tous les grands studios de la province ont répondu au questionnaire alors que les entreprises qui ont préféré s’abstenir comptaient pour la plupart 20 employés ou moins.

Taille de l’industrie

Les 49 entreprises participantes à l’étude regroupaient, en octobre, 6 602 emplois directement reliés à l’industrie du jeu électronique au Québec. L’an dernier, le sondage effectué par l’organisme dénombrait 6 293 emplois répartis dans seulement 39 entreprises, ce qui rend les comparaisons difficiles entre les deux documents.

« En incluant les 81 entreprises présentes dans le jeu vidéo au Québec, nous prévoyons que l’industrie du jeu vidéo au Québec comptera entre 7 000 et 7 200 emplois au 31 décembre », révèle M. Beauchamp en entrevue. Dans son étude de 2009, TechnoCompétences prévoyait que l’industrie québécoise allait atteindre cette cible au 30 juin dernier.

M. Beauchamp explique que les entreprises ont souffert de la récession, particulièrement celles qui offrent des services d’assurance qualité: « Les entreprises d’assurance qualité se voyaient octroyer des contrats par les grands studios. Avec le ralentissement, ces derniers ont préféré effectuer ces tests en interne, de manière à faire travailler leur main-d’œuvre à leur plein potentiel plutôt que d’impartir ces services », dit-il.

Rareté de la main-d’œuvre

Environ 47 % des entreprises participantes ont affirmé éprouver des difficultés de recrutement pour certains postes. « Les postes les plus difficiles à combler sont ceux en lien avec la programmation et la production artistique (animateurs 2D et 3D, concepteurs d’interface, modélisateurs, etc.). La recherche de programmeurs pose le plus de défis, car les studios recherchent des candidats possédant une combinaison de compétences dans certains langages de programmation ainsi qu’une expérience dans le domaine du jeu électronique », soutient le document.

Selon les données de l’étude 2010, 58 % de tous les emplois dans l’industrie du jeu vidéo sont en lien avec la programmation ou la direction artistique. Plus précisément, 2 214 emplois (34 %) en lien avec la programmation; 1 610 emplois (24 %) en lien avec la production artistique; 993 emplois (15 %) en lien avec le contrôle de la qualité; 723 emplois (11 %) en lien avec la conception de jeux; 543 emplois (8 %) en lien avec la gestion de la production et 519 emplois (8 %) en lien avec les fonctions de soutien à la production (comptabilité, marketing, ressources humaines, etc.).

Prévisions pour 2011

Les répondants au sondage ont créé ou prévoient créer un total de 1 362 emplois cette année et le même nombre l’an prochain, dont 328 (24 %) pour des nouveaux diplômés et les travailleurs possédant moins de deux ans d’expérience.

C’est donc dire que la hausse du nombre de travailleurs en 2011 devrait se chiffrer à 18,5 % et que l’industrie du jeu vidéo générera directement plus de 8 300 emplois au 1er janvier 2012.

« Les types d’emplois recherchés l’an prochain cibleront encore une fois la programmation et la direction artistique dans près de 60 % des cas. Les studios ne s’en cachent pas et recherchent surtout des travailleurs expérimentés, mais il y a de la place pour les employés qui font leur entrée sur le marché du travail », raconte Manouane Beauchamp.

Ce dernier ajoute que l’industrie québécoise du jeu vidéo est relativement jeune et que le système du mentorat se développe: « Plusieurs entreprises nous ont révélé qu’elles avaient embauché leur personnel d’expérience (senior). Pour 2011, leur priorité est de recruter des employés ayant moins de deux ans d’expérience pour les placer sous la tutelle du personnel dit senior », dit-il.

M. Beauchamp ne croit pas que les projections d’embauches pour 2011 soient trop optimistes, estimant que l’arrivée récente des studios de Funcom, de THQ et de Warner Bros à Montréal, de même que l’apparition de nouvelles technologies incluant les téléviseurs 3D, la reconnaissance de mouvement, les jeux stéréoscopiques ou les tablettes tactiles sont autant de voies d’avenir pour le développement de nouveaux produits.

TechnoCompétences souligne toutefois que ces nouvelles technologies présentent deux grands défis: « Le premier concerne la main-d’oeuvre, car elle ne possède pas d’expérience ni de formation adéquate. Les entreprises doivent donc prioriser une forme d’autoformation en interne, période de temps pendant laquelle l’entreprise ne peut enregistrer de gains immédiatement perceptibles. Le second défi concerne l’adoption et les retombées hypothétiques de ces nouvelles technologies sur le marché ».

TechnoCompétences est le comité sectoriel de main-d’œuvre des technologies de l’information et des communications (TIC) au Québec. L’étude annuelle sur l’industrie du jeu vidéo, conçue et réalisée par l’organisme, a pour objectif de suivre les tendances au niveau de l’emploi dans ce secteur spécifique des TIC.

Quelques statistiques sur l’industrie du jeu vidéo au Québec en 2010

Les 6 602 emplois des 49 entreprises sont répartis selon trois grands groupes:

– 5 776 (88 %) emplois dans 40 entreprises de développement de jeux électroniques; – 420 (7 %) emplois dans 3 entreprises de test et d’assurance qualité; – 406 (6 %) emplois dans 6 entreprises de logiciels et services de soutien aux entreprises de jeux électroniques.

Les emplois sont surtout concentrés sur l’île de Montréal:

– 4 860 (73 %) emplois dans 30 entreprises de la région de Montréal; – 1 178 (18 %) emplois dans 10 entreprises de la région de Québec; – 564 (9 %) emplois dans 9 entreprises des autres régions du Québec.




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À propos de Denis Lalonde

Denis Lalonde est rédacteur en chef chez Direction informatique, développant des contenus et services uniques pour les spécialistes des technologies de l’information en entreprise à travers la province de Québec, tant à l’imprimé que sur le Web. Il s’est joint à IT World Canada, l’éditeur de Direction informatique, après avoir travaillé plus de cinq ans chez Médias Transcontinental pour les publications LesAffaires.com et le Journal Les Affaires. Journaliste accompli à l’aise sur toutes les plateformes médiatiques, Denis a également travaillé au Journal de Montréal, au portail Internet Canoë et au Réseau de l’information (RDI).
Twitter: DenisLalonde


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