Gestion peu rigoureuse des projets fédéraux en TIC


Jean-François Ferland - 01/12/2006

La vérificatrice générale déplore les coûts élevés, la gestion non rigoureuse et l’accès difficile à l’information à propos des grands projets de technologies de l’information du gouvernement canadien.

Le Bureau du vérificateur général du gouvernement du Canada, dans la dernière édition de son rapport annuel, fait état de la présence de lacunes au niveau des grands projets de technologies de l’information du gouvernement fédéral, tout comme d’un manque de supervision et de coopération en la matière par le Secrétariat du Conseil du Trésor.

Dans un chapitre de son rapport consacré au sujet, la vérificatrice générale, Sheila Fraser, indique que le gouvernement du Canada « continue d’éprouver de sérieuses difficultés à gérer de grands projets de technologies de l’information, et cela, malgré un cadre de pratiques exemplaires qui date de 1998. » La vérificatrice confirme la responsabilité des projets par les ministères impliqués, mais elle souligne que le Secrétariat du Conseil du Trésor doit jouer un rôle de premier plan pour assurer de l’alignement des projets avec les priorités et l’adoption de saines pratiques de gestion par les responsables de ces projets.

En indiquant que le gouvernement fédéral a approuvé l’octroi de 8,7 milliards de dollars depuis 2004 pour la réalisation de nouveaux projets où les TIC jouent un rôle d’importance, la vérificatrice rapporte que « seulement deux des sept grands projets examinés ont satisfait à tous les critères d’une bonne gestion de projets. » Les deux projets en question sont Mon dossier et Mon dossier d’entreprise de l’Agence du revenu du Canada et le Recensement en ligne de 2006 de Statistique Canada.

Au sujet des projets insatisfaisants, Madame Fraser déplore leur approbation alors que les analyses de rentabilisation étaient incomplètes ou fondées sur des renseignements non corroborés par des preuves, ainsi que leur initialisation malgré le manque d’expérience et de compétence en gestion de projets et l’incapacité à utiliser les systèmes pour améliorer les programmes de la part du personnel des ministères impliqués.

Accès à l’information entravé

Par ailleurs, la vérificatrice fait état d’un refus d’accès à la plupart des analyses et des données reliées à ces projets par le Secrétariat du Conseil du Trésor. L’entité gouvernementale aurait prétexté la nature confidentielle des renseignements liés à ces projets pour expliquer ce refus de coopération. Ainsi, la vérificatrice n’a pu déterminer si « un processus complet et rigoureux pour la surveillance et l’examen critique des projets de technologies d’information dans les ministères » avait été effectué par le Secrétariat pour les projets en TIC.

Madame Fraser a d’ailleurs consacré dans son rapport un chapitre au sujet de cette entrave à l’accès à l’information. Toutefois, la vérificatrice fait état de l’établissement d’une solution satisfaisante avec le gouvernement à propos de l’accès à l’information clé, ce qui a été confirmé par l’adoption d’un décret le 6 novembre dernier.




À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland a occupé les fonctions de journaliste, d’adjoint au rédacteur en chef et de rédacteur en chef au magazine Direction informatique.


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