Visite du cœur mobile des télécommunications en Formule 1

10/06/2014

Jean-François Ferland

Jean-François Ferland

BLOGUE – Le Centre de communications F1 est le centre névralgique où transitent la voix, l’image et les données officielles des Grands Prix de Formule 1. Visite privilégiée des lieux.

Dans le cadre du Grand Prix du Canada, le fournisseur de services de télécommunications Tata Communications, à titre de partenaire de services de connectivité du Championnat du monde de Formule 1, a convié quelques journalistes à visiter le Centre de communications F1 où transite l’information audiovisuelle et le contenu officiels qui ont trait aux épreuves de course.

De prime abord, mentionnons qu’il est interdit de photographier, de filmer ou d’enregistrer du son à l’intérieur du Centre de communications F1. Le seul contenu visuel qu’il est permis d’utiliser pour représenter l’endroit se résume aux deux photos qui illustrent cet article. C’est dommage, car ce centre renferme une quantité impressionnante de composantes qui ferait l’envie des gestionnaires des parcs technologiques des organisations québécoises.

Centre de communications F1Le Centre de communications F1, situé près du virage Senna sur l’île Notre-Dame lors du Grand Prix du Canada, mesure 15 mètres de largeur par 45 mètres de profondeur – il est plus petit qu’une patinoire officielle de hockey. Ses parois métalliques, qui ceinturent une superficie divisée en plusieurs locaux, sont surmontées d’un dôme. Au-dessus de la surface de travail, un boudin troué sert à ventiler et tempérer les lieux.

« Il est important de contrôler la température, mais surtout la condensation qui nuirait au fonctionnement de l’équipement. À certains endroits, par exemple en Malaisie où le climat est très humide, il faut à tout prix éviter qu’il y ait de la condensation dans le Centre », explique Pete Samara, directeur du groupe de recherche et développement chez Formula One Management, qui fait visiter les lieux.

La première moitié du Centre de communications F1 est constituée de locaux à portes coulissantes, soit des ateliers et du rangement ainsi que des bureaux de part et d’autre du couloir. Sur les parois du couloir, on voit des images de composantes technologiques historiques et modernes qui ont servi ou servent au déroulement d’une course, à la captation audio et vidéo, à la transmission de l’information autour du circuit et à l’envoi du contenu vers des canaux électroniques, notamment pour la télédiffusion à la télévision. Sur une photo, on voit un système composé de deux boîtiers noirs qui contiennent des émetteurs de laser. Ce système, technologiquement rudimentaire, est en fonction à la ligne de départ-arrivée du Gilles-Villeneuve afin de capter l’ordre de passage des voitures en cas de pépin technique.

« Même s’il y a une panne majeure, voire une panne totale de nos systèmes, il faut absolument connaître l’ordre des pilotes, surtout à la fin de la course », souligne avec emphase M. Samara.

Lorsque le Grand Cirque de la Formule 1 se promène hors de l’Europe, trois avions cargo servent à transporter tout le matériel des équipes de course et des gestionnaires. D’ailleurs, la moitié de cette capacité est utilisée par Formula One Management et une bonne partie de l’équipement a trait au Centre de communications F1, où travaillent 70 personnes.

Technologie et robustesse

Dans la deuxième partie du Centre, des dizaines de personnes s’activent dans deux grandes salles devant des stations de travail à l’apparence particulière. De gros caissons robustes, conçus en fonction de la réglementation pour le transport aérien, contiennent de l’équipement informatique et technologique et des écrans plats. Sur une surface de travail rabattable, des ingénieurs analysent des données et des graphiques et observent des images.

Chaque station est dédiée à une tâche précise : allocation de l’information, information de chronométrage et de positionnement des voitures le circuit, éléments graphiques destinés à la télévision, données de télécommunications, audio, liaisons sans fil, vidéos (caméras autour du circuit et à bord des voitures), etc. Pour ajouter au caractère particulier du Centre de communications F1, les parois en métal qui se trouvent au pourtour de sa structure, à l’intérieur, servent de panneaux de protection des stations de travail, aux fins du transport par camion et par avion!

À l’extrémité de la bâtisse démontrable, une grande salle sert de centre de production pour la télédiffusion des courses à la télévision. Devant des dizaines d’écrans plats de télévision et une console d’aiguillage, un réalisateur et des assistants choisissent ce qui sera transmis par le signal audiovisuel officiel de Formula One Management aux télédiffuseurs dans le monde entier. Sur un côté de la salle, d’autres personnes scrutent des écrans afin de déceler tout événement d’intérêt dans les images qui sont captées par 35 caméras autour du circuit et par les caméras à bord des voitures et dans les puits.

Pour terminer la visite, les journalistes retournent sur leurs pas pour visiter un petit local qui est dédié aux activités de Tata Communications (voir photo ci-dessous). Tata Commuinications, à titre de partenaire, fournit des services de livraison du contenu, de colocation et d’hébergement, de connectivité et de transmission de l’information, tout comme de l’hébergement du site F1.com. Lors de notre visite, un employé de Tata Communications veillait à ce que l’information qui sortait du Centre de communications F1 soit acheminée sans heurt sur les réseaux de télécoms vers un centre de données en Angleterre, par le biais d’une liaison à 100 Mb/s.

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Pete Samara souligne que toutes les données transitent par le biais des bureaux montréalais de Tata Communications, qui se trouvent dans le Parc d’entreprises de la Pointe-Saint-Charles (autrefois nommé Technoparc), qui se trouvent à quelques kilomètres à la nage du circuit Gilles-Villeneuve.

Interrogé quant à la procédure qu’il utilise pour l’ajout de nouvelles composantes technologiques dans le Centre, M. Samara indique qu’il réalise des essais d’équipement en tout temps, autant lors d’une fin de semaine de course qu’entre les épreuves. « Nous intégrons une composante lorsqu’elle a été pleinement testée. Nous ne l’ajouterons pas simplement pour que son fournisseur ait son logo dans notre Centre », mentionne-t-il.

La visite est terminée et il faut remettre l’accréditation spéciale au gardien de sécurité. Dès l’ouverture des portes du Centre, on entend le vrombissement des moteurs émaner des paddocks, alors que la deuxième séance de pratique du vendredi est sur le point de débuter. Le dimanche, vingt-deux minutes après la fin de la course, le démontage du centre aura été amorcé et son contenu aura été préparé afin d’être envoyé sur le site de la prochaine course, en Autriche, où une deuxième structure aura été assemblée à l’avance.

À la suite de cette visite d’un centre de communications temporaire d’une telle envergure, la Formule 1 sera suivie au petit écran avec un regard différent…


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Jean-François Ferland

Jean-François Ferland a occupé les fonctions de journaliste, d’adjoint au rédacteur en chef et de rédacteur en chef au magazine Direction informatique.


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