Incidents: planifier le télétravail pour assurer une « télécontinuité »


Jean-François Ferland - 16/12/2009

Le télétravail à l’aide des TIC permet un maintien des activités organisationnelles en cas d’incident majeur. Un fournisseur suggère d’établir un plan de continuité des affaires avant que survienne le pire.

Au cours des derniers mois, le risque de pandémie de grippe a monopolisé l’actualité. Or, cet événement a mis en lumière les impacts sur les activités d’une organisation d’une absence des employés en raison d’un incident majeur. Les TIC permettent aux individus d’interagir à distance avec les collègues, les applications et les données, mais la proaction est plus efficace que la réaction face à l’imprévu…

Harry Bolner est vice-président aux ventes pour la région de l’Est chez Fusepoint, un fournisseur québécois de services d’infogérance et d’hébergement pour les infrastructures informatiques et les applications et de services de reprise après sinistre. Il indique que des organisations ont établi des mécanismes d’accès aux ressources informatiques pour le travail à distance au quotidien, mais elles ne font pas légion.

‘Les grosses entreprises sont organisées pour le télétravail, surtout pour les gens du département informatique et certains gestionnaires, mais ce n’est pas tous les employés qui peuvent travailler à distance », explique M. Bolner. « Les PME sont encore moins équipées, à l’exception de compagnies en technologies qui sont plus propices à permettre le travail à distance. Certaines entreprises de services, comme les cabinets d’avocats, sont plus habituées à avoir une main-d’oeuvre mobile qui peut travailler à distance. »

« La plupart de ces gens ont implanté le télétravail non pas à cause d’un projet de continuité des affaires, mais parce c’est la façon qu’ils travaillent, que ce soit de la maison ou chez un client », ajoute-t-il.

Continuité distante

M. Bolner classe une pandémie dans un groupe de causes qui devraient inciter les organisations à s’assurer d’une continuité des affaires à l’aide des outils technologiques, dont les désastres, les sinistres et les vols de systèmes informatiques. Lorsque survient un événement de la sorte, les travailleurs d’une organisation non préparée ont de la difficulté à interagir à distance avec les clients et les fournisseurs, tout comme de communiquer entre collègues.

Ainsi, M. Bolner souligne l’importance pour une organisation d’établir un plan de continuité où l’on traite de l’infrastructure informatique requise et de l’accès à distance sécurisé par les employés, mais aussi du soutien technique à fournir et du plan de communication à appliquer en cas d’incident. L’établissement d’un tel plan implique une évaluation des risques et des coûts.

« Il faut voir combien d’affaires on peut perdre durant ixe jours [d’inactivité technologique] et comment on peut réduire ce risque avec un plan de continuité d’affaires, pour ensuite décider quel est le plan optimal pour l’entreprise. »

Définitions clés

Dans une telle analyse de risques, on définira quels sont les employés clés, quels employés devront travailler ensemble sous la forme d’un comité de crise dans une même pièce, que ce soit dans une roulotte louée avec un accès par satellite à Internet ou bien dans des bureaux d’urgence qui sont dotés du matériel de travail nécessaire.

M. Bolner indique que d’autres employés clés pourront travailler à distance facilement, comme les gestionnaires de système et de bases de données, mais il souligne qu’il faut envisager une procédure pour réaliser les sauvegardes lors de l’absence des lieux. Les employés affectés à l’assemblage d’une usine de fabrication ne pourront pas travailler à distance, certes, mais les entreprises de services poursuivront leurs activités par le télétravail.

« Il faut rester en contact avec les clients et avertir les fournisseurs qui ont envoyé de la marchandise [qu’un incident est survenu]. Est-ce que le système informatique permet d’avoir un site Web informatif ou des messages par courriel qui avertissent des ralentissements? Tout cela fait partie d’un plan de communication qu’il faut préparer dans le cas d’un plan de continuité des affaires. Ce n’est pas qu’une question de réseau étendu ou d’accès sécurisé », souligne-t-il.

D’ailleurs, M. Bolner croit que les entreprises qui se préparent à la continuité des affaires de la sorte pourront être incitées à intégrer le travail à distance dans les moeurs organisationnelles. « L’utilisation du télétravail constitue une forme de pratique du test de continuité des affaires », affirme-t-il.

À lire dans Direction informatique

Dans la prochaine édition de notre magazine, M. Bolner traitera de l’importance des exercices de pratique du recours au télétravail. Aussi, Diane-Gabrielle Tremblay, professeure et titulaire d’une chaire de recherche, commentera la perception actuelle du télétravail au sein des organisations.

Jean-François Ferland est journaliste au magazine Direction informatique.




À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland a occupé les fonctions de journaliste, d’adjoint au rédacteur en chef et de rédacteur en chef au magazine Direction informatique.


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