iPhone au Québec : un écosystème en développement


Jean-François Ferland - 03/04/2009

L’industrie québécoise des TI accentue son offre d’applications et de contenu pour les populaires appareils d’Apple. Un nombre croissant d’éditeurs commerciaux et de développeurs indépendants entrent dans la danse, où les modèles commerciaux sont variés.

Le fabricant de matériel informatique Apple a suscité un grand intérêt avec la mise en marché du téléphone évolué iPhone et de son cousin multimédia iPod Touch. Ainsi, des éditeurs d’applications et des entrepreneurs autonomes s’intéressent à la nouvelle plate-forme et développent des applications et des contenus adaptés à ces appareils mobiles.

Media5 Corporation, une entreprise de Sherbrooke qui est spécialisée en produits, en logiciels et en services de protocoles d’ouverture de session (aussi connus par l’acronyme anglais SIP) vient de mettre en marché la trousse de développement logiciel M5T SCE Mobility qui sert à intégrer de tels protocoles à des applications destinés au iPhone.

La trousse est composée d’interfaces de programmation d’applications en langage C++ qui sont fondées sur des standards de l’Internet Engineering Task Force. Elle est basée sur un cadre d’application qui permet d’intégrer ces protocoles sur des applications destinés à d’autres plates-formes et systèmes d’exploitation. Media5 dit avoir publié cette trousse pour répondre à la demande de clients qui voulaient ajouter le iPhone à l’éventail de téléphones évolués qui sont compatibles à leurs applications.

Au même moment, dans un tout autre domaine, la maison d’édition indépendante Les Éditions du Vaisseau d’Or de St-Lambert-de-Lauzon annonçait la disponibilité des romans de deux auteurs en divers formats lisibles sur les appareils mobiles, dont le iPhone et le iPod Touch pour lesquels existent des logiciels adaptés au format ePub, mais aussi les appareils Blackberry et Palm, les livres électroniques et les ordinateurs portables. Une demi-douzaine de livres sont ainsi offerts en téléchargement au coût de 9,95 $ l’oeuvre, par le biais d’un compte PayPal.

Quoique le site Web de cette maison d’édition comporte des lacunes et des carences en matière de convivialité, le modèle d’affaires employé intéressera autant les auteurs, les éditeurs de modeste envergure ainsi que les lecteurs qui souhaitent tirer profit des appareils mobiles pour lire des contenus.

Approches et modèles d’affaires tous azimuts

Ces nouveautés viennent accroître l’offre dont fait l’objet la plate-forme mobile d’Apple, pour laquelle diverses entreprises ont déjà produit des logiciels à l’intention de leurs clients ou du grand public.

Depuis quelques mois, l’entreprise montréalaise ZoomMed commercialise des moutures de son outil de prescription électronique pour les médecins Prescripteur ZRx pour le iPod Touch et le iPhone. Ce logiciel fait l’objet d’une distribution gratuite auprès des médecins, alors que des frais transactionnels sont facturés aux entreprises qui reçoivent des ordonnances ou qui veulent afficher des informations sur ces appareils à l’intention des utilisateurs finaux.

Pour le grand public, le réseau MétéoMédia offre le logiciel MétéoÉclair qui affiche sur un iPhone la même information que procure son logiciel gadget disponible pour les ordinateurs de table.

Le logiciel a recours à l’accès Internet du iPhone et à la fonction de localisation du fournisseur de services mobiles pour obtenir l’information pertinente à l’emplacement de l’utilisateur, alors qu’il requiert un accès Wi-Fi sous le iPod Touch. Dans les deux cas, de la publicité s’affiche au bas de l’application, ce qui constitue une source de revenus additionnelle pour MétéoMédia.

Initiatives indépendantes

Par ailleurs, on remarque l’émergence de développeurs indépendants qui, à l’aide d’une trousse achetée auprès d’Apple (99 $ en version développeur et 299 $ en version entreprise), créent une variété de logiciels qui vont du bidule rigolo et candide à l’outil pertinent et pratique.

Certains tirent profit de ressources disponibles sur Internet, qui sont offertes par des organisations, pour créer de leur propre gré des interfaces adaptées à la plate-forme de l’iPhone et de l’iPod Touch. Ainsi, Ian Cloutier, un développeur indépendant, a créé STM Mobile qui sert à consulter les horaires de passage des autobus et des métros de la Société de transport de Montréal. Cette application, qui est vendue à 99 sous dans la boutique en ligne iTunes Store, n’est pas le fruit d’un mandat octroyé par la STM, mais plutôt une initiative de l’individu.

Enfin, notons que des développeurs aiment bien laisser planer une aura de mystère autour de leurs projets. Par exemple, le projet de logiciel Reportage du développeur montréalais WhereCloud fait l’objet d’un microblogue sur Twitter et de quelques images sur TwitPic.

Mis à part que le développeur est spécialisé en applications fondées sur l’emplacement de l’utilisateur, et que des messages sur Twitter soient produits à partir de ce logiciel par le président de la boîte de développement rien de concret n’est diffusé à propos de l’application en développement. Néanmoins, cela permet d’illustrer que la diffusion d’information « au compte-gouttes » pour susciter un intérêt des internautes fait partie des stratégies de commercialisation des développeurs pour la plate-forme mobile d’Apple.

Somme toute, l’intérêt croissant des développeurs pour la plate-forme suit l’intérêt grandissant des individus et des organisations envers les logiciels exploitables sur les appareils mobiles d’Apple. Il n’est donc pas surprenant que la concurrence s’active à mettre en place des boutiques en ligne pour tenter de répliquer le succès de commercialisation offert par le iTunes Store.

Jean-François Ferland est journaliste au magazine Direction informatique.




À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland a occupé les fonctions de journaliste, d’adjoint au rédacteur en chef et de rédacteur en chef au magazine Direction informatique.


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