Comment les TI bousculent l’industrie du transport automobile

13/03/2015

Delphine Pramotton

Delphine Pramotton

BLOGUE – Nos enfants connaîtront la voiture sans conducteur et nos petits-enfants n’auront peut-être plus à passer de permis de conduire.

Le véhicule autonome de GoogleLa voiture connectée et sans conducteur est à nos portes, ou presque. Du moins, Google, Apple et Tesla, mais aussi les constructeurs automobiles traditionnels, y veillent. Une voiture plus sûre, programmée avec un système anticollision, comme c’est le cas dans les avions, une voiture aménagée pour le travail ou le loisir, une voiture connectée avec des vitres en écran tactile, une voiture au design individualisé et à la maintenance simplifiée par l’impression 3D. Voilà ce qui nous attend!

La compétition mondiale va mettre à mal les constructeurs traditionnels du marché avec l’arrivée de nouveaux joueurs, comme Apple, Google et Tesla. Pour survivre, l’industrie va devoir innover et miser sur la transformation numérique du véhicule, sur ses atouts sécuritaires et écologiques, tout en maintenant une pression sur les coûts très forte.

La voiture digitale et sans conducteur va révolutionner l’économie avec nombre d’opportunités :

1) Les demandes d’achat de véhicules vont diminuer au profit de la location et du paiement à l’usage.

2) Le métier de chauffeur va se transformer, disparaître dans certains cas, ou évoluer vers un rôle d’accompagnateur à forte valeur ajoutée : les retraités, les enfants et les personnes à mobilité réduite seront plus autonomes dans leurs déplacements.

3) Nous aurons moins de contraventions pour excès de vitesse ou stationnement, le gouvernement aura donc un manque à gagner à ce niveau, mais devrait économiser sur le coût des accidents et des poursuites judiciaires qui y sont traditionnellement associés.

4) Il faudra repenser les routes, les équiper de capteurs. Les gouvernements pourraient chercher des partenariats public/privé pour amortir le coût des nouvelles infrastructures et on pourrait voir l’éclosion d’un modèle de routes connectées payantes (ou taxées). Inutile de dire qu’au Québec, avec nos hivers, ces nouvelles routes ne sont pas pour demain… On les verra donc probablement en Californie pour commencer… près de Palo Alto?

5) Les assureurs automobiles seront impactés avec la disparition du chauffeur, il y aura transfert de responsabilité sur les constructeurs. Les accidents seront moins nombreux, mais il faudra une cyberassurance en vue des risques de piratage ou de bogue sur le logiciel autoembarqué.

6) Les taxis, les ambulances, les pompiers et la police vont devoir transformer leur modèle d’affaires pour incorporer de nouvelles flottes de véhicules intelligents.

7) La voiture sera connectée : la radio sera concurrencée par de nouveaux produits Internet.

L’industrie de la personnalisation et de l’équipement auto sera prometteuse avec de nouveaux produits innovants. Le besoin de contrôler, voire d’éteindre, la géolocalisation va se faire sentir. De nouveaux produits logiciels à consommer dans la voiture vont faire leur apparition (les américains parlent d’infotainment pour ces produits récréatifs et d’amusement sur le temps de trajet). Les routes deviennent sociales, mais ça, on le savait déjà avec Uber et avec Waze.

L’industrie du droit en TI va continuer à se transformer avec des implications toujours plus fortes en matière de protection des libertés fondamentales : est-ce que la voiture régule ma vitesse ou ai-je le droit de décider à quelle vitesse je veux aller? L’automobile doit-elle rapporter que je suis passée à 50 km/h dans une zone réservée à 30 km/h? Ma mère doit-elle savoir que je suis allée lui acheter un cadeau, en suivant mon déplacement sur Internet?

Les risques sont eux aussi réels. Le piratage de la conduite aurait un impact direct sur la sécurité du transport. Les bogues divers comme nous les connaissons aujourd’hui sur nos ordinateurs pourraient eux aussi entraîner des problèmes de sécurité ou des accidents.

La solution passe à mon avis, par l’instauration de normes de cybersécurité chez les constructeurs automobiles et un processus de certification pour leur mise en marché (on pourra se référer à mon précédent billet à ce sujet). Elle passe également par un encadrement revu des droits et libertés, qui à mon avis, n’a pas fini d’alimenter les débats.

Et vous, comment pensez-vous que la voiture sans conducteur va impacter votre futur?

Sources :

« Driving Disrupted » : Sparks and Honey

« The road to 2020 and beyond » : McKinsey

« The connected car as a microcosm of the new threat landscape » : Forrester


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Delphine Pramotton

Delphine Pramotton

Delphine Pramotton est associée principale au sein du cabinet Pradel Conseil, stratégie et management des TI.


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