IBM fête ses cent ans (2/2)

Le 16 juin dernier, le fournisseur de solutions informatiques IBM a fêté le centième anniversaire de sa fondation.

Voici une deuxième série d’innovations et de moments marquants dans l’histoire de l’entreprise, dont plusieurs ont transformé le travail des organisations ou la vie en société.

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1968 – La mémoire vive DRAM

En 1968, IBM obtient un brevet pour la mémoire vive dynamique (Dynamic Random Access Memory, ou DRAM en anglais), qui a été inventée par le chercheur Robert Dennard (voir l’icône).

Ayant recours à un seul transistor, cette mémoire vive permet aux ordinateurs centraux de bénéficier d’un tampon pour les données qui sont stockées sur des disques durs durant le traitement de l’information. Elle accélère ainsi l’accès et l’utilisation de l’information.

La mémoire vive dynamique, avec les microprocesseurs à faible coût, contribuera éventuellement à l’essor de l’informatique personnelle.

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1969 – La bande magnétique

En 1969, une norme est établie aux États-Unis pour la bande magnétique au dos des cartes de paiement et d’identité. Une norme internationale sera établie en 1971.

Cette technologie émane des travaux effectués au début des années 1960 par Forrest Parry, un ingénieur chez IBM, qui cherchait à combiner une bande magnétique à une carte d’identité destinée aux membres de la CIA. Lorsqu’il en a parlé à sa femme, qui repassait des vêtements, cette dernière lui a suggéré d’utiliser un fer à repasser pour faire fondre la bande magnétique sur la carte.

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1969 – Objectif Lune

Le 21 juillet 1969, les astronautes Neil Armstrong et Buzz Aldrin se posent sur la Lune. Ils couronnent ainsi plusieurs années de travaux à la NASA, mais aussi chez IBM où 4 000 employés ont produit les ordinateurs et les logiciels qui ont servi à lancer les fusées du programme Apollo et à guider les capsules lors des retours sur Terre.

Des ingénieurs et des techniciens d’IBM ont assemblé les unités de guidage des fusées Saturn, établi un réseau de stations et de bateaux de relais pour suivre et communiquer avec les vaisseaux spatiaux, et créé des circuits intégrés miniaturisés afin de loger l’équivalent d’un ordinateur S/360 dans un boîtier de la taille d’une valise.

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1971 – La disquette

En 1971, IBM commercialise la première disquette dont le disque mesure huit pouces de diagonale. Une disquette contient alors l’équivalent en données de 3 000 cartes perforées.

Des ingénieurs d’IBM avaient amorcé en 1967 le développement d’un système de chargement des instructions et d’installation de mises à jour pour les ordinateurs centraux. Ils ont créé un disque fait en Mylar qui est recouvert d’un matériau magnétique, qui a été inséré dans une enveloppe durable dont une composante retenait la poussière.

La disquette a contribué à l’émergence d’une industrie du logiciel, qui compterait aujourd’hui plus de 10 000 entreprises à l’échelle mondiale.

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1974 – Le code à barres

En 1974, un produit doté d’un code à barres – un paquet de gommes – est balayé pour la première fois à la caisse d’un supermarché.

Un encodage circulaire avait été inventé à la fin des années 1940 par N. Joseph Woodland du Drexel Institute of Technology, mais il fut jugé encombrant au début des années 1970 par l’industrie de l’alimentation qui voulait automatiser des processus à la caisse. Woodland – alors à l’emploi d’IBM – créa un encodage à barres verticales tandis que d’autres employés développèrent un prototype de lecteur laser.

À l’automne 1973, peu après l’adoption d’une norme par l’industrie de l’alimentation, IBM commercialise le système 3660 qui inclut une caisse enregistreuse numérique et un balayeur laser.

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1981 – Le « PC »

En 1981, IBM commercialise le Personal Computer, son premier modèle d’ordinateur personnel.

À la fin des années 1970, alors que les fabricants d’ordinateurs personnels se multiplient, le gestionnaire William C. Lowe dit au chef de la direction d’IBM Frank Cary qu’il faut acheter un de ces fabricants ou construire soi-même des micro-ordinateurs qui seraient vendus 1 500 $US l’unité. Pour la première fois de son histoire, IBM a recours à des fournisseurs externes pour le processeur (Intel), le système d’exploitation (Microsoft), le moniteur (IBM au Japon) et l’imprimante (Epson).

IBM fait de son micro-ordinateur un produit à architecture ouverte, ce qui permet le développement de logiciels et de périphériques par des tiers – d’où l’expression « ordinateur compatible IBM ». IBM a vendu sa division des ordinateurs personnels à Lenovo en 2005.

