Choix d’un outil de veille stratégique : cinq écueils à éviter

10/01/2017

Delphine Pramotton

Delphine Pramotton

BLOGUE – Les outils de veille stratégique (ou business intelligence et BI en anglais) sont capables d’interpre?ter les grands volumes d’informations, plus ou moins structure?s, de remonter ces donne?es pour en permettre une analyse visuelle et pre?dictive avec des indicateurs optimise?s de performance et de gestion. L’e?volution des outils du marche? dans ce domaine a e?te? tre?s rapide et l’offre, en conse?quence, abonde.

veille stratégique, données volumineuses, Big data

Image : Getty

En matière de choix de solutions d’informatique de?cisionnelle, il existe cependant un certain nombre de risques qu’il faut conside?rer avant d’arre?ter son choix final sur un outil dont il serait cou?teux de se se?parer si des difficulte?s d’inte?gration se?rieuses survenaient. La relation entre le client et le vendeur d’outils de veille stratégique est une relation de de?pendance forte qui engage le groupe dans une relation de longue dure?e. Mieux vaut donc prendre en compte toutes les contraintes avant de faire son choix de?finitif.

Voici donc cinq écueils à éviter :

1. Ne pas identifier les contraintes liées à l’outil avant son acquisition

Avant de faire la se?lection d’un outil, il faut comprendre les diffe?rents processus d’affaire du groupe, l’information cle? dont le groupe a besoin et les syste?mes informatiques sur lesquels il repose. Il faut appre?hender les syste?mes de gestion propres à l’entreprise, identifier les sources de donne?es et la configuration du syste?me actuel pour faire une analyse de l’existant et mesurer l’e?cart entre le re?el et le souhaite?. C’est ainsi que l’on de?finit le syste?me cible a? obtenir, en tenant compte des contraintes de configuration existantes avec lesquelles on doit vivre. Le temps passe? a? lancer correctement le projet en amont est un effort gagne? sur des proble?mes qui, sinon, seront rencontre?s en cours de projet et alors plus longs et cou?teux a? re?soudre.

2. Se?lectionner une marque d’outil pour sa renomme?e sans qu’elle soit force?ment adapte?e au contexte de l’entreprise

Les solutions historiques comme Business Object, Cognos, Sage, SAS et autres sont complique?es et ne conviennent pas forcément à toutes les entreprises. Pour que cela fonctionne, en particulier dans un contexte PME, il faut que l’utilisateur puisse e?tre autonome. L’outil doit donc e?tre oriente? utilisateur et non informatique, ainsi que disposer d’une visualisation statistique ame?liore?e avec des retombe?es ope?rationnelles allant de la finance au marketing. Il existe aujourd’hui un tre?s grand nombre d’outils de veille stratégique. Il est donc important de dresser les crite?res de se?lection propres au contexte  de l’entreprise.  Citons par exemple des critères tels que  :

  • langue de l’outil
  • re?fe?rences dans le secteur de l’entreprise
  • configuration informatique requise
  • nombre d’utilisateurs
  • cou?t d’acquisition et de licences
  • disponibilite? en infonuagique
  • mobilite? : aptitude a? pouvoir consulter la solution sur une tablette ou un te?le?phone
  • solution ETL inte?gre?e
  • aptitude a? prendre tous les formats de source de donne?e (text, excel, XML…).
  • se?curite?
  • transparence de la qualite? des donne?es
  • ergonomie et interface de filtrage interactif et de visualisation des donne?es en temps re?el
  • fonctionnalite? de « print friendly », certains outils n’e?tant pas conviviaux pour l’impression
  • facilite? de maintenance

3. Ne pas conside?rer la re?glementation en matie?re de conservation des donne?es personnelles et la se?curite? des donne?es he?berge?es en nuage.

Il est important d’inte?grer les contraintes lie?es a? la re?glementation dans la conception du mode?le de donne?es clients et en particulier de pre?voir les champs lie?s a? l’obtention du consentement pour la conservation des donne?es. En outre, il faut s’assurer de la se?curite? et de la disponibilite? des donne?es si l’on de?cide de les stocker sur le nuage. A? cela s’ajoutent la prise en compte et le suivi des re?glementations traditionnelles et spécifiques de l’industrie auxquelles est soumise l’entreprise.

4. Ne pas de?finir ses crite?res de succe?s

L’entreprise doit de?finir les objectifs SMART (spe?cifique, mesurable, atteignable, re?aliste, temporel) qui mesureront la re?ussite du projet telle que son e?volutivite? et sa facilite? de maintenance pour des novices.

5. Ne pas prendre en compte le coût total de propriété (TCO ou total cost of ownership en anglais)

Le cou?t d’une solution de veille stratégique ne devrait pas e?tre sous-estime? ni re?duit au cou?t d’acquisition du logiciel. Il est en fait important de conside?rer le coût total de propriété incluant les cou?ts cache?s de maintenance ou d’interope?rabilite? avec certains formats de donne?es.

Quant à vous, quels problèmes avez-vous connus jusqu’à présent sur vos projets de veille stratégique ? En prenant en considération ces cinq points, vous mettez toutes les chances de réussite de votre côté.

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Delphine Pramotton est associée principale au sein du cabinet Pradel Conseil, stratégie et management des TI.
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