L’impartition est morte, vive l’impartition

26/08/2013

Matthieu Demoor

Matthieu Demoor

Le slogan peut faire sourire. Loin d’être annonciateur d’une volonté anarchiste dans les TI, force est de constater qu’un tournant dans la manière d’impartir se produit, que ce soit au Québec ou à l’international.

Définissons tout d’abord ce dont nous parlons : l’impartition… Le terme est moins galvaudé que le Cloud, mais il est tout de même accommodé à toutes les sauces : pour du placement de personnel chez le Client, le remplacement de ressources, l’externalisation de la gestion des TI, la reprise de personnel…

Le propos présent est de parler de la gestion externalisée des TI. Une entreprise confie l’exploitation de tout ou d’une partie de son informatique à un tiers pour qu’il la maintienne en opération, le tout assorti de garanties en termes de disponibilité, de temps d’intervention et de rétablissement des services, par exemple.Illustration du concept d'impartition

Pendant longtemps, la méthode choisie par les entreprises a été de favoriser ce que l’on appelle le global outsourcing en anglais , soit l’impartition (ou externalisation ou l’infogérance) globale en français. « Cher client, je prends tout! Votre personnel, vos ordinateurs, vos serveurs, vos centres de données, le développement l’hébergement  et l’exploitation de vos applications… »  Les avantages de l’approche sont qu’un seul interlocuteur gère la relation, qu’il y a une négociation de tarifs plus avantageux en raison du volume d’affaires et qu’il a l’espérance d’obtenir d’une mécanique fluide et rapide entre le développement et les opérations.

Depuis quelques années, la tendance est à l’impartition sélective. Pourquoi?

On s’est aperçu que tout donner au même joueur n’aide pas à l’amélioration continue des pratiques, ni à leur remise en cause. De plus, on trouve bien plus souvent de l’expertise, de la qualité et de la flexibilité chez des acteurs spécialisés en des périmètres métiers ou technologiques.

L’impartition sélective, c’est choisir la meilleure compétence pour un travail précis. La preuve en est que les grands principes des pratiques exemplaires de type ITIL ou les normes telles que ISO 20 000 préconisent la séparation des rôles pour garantir une qualité de service élevée et, surtout. la pérennité des affaires.

Aujourd’hui, le marché développe de plus en plus sa tendance à l’impartition. En 2013, on estime à 32% le nombre d’entreprises qui feront appel à l’impartition ou qui augmenteront leurs investissements en ce sens. Si on analyse cet article du magazine Baseline, on se rend compte que les tendances à l’impartition concernent majoritairement des périmètres spécifiques de type gestion de la relation client (CRM) ou des opérations (comme le progiciel de gestion intégré SAP). Les résultats obtenus sont l’amélioration des délais de lancement de nouveaux produits ou services dans le marché et, surtout, une satisfaction plus importante des utilisateurs!

L’impartition sélective pose également la question du rôle de la direction des TI. Elle n’est plus une exécutante à la recherche de moyens, mais une pilote de son activité au service de la stratégie de son entreprise. Elle choisira désormais les meilleures options pour livrer un service aux autres directions fonctionnelles de l’entreprise et elle sera en mesure d’afficher des engagements de résultats. Alors, la gouvernance de la relation avec les fournisseurs est une activité en soit qui devient cruciale.

L’avenir est à l’impartition sélective et à la spécialisation! Et vous, avez-vous franchi le pas?


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Matthieu Demoor

Matthieu Demoor

Matthieu Demoor est gestionnaire marketing et des alliances chez LINKBYNET North America.


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