Backupenligne.ca: la sauvegarde supervisée, une approche distinctive


Jean-François Ferland - 16/09/2009

Une entreprise de Trois-Rivières commercialise un service automatisé de sauvegarde par Internet où des techniciens confirment la réussite des processus. Son fondateur Mirco Cristoni constate une évolution de la perception des organisations envers l’importance des copies de sûreté et la fiabilité du recours à Internet.

La quantité de contenu numérique qui est créé et exploité par les organisations ne cesse de croître. L’importance accordée à la sauvegarde des données, pour faciliter la reprise des activités en cas de bris, de perte ou de sinistre, tend à progresser. En parallèle, l’offre de services de conservation et de récupération des données qui ont recours à l’Internet s’est développée de façon appréciable au cours des dernières années.

Or, dans l’abondance de fournisseurs de services en ligne de sauvegarde des données qui ont pignon sur la Toile, on retrouve l’entreprise backupenligne.ca de Trois-Rivières qui offre des services de la sorte depuis 2003.

Mirco Cristoni, qui a entamé une carrière dans le domaine des TI en 1997 par la vente d’ordinateurs et d’équipement de réseautique, a eu l’idée dès 1999 d’offrir aux entreprises un service de sauvegarde en ligne qui serait fonctionnel « à 99,9 % ». Ses premières démarches d’obtention de financement ont été vaines, en raison des enjeux de performance d’Internet à l’époque qui étaient liés à l’utilisation de modems et de liaisons téléphoniques commutées.

En 2003, alors que la stabilité et la largeur de bande passante avaient beaucoup évolué, M. Cristoni a pu entamer l’offre d’un service en ligne qu’il a fondé sur trois principes : l’automatisation, la sécurité par l’externalisation d’une copie chiffrée des données hors des lieux physiques de l’entreprise et surtout la supervision où des techniciens vérifient que la sauvegarde a été complétée avec succès. En cas de problème, un contact est établi par courriel ou par téléphone avec le client afin de procéder à une nouvelle sauvegarde au cours des prochaines 24 heures.

« La supervision fait office de réussite, alors que assurons que la sauvegarde fonctionne, mais aussi que les données peuvent être restaurées », indique-t-il.

À l’origine, l’entreprise visait la sauvegarde des fichiers produits par les systèmes de comptabilité des organisations. Aujourd’hui, le contenu sauvegardé par les clients inclut les données de serveurs de messagerie, de serveurs de fichiers et de bases de données, le contenu de postes de travail et d’ordinateurs portables, sous les environnements PC et Mac. La clientèle desservie varie de la grande entreprise au travailleur autonome, en passant par les professionnels.

Rapport de proximité

Sur Internet, les fournisseurs de services de sauvegarde en ligne sont nombreux, à partir de n’importe où sur la planète, à offrir la copie de données aux fins de prévention.

S’il n’existe pas au Canada, pour l’instant, d’obligations légales de conservation des données à l’intérieur des limites d’un territoire étatique, M. Cristoni estime que le lieu d’hébergement des serveurs contenant les données de sauvegarde revêt une importance, mais d’autres facteurs influencent la préférence d’un client pour un fournisseur qui est situé à proximité. « La barrière de la langue et le fuseau horaire sont des choses pour lesquels les clients au Québec sont exigeants. Ils veulent avoir un bon service, surtout en ce qui a trait à leurs données, de quelqu’un qui parle leur langue », indique-t-il.

« Je pense que les gens ici ont été plus sensibilisés à la sauvegarde avec supervision, parce que la différence de coût avec l’envoi des données vers les États-Unis ou l’Europe sans supervision, où le client est laissé à lui-même, n’est pas si grande. C’est un aspect monétaire qu’il ne faut pas négliger pour s’assurer que tout fonctionne […] », considère M. Cristoni.

Surtout, une distinction réside dans la commercialisation du service par le biais d’un réseau de près de 160 revendeurs dans le domaine des TIC de toutes envergures. Ces revendeurs offrent des solutions de sauvegarde à leurs clients et réalisent les étapes liées à la vente et à l’installation des solutions. M. Circoni précise que la relation commerciale établie avec 30 % des revendeurs implique une interaction directe avec le personnel de son entreprise lors d’un problème, alors que le partenaire se chargera de communiquer avec le client et de résoudre la situation.

« Mais la plupart du temps, le client récupère lui-même les données avec notre logiciel ou bien contacte notre service de support technique, ajoute-t-il. Si la quantité de données à récupérer dépasse 45 Go, les données essentielles, notamment en comptabilité, sont transférées via Internet alors qu’un disque rigide est acheminé au client en 24 heures. »

Évolutions

M. Cristoni souligne que les méthodes de sauvegarde ont évolué vers de nouveaux supports ou de nouvelles approches lorsque des problèmes survenaient, dans bien des cas lorsqu’une attention n’avait pas été portée à la réussite du processus.

« C’est souvent quand on en a besoin que ça n’a pas marché, remarque M. Cristoni. À un moment donné, on est confronté à la possibilité que ça ne fonctionne pas ou qu’il y ait des erreurs et qu’on ne sache quoi faire. Nous avons prolongé la façon de faire des rubans magnétiques via Internet, en résolvant l’enjeu de la conservation du ruban sur place, mais pour assurer que cela fonctionne chaque fois nous avons choisi de superviser [la sauvegarde]. De fil en aiguille, cela fonctionne et les gens en sont satisfaits ».

« Ce n’est pas une différence de cinq ou dix dollars par mois qui va faire qu’ils iront vers une simple zone de stockage sur Internet. Nous avons établi un modèle d’affaires, nous avons établi un encadrement – dont l’exploitation d’un centre de données miroir et l’offre d’un historique de 45 jours », ajoute-t-il.

M. Cristoni confirme que la perception de l’importance de la sauvegarde par les organisations a évolué de deux façons distinctes au cours des dernières années, soit envers la réalisation du processus même et envers le recours à Internet. « Il y a quatre ans, les gens étaient négatifs quant à l’envoi des données par l’Internet, alors qu’aujourd’hui des clients de revendeurs leur demandent s’ils ont des solutions de sauvegarde en ligne à leur offrir », souligne-t-il.

Jean-François Ferland est journaliste au magazine Direction informatique.




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À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland a occupé les fonctions de journaliste, d’adjoint au rédacteur en chef et de rédacteur en chef au magazine Direction informatique.


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