Noces d’argent du Web : on n’oublie pas sa première fois…

13/03/2014

Jean-François Ferland

Jean-François Ferland

Le 25e anniversaire du World Wide Web a été célébré le 12 mars 2014. Chacun se souvient du moment où il a touché à la Toile.

Le WWW, défini par le Grand dictionnaire terminologique de l’Office québécois de la langue française comme un « système basé sur l’utilisation de l’hypertexte, qui permet la recherche d’informations dans Internet, l’accès à cette information et sa visualisation », a été conçu par le chercheur anglais Tim Berners-Lee en 1989. Rapidement, ce système été utilisé dans le milieu de la recherche, puis les établissements d’enseignement.

Illustration du système WWWL’amorce de l’utilisation du « triple W »par les individus et les organisations, dans un contexte non académique, mais plutôt personnel ou corporatif, a eu lieu quelques années plus tard. Au Québec, Communications Accessibles Montréal (CAM) a été en 1992 le premier fournisseur d’accès à Internet grand public, au moyen de liaisons commutées et de modems. En avril 1995, le répertoire de sites « La Toile du Québec » était établi par Chrystian Guy et Yves Williams. À ce sujet, tel qu’illustré dans ce billet de blogue, un échange de type « ligue du vieux poêle », qui impliquait quelques-uns des pionniers numérique au Québec a eu lieu dans Facebook le jour du 25e anniversaire du Web.

J’ai eu mon premier contact avec Internet lorsque j’étais étudiant en journalisme à l’Université Laval. Dans le cadre d’un cours pratique donné par feu Jacques Guay, je rédigeais des articles au journal L’Exemplaire, qui existe encore http://www.exemplaire.com.ulaval.ca/. Un après-midi de 1994, en m’asseyant devant un ordinateur Macintosh dans la salle de rédaction, un ami m’interpelle :

– Hé, as-tu essayé Internet?
– Quoi? Euh, non. Qu’est-ce?
– Regarde ça, c’est trippant!

Et il a ouvert un logiciel qui menait à Archie, un outil d’indexation de contenu qui avait été conçu par deux étudiants et un employé de l’Université McGill. J’ai consacré le reste de ma journée à chercher et lire des fichiers en format texte sur une multitude de sujets. J’appuyais frénétiquement sur le bouton de la souris pour tenter d’obtenir une connexion à tel ou tel serveur FTP. Tel est mon premier contact « le réseau des réseaux. »

Mais c’est quelques jours plus tard, lors de l’utilisation du fureteur NCSA Mosaic que j’ai été exposé au système du World Wide Web. J’ai été émerveillé par la mise en page structurée, les images, le texte formaté, le son et l’animation rudimentaire, mais surtout par les hyperliens qui permettaient de passer d’une page et/ou d’un sujet à l’autre et à l’autre et à l’autre et à l’autre… « C’est bien beau Internet, mais vous être ici pour écrire des papiers! », a dit à peu près en ces mots M. Guay aux journalistes en devenir qui passaient trop de temps à surfer durant son cours. Comme des mouches, nous étions collés à la Toile.

Quelques mois plus tard, sur le campus universitaire, le Service des résidences a amorcé le projet « Voix, images et données » qui allait établir dans chaque chambre un service téléphonique, un service de télédistribution de base et… un service d’accès à Internet. Un soir, trois techniciens étudiants ont configuré durant une bonne vingtaine de minutes le logiciel Trumpet Winsock sur mon ordinateur 486DX40, afin que je puisse me connecter à Internet par le biais d’un réseau Ethernet. Ce fut le début de longues soirées (et nuits) consacrées à l’exploration de contenu qui était créé aux quatre coins de la planète.

Chaque jour, de nouveaux sites étaient ajoutés dans les répertoires de La Toile du Québec et de Yahoo. De pouvoir écouter un match de baseball entre les Indians et les Orioles, transmis en direct par une radio de Baltimore, tout comme d’avoir atteint 300 Kb/s lors du téléchargement d’un fichier sur un serveur japonais, m’avaient fait saisir le potentiel d’Internet. (Lorsque j’ai quitté l’université et été contraint à utiliser une liaison commutée à 28 kb/s, j’ai déchanté un peu, mais c’est une autre histoire…)

L’utilisation d’Internet et de la Toile m’ont incité à proposer au journal étudiant Impact Campus de créer une chronique Internet, que j’ai baptisé « Cl@ir et Net ». Internet et la Toile ont joué un rôle dans mon embauche à Direction informatique, mais aussi dans l’obtention d’un contrat de gestion du site web d’une équipe majeure en course automobile (Team KOOL Green). Internet et la Toile ont permis éventuellement à une amie, qui étudiait avec moi à l’université, de « tomber » sur un de mes textes et de m’envoyer un courriel, ce qui a été l’amorce virtuelle d’une histoire d’amour bien réelle. Internet, ça change une vie… 🙂

Ving-cinq ans après la création du WWW, la vie n’est plus la même. Comme ce fut le cas avec la radio et la télévision, Internet et la Toile ont changé la game. La société, dans tous ses aspects, en est affectée, plus positivement que négativement, espérons-le.

À tout moment, quelque part sur la planète, un individu devient un internaute grâce au Web. Alors que Toile continue d’être tissée et de s’étendre, je souhaite que cet individu soit émerveillé et marqué aussi profondément que je l’ai été il y a vingt ans.

Et vous, comment s’est déroulée votre première fois (sur la Toile)?


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Jean-François Ferland

Jean-François Ferland

Jean-François Ferland a occupé les fonctions de journaliste, d’adjoint au rédacteur en chef et de rédacteur en chef au magazine Direction informatique.


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