A sanitatis usque ad sanitas


Jean-François Ferland - 18/07/2008

Seon Louise Beauchesne, d’Inforoute Santé du Canada, les défis liés au dossier de santé électronique sont similaires à l’échelle canadienne. Le Québec ne serait pas trop en retard, mais il ne faudrait pas sous-estimer le chemin à parcourir.

Louise Beauchesne, la directrice régionale exécutive pour le Québec à Inforoute Santé du Canada, rapporte que les projets d’implantation du dossier de santé électronique vont bon train à l’échelle canadienne. Les provinces de l’Ouest ont déjà réalisé plusieurs investissements en raison d’une forte volonté politique, alors que les provinces des Prairies et l’Ontario ont pris des décisions récemment, mais sont en avance pour certains éléments. Les provinces de l’Atlantique sont dans une situation similaire à celle du Québec.

« Ce qui est bien, c’est que je ne sens pas que le Québec, malgré qu’il se soit joint plus tard à l’Inforoute, ait un retard considérable. C’est un élément extrêmement positif par rapport à ce qui se fait dans l’ensemble du Canada », croit-elle.

Mme Beauchesne estime que les défis sont similaires partout, mais que ladifférence réside dans les angles d’implantation privilégiés. « La Colombie-Britannique et l’Alberta, qui ont des taux de déploiement assez élevés, sont très impliquées dans l’intégration de la première ligne avec leurs pendants du Dossier Santé Québec [DSQ], alors qu’au Québec on se concentre vraiment sur le DSQ », explique-t-elle.

Elle indique que les autres défis restent les mêmes d’une province à l’autre, notamment des défis organisationnels et des défis d’appropriation de la technologie par les médecins. Ainsi, le Québec, qui a le plus faible taux d’informatisation de première ligne, pourrait faire l’objet d’une période d’appropriation un peu plus longue. Même si l’évolution technologique récente réduit les risques lors des déploiements de solutions, le Québec est encore loin de la coupe aux lèvres.

« Ce qui est plus long, c’est ce qu’il faut régler avant d’y arriver, affirme-t-elle. Si on n’a pas de bras opérationnel solide pour opérer une solution, alors il faut le bâtir. C’est ce qui fait en sorte qu’il y a tout à faire au Québec, alors que d’autres provinces avaient déjà des morceaux déployés, par exemple une institution qui fait l’opérationnalisation des données. »

« J’oserais espérer qu’il y aura des échanges et moins d’essais et d’erreurs au Québec, mais il ne faut pas sous-estimer les efforts qui doivent être faits. C’est complexe pour tout le monde, mais c’est encore plus complexe lorsqu’il faut tout bâtir en même temps. »

Normalisations

Lors de son allocution à la Tribune des CIO, Mme Beauchesne a souligné l’importance de l’obtention d’une normalisation de la terminologie en santé et des protocoles technologiques pour assurer la réussite des projets de dossier de santé électronique.

« Dans les deux cas, il y a tellement de chemin à faire. On ne peut se permettre d’avoir un sans l’autre. C’est évident qu’on est plus avancé au niveau des technologies. D’autres secteurs sont passés par là avant nous, comme l’industrie bancaire », indique-t-elle.

« En Angleterre, qui a un très grand projet d’informatisation, on a décidé de repartir à zéro et de tout refaire. Au Canada, on réutilise ce qu’on a, parce qu’on n’a pas assez de fonds pour tout refaire. Nous avons une pensée de bâtir sur les acquis. Mais on reste avec une infrastructure qui n’est pas normalisée et qu’il faut amener à niveau, et ce n’est pas nécessairement simple à faire. Au niveau clinique, la normalisation est faite de façon étapiste, en allant vers ce qui est vraiment nécessaire en premier lieu, pour après procéder avec une deuxième vague. »

Mme Beauchesne convient que lerecours à une couche d’accès à l’infor-mation, qui servira à la transformation des messages et à l’implantation des services communs, fournira une forme de traduction et une orchestration des systèmes afin d’obtenir les essentielles normalisations.

Jean-François Ferland est journaliste au magazine Direction informatique.




À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland a occupé les fonctions de journaliste, d’adjoint au rédacteur en chef et de rédacteur en chef au magazine Direction informatique.


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