Acrobat.com ou le pari collaboratif du logiciel service


Jean-François Ferland - 16/07/2009

Adobe oeuvre à la bonification du service en ligne Acrobat.com, qui a terminé sa phase bêta. Rick Treitman, un des architectes principaux du projet, parle des fonctions à venir et traite de la dynamique qui entoure le développement de logiciels service.

L’éditeur de logiciels de création de contenu Adobe a fait l’acquisition en 2007 du développeur de logiciel service Virtual Ubiquity de Boston, qui avait commercialisé le logiciel service de traitement de texte Buzzword. Depuis, le chef de la direction de l’entité acquise Rick Treitman est « entrepreneur en résidence » pour le service Acrobat.com.

Le service en ligne Acrobat.com, selon lui, est destiné aux personnes qui oeuvrent à la résolution de problèmes en entreprise et qui travaillent sur des documents avec des collègues en interne et à l’externe. « Nous pensons qu’avec les bons logiciels [service] nous permettrons aux gens de doubler leur productivité en la matière, ce qui représente une opportunité commerciale de 2 G$ US », déclare-t-il.

« Nous croyons que le travail sur un ordinateur dans des documents qui sont ensuite envoyés en fichier joint par courriel, avec les problèmes liés aux versions en circulation et à l’utilisation du logiciel de courriel comme outil de gestion des documents, peut être grandement amélioré. »

Saisie d'écran Acrobat.com - cliquez sur l'image pour l'agrandir

Buzzword, une des fonctions du service Web Acrobat.com

La version bêta, lancée en juin 2008, comptait plus de 5 millions d’utilisateurs, bien que peu d’actions de mise en marché aient été appliquées. Selon M. Treitman, les utilisateurs auraient découvert la version provisoire du service en cliquant des liens intégrés à des logiciels comme Acrobat Reader ou les composantes de Creative Suite.

Pour l’instant, Acrobat.com compte cinq éléments, soit le traitement de texte (Buzzword), le partage d’écran pour une présentation (Connect Now), la conversion de documents en format PDF, l’hébergement ainsi que le partage en ligne de fichiers.

Presentations et Tables

En entrevue avec Direction informatique, M. Treitman a levé le voile sur des outils en développement dans un laboratoire, soit dans un espace Web où les utilisateurs peuvent en faire l’essai et donner leurs impressions dans un forum de discussion. Ces outils intégreront des fonctions orientées sur la présence et l’interaction en temps réel des collègues dans les documents en ligne.

Presentations est un outil de création de diaporamas électroniques qui intégrera une barre de partage, laquelle affichera quelles personnes ont l’autorisation d’accéder au document et quels équipiers regardent ou éditent une diapositive. « C’est important pour les gens, qui travaillent avec d’autres personnes, de ne pas aller à l’aveuglette dans un document et de savoir ce que les autres y font », indique M. Treitman.

Des fonctions de clavardage, d’importation et d’exportation de documents PowerPoint et d’intégration de tableaux et de graphiques sont prévues aussi pour cet outil.

Le deuxième outil en développement, l’éditeur de feuilles de calcul Tables, affichera également l’identité des collaborateurs qui consultent et éditent un tableau, en précisant en temps réel qui est à modifier une case. Également, la fonction de filtrage générera une version unique (nommée Private View) d’un tableau sans que la visualisation des autres personnes soit affectée.

« Nous ne sommes pas les premiers à mettre en ligne une feuille de calcul, mais nous pensons être les premiers à identifier les problèmes qui se créent quand plusieurs personnes travaillent en même temps dans un tableau », indique M. Treitman.

Il précise que les feuilles de calcul qui pourront être produites par ce service serviront principalement au partage de données, qui constituerait l’utilisation la plus répandue des chiffriers. Pas de modélisation numérique ou financière, une feuille de balance ou un état des résultats.

Outre le clavardage, une barre historique sera éventuellement intégrée pour afficher les versions précédentes d’un document et même rétablir la version antérieure d’un tableau.

Relation bidirectionnelle

M. Treitman, en évoquant son passé chez l’éditeur de logiciels Lotus, affirme que la mise en marché de telles applications en développement constant ne pourrait être réalisée si sa distribution était encore fondée sur le modèle classique du produit contenu sur un support physique.

« En offrant des logiciels sur le Web, nous établissons un contrat différent avec l’utilisateur : le logiciel Web peut être lancé tôt et souvent. Plusieurs d’entre nous viennent de compagnies comme Lotus où dès qu’un logiciel était mis en boîte nous étions pris avec ce produit pour les 18 mois suivants. Avec un logiciel sur le Web, on peut ajouter des fonctions aux deux semaines ou à chaque mois si on veut, sans avoir à s’inquiéter à propos d’une mise à jour ou d’une installation. Quand l’utilisateur se branche, de nouvelles fonctions sont disponibles. De cette façon, on entre dans un dialogue avec les clients. »

M. Treitman ajoute que la mise en disponibilité d’une application en développement permet aux utilisateurs de préciser ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. « Ils nous indiquent ce qu’il faut prioriser pour les prochaines fonctions. Cela devient vraiment excitant pour les développeurs – ce n’est plus une allée à sens unique, mais une communication bidirectionnelle », indique-t-il.

À venir

Adobe compte ajouter à Acrobat.com au cours des prochains mois un organisateur de documents – dont l’interface utilisateur ressemblera à celle du logiciel iTunes d’Apple – où les documents et collections de documents seront gérés sous la forme de listes de lecture qui pourront être partagées avec les membres d’un groupe.

L’hiver prochain, c’est un service d’espace de travail, doté d’outils de gestion et d’administration pour des groupes de collaborateurs et des documents, qui devrait être ajouté à l’éventail en ligne. « Un groupe de travail dans une grande organisation ou une petite entreprise trouvera que ces outils de gestion vaudront bien plus que le coût d’abonnement », affirme M. Treitman.

Enfin, Adobe a l’intention d’offrir l’accès au service Acrobat.com sur les téléphones évolués d’ici la fin de l’année.

Adieu bêta, bonjour tarifs

Tout en annonçant les nouveautés à venir, Adobe a mis fin à la période bêta d’essai des fonctions en ligne d’Acrobat.com. Dorénavant, ceux qui voudront en faire l’utilisation à grande échelle devront souscrire un abonnement payant.

Une version gratuite sera encore disponible, mais elle limitera à cinq le nombre de fichiers en format PDF qui pourront y être créés. Chaque fichier pourra être téléchargé par les utilisateurs jusqu’à 100 fois, trois personnes seulement pourront participer à une conférence Web et le soutien technique sera limité aux forums de discussion.

L’abonnement Premium Basic, à 14,99 $US par mois ou 149 $US par année, inclut la création de dix documents PDF par mois, le partage illimité des fichiers, un maximum de cinq participants lors d’une conférence Web et le soutien technique par téléphone ou clavardage. Pour 39 $US par mois ou 390 $US par année, la production de fichiers PDF est illimitée et jusqu’à 20 personnes peuvent participer à une conférence Web. Le service inclut un espace de stockage de 5 Go.

L’interface utilisateur d’Acrobat.com est disponible en français, en anglais et en allemand.

Jean-François Ferland est journaliste au magazine Direction informatique.




Tags: , , , , , , ,

À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland a occupé les fonctions de journaliste, d’adjoint au rédacteur en chef et de rédacteur en chef au magazine Direction informatique.


Google+