GFI Solutions : accroître les affaires électroniques par la synergie des clients


Jean-François Ferland - 04/06/2009

En achetant Fortsum, GFI Solutions croit avoir tous les morceaux pour offrir des solutions complètes d’affaires électroniques aux PME au Québec. Le président Gilles Létourneau envisage un grand potentiel d’informatisation à même les clientèles de divers créneaux des entités acquises ces dernières années.

Rencontré quelques jours après la conclusion de l’acquisition de l’éditeur de logiciels comptables Fortsum Solutions d’affaires, le président de GFI Solutions, Gilles Létourneau indique que l’acquisition de l’entreprise qui a été longtemps connue sous le nom de Fortune 1000 a été motivée par son existence d’un quart de siècle, sa reconnaissance et sa renommée.

Mais, c’est le rôle prédominant dans le marché de la PME, dans son créneau, qui a suscité l’intérêt de l’acquéreur. GFI Solutions, qui avait acquis l’an dernier Bell Solutions d’affaires – spécialisée en progiciels de gestions intégrés, aurait ainsi complété la gamme de produits qu’elle voulait avoir dans son portefeuille. L’objectif, selon M. Létourneau, est d’aider les clientèles des diverses solutions à faire des affaires électroniques entre elles.

« Lorsqu’on regarde les entreprises dont la taille se situe entre 5 et 500 employés, ce qui constitue le Québec, on retrouve une population très importante [de clients de] Fortsum, dont les spécialisations nous intéressaient. On ne fait pas que rajouter des briques à notre mur : on ajoute des interrelations fortes entre les entreprises qui nous touchent. [Entre] les entreprises touchées par Fortsum et les nôtres, le réseautage d’affaires est énorme ».

Il donne l’exemple des entrepreneurs en construction qui doivent obtenir des permis des villes, acheter des produits dans les centres de matériaux, transiger avec un notaire et verser des déductions salariales au gouvernement. « On parle beaucoup d’affaires électroniques, mais il y a très peu d’échanges électroniques entre les intervenants. Le paiement électronique commence, mais la PME ne fait que quelques achats et commence à payer des déductions à la source par virement électronique au gouvernement. Par ailleurs, la petite PME ne transige pas beaucoup [de cette façon] », constate-t-il.

De plus, GFI veut offrir aux organisations des moyens d’interconnexion électronique avec les institutions financières et les gouvernements, des domaines où GFI détient près de 20 ans d’expérience en arrière-guichet et en monétique. « Si un progiciel de gestion intégré, peu importe le marché vertical où on se trouve, permet une telle interconnexion, c’est plus facile pour les intervenants des petites entreprises, qui souvent gèrent l’informatique avec peu de ressources ou pas du tout, de réaliser des interactions électroniques », indique M. Létourneau.

Pour le transfert électronique d’information, M. Létourneau croit qu’il sera possible d’offrir à la petite entreprise un niveau de communication interentreprises, avec des économies de coûts et un niveau de sécurité, d’un calibre jusqu’à présent réservé aux grandes entreprises.

« Juste au Québec, en ajoutant les clients de Fortsum, nous avons près de 45 000 clients. C’est énorme. Quand on a une telle masse, on a les moyens de développer des technologies transactionnelles qu’on n’a pas avec 3 000 à 5 000 clients ou quand on n’a pas les spécialisations. […] Nous voulons établir une plate-forme unique au Québec, qui n’existe pas au Canada. C’est ce que nous démontrerons au cours des prochains mois, avec les liens que nous établirons entre nos différentes solutions. »

M. Létourneau ajoute que son entreprise exploite une autre unité de services, celle de l’impartition, où des clients de progiciels démontrent un intérêt à confier des services techniques ou des applications.

Autonomies

GFI Solutions a grossi rapidement au cours des dernières années. L’entreprise compte maintenant 970 employés et un chiffre d’affaires supérieur à 100 M$.

Alors que l’intégration de Fortsum va bon train et que les échanges avec le personnel de l’entreprise acquise sont productifs, l’intégration technique de Bell Solutions d’affaires, renommée GFI Solutions d’affaires, est terminée. M. Létourneau indique que la culture orientée vers les produits de GFI, similaire à celle de l’organisation acquise, a facilité l’intégration au niveau humain.

