Croissance partielle de l’emploi en jeu vidéo au Québec en 2009


Jean-François Ferland - 10/09/2009

L’analyse de l’emploi dans l’industrie du jeu électronique au Québec en 2009 révèle que le nombre d’emplois créés a été moindre que ce qui a été prévu. Toutefois, en raison d’une diminution du nombre d’entreprises et de l’absence des réponses de plusieurs organisations, il est difficile de saisir l’état actuel de l’industrie et sa progression réelle en un an.

L’analyse partielle du marché pour l’année 2009, qui a été effectuée en juin dernier, fait état de 6 293 emplois directs qui sont attribués à 39 entreprises. Plus précisément, 5 183 postes dans 33 organisations ont trait au développement de jeux, 779 occupations professionnelles dans 3 entreprises sont liées au test et à l’assurance de la qualité et 331 emplois dans trois entreprises ont trait à des logiciels et des services de soutien aux entreprises du secteur.

Croissance moindre

Ainsi, 248 nouveaux emplois auraient été créés en douze mois, ce qui représenterait une croissance annuelle de 4 %. Toutefois, les rédacteurs de l’étude soulignent que la croissance est moindre que ce qui avait été prévu en raison d’une diminution des emplois au sein des entreprises.

Dans notre article à propos de l’étude réalisée pour l’année 2008 nous indiquions qu’une croissance de l’emploi de 25 % avait été envisagée pour la période allant de juin 2008 à juin 2009.

L’étude de 2008 avait fait état de 4 674 emplois dans 33 entreprises, ce qui signifie que les données pour 2009 représentent une croissance de 11 % d’année en année. Alors que 492 emplois dans quatre entreprises étaient associés au test et à l’assurance de la qualité en 2008, les emplois occupés dans ce créneau en 2009 constituent une croissance de 58 %. Toutefois, 879 emplois dans des entreprises de logiciels et de services de soutien existaient dans 11 entreprises en 2008, ce qui signifie que l’emploi dans ce créneau av chuté de 62 % douze mois plus tard.

Répartitions

Selon la répartition régionale des emplois, 5 061 postes dans 25 entreprises sont situés dans la région de Montréal, 936 dans sept organisations sont localisés dans la région de Québec et 296 emplois dans sept organisations situées ailleurs dans la province.

32 % des employés du secteur oeuvreraient en programmation, 24 % à des tâches associées au contrôle de la qualité et 23 % exécuteraient des fonctions de production artistique. Les domaines de la conception de jeux et de la gestion de la production accapareraient chacun 10 % des emplois.

96 % des emplois sont des postes à temps plein et 4 % constituent des boulots à temps partiel. 93 % des postes seraient permanents et 7 % des emplois seraient contractuels.

Prévisions à court terme

Pour l’avenir à court terme, TechnoCompétences fait état d’une prévision de croissance de 14 % de l’industrie du jeu électronique de juin 2009 à juin 2010. Ainsi, pas moins de 900 nouveaux emplois pourraient être créés d’ici l’été prochain, ce qui hausserait le total de la main-d’oeuvre en jeu vidéo à près de 7 200 personnes. L’emploi en développement de jeux vidéo pourrait croître de 15 % (756 nouveaux postes) et l’emploi en test et assurance qualité pourrait grimper de 19 % (145 nouveaux emplois), mais le créneau des logiciels et services de soutien ne pourrait faire l’objet que d’une hausse de l’emploi de 1 % (3 personnes). De plus, 83 % des nouveaux emplois seront permanents et 91 % de ces nouveaux postes seront à temps plein, ce qui sera en dessous des niveaux actuels.

En juin 2011, près de 8 000 personnes pourraient oeuvrer dans ce secteur industriel, ce qui constituerait une augmentation annuelle de 10 %.

Défis d’embauche

L’étude de TechnoCompétences souligne qu’une majorité d’organisations (70 %) seraient confrontées à des enjeux en matière de recrutement de la main-d’oeuvre.

C’est le métier de programmeur qui susciterait le plus d’inquiétudes, bien qu’il se situe au troisième rang en terme d’embauche d’ici 2010. Les carences qui font le plus défaut dans le profil des candidats, en ordre d’importance, seraient liées à l’expérience, à la formation et au niveau de talent.

Chez les artistes, qui occupent autant le deuxième rang de la croissance prévue de l’emploi que celui des métiers faisant l’objet de difficultés de recrutement, les enjeux les plus souvent mentionnés par les répondants seraient liés au manque d’expérience, au talent et à la formation appropriée.

Les travailleurs spécialisés en test et en contrôle de la qualité, qui feront l’objet de la croissance la plus importante d’ici 2010, ne font pas l’objet de difficultés de recrutement puisque les préalables à l’embauche sont moins élevés que d’autres corps de métiers.

Portrait partiel

Il est important de souligner le caractère partiel de cette analyse. D’une part, huit petites organisations auraient refusé de répondre au sondage. D’autre part, TechnoCompétences indique que l’industrie québécoise serait composée d’environ 60 entreprises, ce qui signifie que les données relatives à 13 entreprises ne sont pas incluses dans ce portrait sectoriel.

D’autre part, l’étude réalisée pour l’année 2008 avait fait l’objet d’une participation de la part de 73 entreprises. L’organisme spécialisé dans l’analyse de la main-d’oeuvre dans les TIC au Québec souligne que 28 entreprises sondées l’année précédente auraient fermé leurs portes, auraient fait l’objet de fusions ou n’oeuvreraient plus dans le secteur du jeu vidéo.

Par ailleurs, seulement 35 entreprises sur les 39 organisations participantes ont fourni des informations quant à leurs intentions en matière d’embauche pour la période 2009-2010.

Jean-François Ferland est journaliste au magazine Direction informatique.




À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland a occupé les fonctions de journaliste, d’adjoint au rédacteur en chef et de rédacteur en chef au magazine Direction informatique.


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