Analytique d’affaires : une nouvelle ère s’amorce, selon Daniel Mercier de SAS


Jean-François Ferland - 02/12/2009

Le nouveau directeur des ventes chez l’éditeur de solutions d’analytique SAS Canada estime que les organisations peuvent intégrer sans remous l’analyse de l’information à leurs pratiques courantes, afin de mieux tirer profit de précieuses données. Avec l’information, le passé serait garant de l’avenir…

L’éditeur de solutions d’analytique SAS Canada a récemment convié les médias à rencontrer Daniel Mercier, qui occupe depuis quelques semaines le poste de nouveau directeur des ventes pour l’est du Canada, dont le Québec. M. Mercier a longtemps oeuvré pour le fabricant d’ordinateurs personnels Compaq, puis pour Hewlett-Packard à la suite d’une acquisition au tournant des années 2000.

Ayant assisté à l’évolution de l’ordinateur personnel, du serveur et de l’architecture client-serveur, du stockage puis des progiciels de gestion intégrés, M. Mercier souligne l’importance accrue qui est accordée par les organisations envers la capture de données. Il évoque une étude d’IDC qui affirmait que plus d’information avait été générée que la capacité requise pour la stocker en 2007.

« Lorsqu’on prend du recul, les suites de progiciels intégrés ont atteint un certain niveau [d’adoption], mais une vague qui n’a pas encore été adressée est celle de la recherche d’informations dans les données, indique M. Mercier. Des analyses disent que seulement 4 % à 6 % des données stockées sont utilisées de façon continue – un peu comme le cerveau dont on utilise à peine 3 %. Il y a une énorme quantité d’information qui n’a pas été « travaillée », et on est à un point où les entreprises ont amorcé des régimes pour être plus efficaces. »

« Je crois que nous entrons dans une nouvelle ère d’analyse de l’information, et non seulement des applicatifs pour produire la paie ou faire la facturation. Nous sommes à un autre niveau d’intelligence ou d’analyse, où on sortira vraiment le savoir, l’information de qualité qui servira au gestionnaire à prendre des décisions d’affaires », ajoute-t-il.

Optimisation

Face à l’arrivée d’une nouvelle technologie, les organisations doivent s’adapter au changement. Pour les progiciels de gestion intégrés, les organisations ont dû s’adapter à des procédures, des méthodes et des pratiques qui, souvent, chamboulaient leurs habitudes. M. Mercier croit toutefois que l’adaptation à l’utilisation du savoir peut être plus facile, dans certains cas, à intégrer aux moeurs organisationnelles.

« Prenons l’exemple de l’optimisation de la clientèle, une fonction pour laquelle des solutions [d’utilisation du savoir] existent. Les gens vont continuer à faire des campagnes de marketing, mais ce qui sera différent, ce sera la façon de l’optimiser. On ne demandera pas aux gens de changer de façon radicale la façon de communiquer avec le client, mais plutôt de [définir] quel client sera contacté à quel moment et avec quelle offre », explique-t-il.

« Nous présentons un cas où une organisation qui investissait d’un à deux millions de dollars dans une campagne de communication avec ses clients qui lui rapportait quatre millions de dollars, mais qui était fait un peu à l’aveuglette. Nous démontrons à des clients qu’en faisant une campagne mieux ciblée, avec de l’intelligence et de l’analyse, c’est dix millions de dollars qu’ils pouvaient générer. »

Retour vers le futur

M. Mercier souligne que le domaine de l’analyse de l’information est diversifié en termes de solutions utilisables par les organisations, en donnant l’exemple des ressources humaines qui peut bénéficier grandement de l’analytique.

« Un des phénomènes actuels est l’impact des baby-boomers qui partent à la retraite, entre autres dans le secteur public, mais aussi dans le secteur des TI où on manquera de ressources. Il y aura beaucoup d’investissements pour l’optimisation du capital humain. En appliquant des principes d’analytiques, on sera capable de prédire quel est le groupe d’employés qui est à risque de quitter, ce qui permettra [à une organisation] de mettre en place des programmes pour prévenir une telle situation. »

M. Mercier fournit alors une illustration de l’application de l’analytique d’affaires au sein d’une organisation. « Avec les outils que nous offrons, nous pouvons sortir l’information qui nous donne un journal de la semaine dernière, qui nous indique certains phénomènes et nous permet d’établir des conclusions. Avec des formules, nous pouvons sortir le journal d’aujourd’hui, en présentant des tendances qui pourraient se passer [maintenant]. Mais que se passerait-il si nous pouvions sortir l’édition de la semaine prochaine du journal? »

Le directeur des ventes indique que des tendances changent autant au niveau de la main-d’oeuvre que dans les habitudes des consommateurs, et que l’analytique aide à prédire les impacts de certaines décisions qui découlent de ces nouvelles tendances. Il réfère aussi à une étude de Léger Marketing commanditée par SAS, qui a été réalisée l’an dernier auprès de 347 dirigeants québécois, où 60 % des répondants disaient qu’ils avaient trop d’information et que cette information n’était pas « de qualité ».

« On ne demande pas [aux organisations] de changer leur façon de faire, mais plutôt [d’ajouter] un élément de crédibilité de l’information et des scénarios qui procureront probablement un retour sur investissement ou sur le capital humain, une prévention de la fraude ou une optimisation du risque. Ce n’est pas un grand changement d’habitude, mais plutôt un ajustement, ce qui fait que c’est beaucoup plus facile [à concrétiser] que dans le passé », estime M. Mercier.

Jean-François Ferland est journaliste au magazine Direction informatique.




À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland a occupé les fonctions de journaliste, d’adjoint au rédacteur en chef et de rédacteur en chef au magazine Direction informatique.


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