« Les unités achetées par Bell Solutions d’affaires, [une division] d’une multinationale, étaient à l’origine des petites entreprises avec une âme, une façon de faire et un produit avec lequel elles s’étaient démarquées, explique-t-il. Les gens qui les géraient déjà étaient beaucoup ‘plus près de nous’. L’intégration humaine est la plus importante à réaliser, car si on n’arrive pas à se comprendre et à transiger à l’interne avec la compréhension de ce qu’est un produit, qu’il faut y investir et donner le meilleur service pour garder nos clients, cela ne marchera pas. »

« Dans chaque acquisition, on obtient toujours des bonnes idées, des façons de faire et des pratiques différentes qui enrichissent le reste du groupe. La question est de rester ouvert à cela et de s’assurer que les gestionnaires sont capables d’aller chercher les forces qui existent dans les autres unités. »

M. Létourneau précise que GFI Solutions a recours à des services partagés, comme les ressources humaines, mais laisse une autonomie aux unités d’affaires qui ont leur propre marketing, centres de développement et vendeurs.

D’ailleurs, cinq ans se sont écoulés depuis la fusion entre l’entreprise montréalaise Conceptum et l’entité québécoise de l’entreprise française GFI Informatique pour former GFI Solutions, M. Létourneau relate qu’à l’époque le Canada faisait partie de la catégorie ‘autre partie du monde’ chez GFI. « La transaction avec GFI avait pour but la croissance et la réalisation d’acquisitions plus importantes, ce qui a été fait dès 2005 avec les achats d’Imagina et Accovia.

« Le fait qu’on est à 6 000 km [de la France] a permis de toujours garder une autonomie, alors que nous sommes l’unité la plus rentable au sein du groupe. Ils nous laissent faire parce que nous faisons de bonnes affaires, indique M. Létourneau. Mais les échanges sont très minces, car nous ne sommes pas le même type d’entreprise. Nous sommes plus dans un modèle de solutions informatiques qu’eux, qui sont surtout dans le conseil ». Il précise aussi que l’importation de solutions françaises aurait été trop ardue en raison des différences entre les procédés commerciaux dans les deux pays.

Optimisations en vue

Selon le patron de GFI Solutions, l’entreprise sera active à plusieurs niveaux au cours des prochains mois.

Notamment, une réunion stratégique sera réalisée dans quelques jours avec les gens qui oeuvrent pour les divers produits du portefeuille. « Il ne faut pas que [ces gens] travaillent en silo. Oui, ils doivent penser à leur clientèle directe à travers une ligne d’affaires, mais ils doivent comprendre comment on peut les relier à tous nos clients, aux banques ou aux gouvernements de façon plus efficace ».

L’entreprise oeuvrera aussi à la centralisation des meilleures pratiques pour les fonctions des modules de commodité, en éliminant les dédoublements de produits, pour mieux concentrer les énergies de développement sur l’ajout de modules spécialisés qui apporteront une valeur ajoutée aux clients.

Pour le plan directeur des produits, M. Létourneau demande aux équipes de développement de penser aux ajouts potentiels et de les valider avec des groupes témoins, en rapport aux orientations des prochaines années des clients. L’augmentation du bassin de clients de GFI Solutions, via les acquisitions des dernières années, pourrait permettre à l’intensification du développement des solutions d’intérêt pour un nombre élargi d’organisations.

En parallèle, les centres de développement de Montréal et de Québec collaboreront davantage et utiliseront moins de plates-formes de développement, afin d’optimiser le travail destiné aux clients. Aussi, l’approche du logiciel service fera l’objet d’un développement accru pour répondre aux besoins des PME qui n’ont pas toujours les ressources requises pour l’exploitation en interne des applications informatiques.

Quant aux autres perspectives d’avenir, M. Létourneau considère que l’entreprise a la grosseur minimale requise pour être transigée sur le parquet principal de la bourse TSX, mais il considère que le contexte économique ne s’y prête pas, d’où la décision de fermer le capital de Fortsum.

Entre-temps, M. Létourneau envisage une expansion canadienne, alors que l’entreprise a déjà des bureaux à Toronto et Winnipeg, entre autres par l’adaptation de produits actuels et la réalisation d’acquisitions. « Nous ne cherchons plus à élargir les créneaux dans lesquels nous sommes, mais nous voulons consolider ou devenir le joueur de référence dans le milieu », indique-t-il.

Jean-François Ferland est journaliste au magazine Direction informatique.




À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland a occupé les fonctions de journaliste, d’adjoint au rédacteur en chef et de rédacteur en chef au magazine Direction informatique.


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