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1987 – L’essor d’Internet

En 1987, IBM, MCI, l’État du Michigan et un consortium d’universités obtiennent de l’organisme National Science Foundation un mandat de construction d’un réseau dorsal, fondé sur le protocole TCP/IP, pour interrelier les réseaux informatiques de centres universitaires régionaux et de centres de supercalculateurs.

IBM établit une chaîne de montage pour assembler, configurer et tester des systèmes qui sont ensuite déployés sur des sites. En juillet 1988, les communautés de recherche ont accès à un réseau qui interrelie 170 réseaux informatiques à l’échelle des États-Unis.

Le réseau NSFNET (National Science Foundation Network) est qualifié par IBM de « lent, compliqué et peu convivial », mais il constitue le précurseur du réseau commercial Internet qui est apparu en 1995.

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1995 – Les affaires électroniques

En 1995, le chef de la direction d’IBM Louis Gerstner envisage la capacité d’Internet à soutenir un grand nombre de communications et de transactions entre les gens et les entreprises. Il entrevoit un déplacement des charges de travail des ordinateurs personnels vers les systèmes commerciaux et Internet.

Dans un univers informatique dominé par le PC, la vision de M. Gerstner intéresse peu les analystes et les spécialistes. IBM crée l’expression « affaires électroniques » (e-business en anglais) et consacre 500 M$US à une campagne de publicité et de marketing pour la promotion de son offre commerciale. Ce nouveau créneau contribuera à faire croître les revenus d’IBM de 64 G$US en 1994 à 88 G$US en 2000.

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2000 – Adoption de Linux

En 2000, IBM annonce son adoption du système d’exploitation à code source libre Linux à titre d’élément stratégique pour ses systèmes informatiques.

En 2001, IBM offre le système d’exploitation pour ses serveurs et rend ses logiciels commerciaux compatibles au SE. Aussi, l’entreprise consacre 1 G$US au soutien du mouvement Linux et met plusieurs de ses ressources à la disposition de la communauté de développeurs, afin que le système d’exploitation soit amélioré pour une utilisation en entreprise.

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2004 – Blue Gene

En 2004, IBM dévoile le superordinateur Blue Gene qui est à l’époque le plus puissant, le plus écoénergétique et le plus compact des systèmes informatiques de haute performance.

Destiné à l’observation du repliement des protéines et du développement des gênes par les biologistes, Blue Gene a été conçu et fabriqué durant cinq années, au coût de 100 M$US, par IBM et par un laboratoire du département de l’Énergie des États-Unis.

Ses 131 000 processeurs peuvent exécuter 280 billions (280 000 milliards) d’opérations à la seconde. Chacun de ses bâtis contient 1 024 noeuds de deux microprocesseurs. Un nouveau procédé de fabrication regroupe 32 processeurs dans une seule micropuce.

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2004 – World Community Grid

En 2004, IBM établit le réseau d’informatique distribuée World Community Grid, où plus de 500 000 personnes dans 80 pays mettent la puissance de traitement de plus d’un million d’ordinateurs branchés à Internet à la disposition de la recherche humanitaire.

Lorsqu’un ordinateur est en veille, un logiciel client obtient des données à partir d’un serveur pour un projet de recherche qui est réalisé par une organisation publique ou à but non lucratif. Les résultats des calculs effectués par l’ordinateur sont retournés au serveur.

IBM a fait don de matériel, de logiciels, des services et de l’expertise nécessaires pour établir l’infrastructure requise par ce projet d’informatique distribuée.

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2008 – La barrière du « pétaflop »

En 2008, le superordinateur Roadrunner d’IBM qui est utilisé par un laboratoire du gouvernement américain à Los Alamos franchit la barrière du « pétaflop », soit l’exécution d’un million de milliards d’opérations en virgule flottante à la seconde.

Ce superordinateur dédié à la gestion l’arsenal nucléaire des États-Unis est doté de processeurs x86, mais aussi de 12 960 PowerXCell 8i d’IBM qui servent d’accélérateurs lors de la réalisation de certaines portions d’un calcul.

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2011 – Watson

En 2011, l’ordinateur Watson d’IBM remporte une partie du jeu-questionnaire télévisé Jeopardy! Composé d’une grappe de dix bâtis contenant 90 serveurs, pour un total de 2 880 coeurs de processeurs, Watson utilise le logiciel DeepQA pour analyser des milliers de documents contenant de l’information non structurée qui proviennent de sources commerciales et publiques.

Des algorithmes analysent une question pour trouver des réponses plausibles et établissent un degré de confiance pour chaque réponse. Watson cherche ensuite des preuves qui valident ou invalident une réponse, puis d’autres algorithmes en évaluent le degré d’importance. La réponse appuyée par les meilleures preuves est donnée par l’ordinateur, qui réalise tout le processus en trois secondes.

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Jean-François Ferland a occupé les fonctions de journaliste, d'adjoint au rédacteur en chef et de rédacteur en chef au magazine Direction informatique.