Zone de frappe idéale dans les médias sociaux : des cibles atteintes ou ratées


Jean-François Ferland - 13/05/2011

À Webcom-Montréal, Debbie Weil a présenté des initiatives d’entreprises qui ont cherché à obtenir une convergence de leurs objectifs et de ceux des consommateurs dans les médias sociaux.

Dans le cadre d’une allocution portant sur la « zone de frappe idéale » que les organisations devaient tenter d’atteindre dans les médias sociaux (Lire : Médias sociaux : trouver la « zone de frappe idéale », le défi des organisations ) qu’elle a donnée à la conférence Webcom-Montréal, la spécialiste américaine Debbie Weil a donné quelques exemples d’initiatives d’entreprises qui avaient atteint cette zone commune aux accomplissements des organisations et des consommateurs.

Par exemple, l’embouteilleur américain Pepsi utilise de façon intense les médias sociaux pour l’initiative Refresh Project, qui invite les individus, les entreprises et les organismes sans but lucratif à promouvoir des idées ayant un impact positif sur la communauté. Le fabricant de boissons gazeuses consacre 20 millions de dollars américains à l’octroi de bourses de 5 000 $ à 50 000 $ qui sont attribuées par l’entremise de votes du public qui ont lieu chaque mois. Cette initiative, jusqu’à maintenant, a intéressé plus de 24 000 bénévoles et produit 61 millions de votes de la part des internautes.

Mme Weil a conseillé à l’auditoire « d’emprunter » de ce projet les idées de l’incitation à faire du bien de façon divertissante et des échéances qui incitent à poser rapidement une action.

Mme Weil a aussi expliqué que des initiatives corporatives très élarborées pouvaient présenter néanmoins des déficiences. Elle a évoqué le cas de la chaîne de supermarchés Whole Foods Market, qui exploite dans Twitter un canal principal qui compte deux millions d’abonnés ainsi que 300 canaux dédiés à ses magasins, qui possède un compte dans Facebook qui compte un demi-million d’abonnés aisi que 250 comptes dédiés à ses magasins, qui effectue une présence dans Flickr, qui alimente des blogues, etc.

« …Mais lorsqu’on est dans un supermarché de cette chaîne, il n’y a pas de connexion entre l’expérience en magasin et en ligne ! L’empreinte dans les médias sociaux est énorme, mais il faudrait plus d’implication ressentie par les consommateurs », a mentionné Mme Weil.

La spécialiste a suggéré à l’auditoire de « voler » à ce cas l’établissement d’un calendrier éditorial et d’une stratégie de contenu, la présence d’un gestionnaire de communauté par magasin et l’utilisation de Twitter pour l’envoi d’alertes en temps réel.

#Quakebook

Surtout, Mme Weil a présenté le cas de #Quakebook qui selon elle mérite une note parfaite. Peu après le tremblement de terre et le tsunami qui ont eu lieu au Japon, un Britannique résidant dans ce pays a créé le compte #Quakebook sur Twitter et sollicité des internautes à lui envoyer des récits, des photos et des oeuvres artistiques inspirées de l’événement.

« Avec zéro budget, et avec la collaboration de blogueurs et d’éditeurs à l’échelle internationale, il a fait publier en deux semaines un livre électronique qui était vendu sur Amazon.com pour 9,99 $, afin d’en donner tous les bénéfices à la Croix rouge. Il a recueilli plus de 25 000 $. Les gens, en achetant le livre, assouvissaient un urgent besoin d’aider. C’est une situation où tous y gagnent », a raconté Mme Weil.

De ce projet, elle suggère de « piquer » les idées de congruence parfaite, d »utilisation de son réseau de connaissance en ligne et de recours à un #mot-clé facile à retenir.

Lors de la période de questions à la fin de la présentation, une personne a demandé à Mme Weil si elle pouvait donner un exemple d’une entreprise qui avait consacré de grandes sommes à une initiative qui a fait chou blanc dans les médias sociaux.

Alors qu’elle répondait qu’aucun exemple précis ne lui venait en tête, un ami de Mme Weil lui a suggéré le cas de la pétrolière BP dont l’explosion d’une plateforme a causé une catastrophe écologique dans le golfe du Mexique en 2010. Sa réaction non verbale a laissé paraître l’évidence flagrante de ce cas d’espèce.

« Dans Facebook, la page « anti-BP » apparaissait dans les résultats de recherche avant la page officielle de l’entreprise… », a-t-elle rappelé.

Jean-François Ferland est rédacteur en chef adjoint au magazine Direction informatique.




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À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland a occupé les fonctions de journaliste, d'adjoint au rédacteur en chef et de rédacteur en chef au magazine Direction informatique.
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