Les quatre critères d’une architecture d’entreprise performante

03/09/2013

Farid Mheir

Farid Mheir

Le livre « EA as Strategy » de Jeanne Ross et coll. du MIT CISR est considéré la référence pour les architectes d’entreprise (AE).

Contrairement à TOGAF, le cadre de travail ouvert de modélisation d’architecture d’entreprise qui propose une méthode et une série d’outils dans un contexte technique, le livre de Ross vise les gens d’affaires spécifiquement. On y présente une méthode permettant de déterminer le niveau d’intégration et de standardisation qui est requis dans les processus, les données et les technologies afin d’atteindre des bénéfices d’affaires précis. De plus, la recherche présentée dans le livre identifie différents stades de maturité de l’architecture dans l’entreprise, chaque niveau donnant accès à des bénéfices précis etea différents.

Dans une vidéo récente, Mme Ross fait une mise à jour sur la recherche de base du livre EA as Strategy. On apprend que les entreprises plus matures ont investi dans la mise en place de plateformes leur permettant de traiter les processus clés. Or la mise en place de ces plateformes ne garantit pas le succès. Il est nécessaire que tous les intervenants de l’entreprise sachent tirer profit de son architecture pour obtenir des bénéfices d’affaires.

À titre d’exemple, la mise en place d’une plateforme SAP ou Oracle dans l’entreprise ne livre pas tous ses bénéfices une fois la technologie installée, mais plutôt une fois que tous les groupes de l’entreprise ont appris à exploiter la nouvelle architecture.

Tirer profit d’une architecture d’entreprise

Mme Ross identifie quatre caractéristiques chez les entreprises qui ont réussi à tirer profit de leur architecture, ce qu’elle appelle les architecture savvy :

  1. La transparence des coûts TI en termes clairs, simples et compréhensibles par tous : les entreprises savvy savent exprimer les coûts TI à la fois en terme des services qui sont rendus aux employés (achat et configuration d’un ordinateur, offrir les services sur le web, sécuriser les données, etc.), et en termes techniques (coûts des serveurs, de l’hébergement, des employés, etc.).
  2. La gestion des exceptions par les projets plutôt que par un groupe centralisé lent et bureaucratique. Ceci implique une connaissance et une compréhension de l’architecture de l’entreprise et des règles permettant d’y déroger.
  3. La revue et la mise à jour des dossiers de décision tout au long de la vie des projets, pas seulement à la fin. Le message est clair : si le dossier de décision (business case) n’est plus réalisable ou si les bénéfices ne sont plus quantifiables, il est important de recentrer le projet, voire même de l’arrêter en cours de route.
  4. La priorisation des investissements TI pour s’assurer que l’architecture soit intégrée et standardisée.  Ceci implique la priorisation de projets qui ne livrent pas des fonctions d’affaires immédiatement, mais qui contribuent plutôt à établir l’architecture sur laquelle bâtir et tirer les bénéfices dans le futur.

En résumé, les travaux de Ross démontrent encore que l’architecture doit être appliquée dans tous les secteurs de l’entreprise et par tous ses intervenants, des lignes d’affaires et des TI. Malheureusement, la recherche révèle que les entreprises restent encore immatures en terme d’architecture, comme l’indique ce tableau ci-dessous qui est tiré de la vidéo :

maturité des entreprises architecture savvy

Les entreprises québécoises sont-elles assez matures? Pour celles qui le sont, ont-elles les quatre caractéristiques proposées par Jeanne Ross pour tirer profit de leur architecture?


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Farid Mheir est consultant en transformation numérique des entreprises chez 28angle Architecture. Site Web: scoop.it/Digital-Tranformation-of-Business


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