Telus veut de nouveau éliminer ses actions sans droit de vote


Denis Lalonde - 22/08/2012

Telus tente une seconde fois d’éliminer ses actions sans droit de vote en proposant de convertir chacune d’entre elles en action ordinaire.

Les détenteurs d’actions sans droit de vote et d’actions ordinaires de Telus seront invités à voter sur la proposition lors d’une assemblée des actionnaires prévue le 17 octobre.

Telus souhaite convertir chaque action sans droit de vote en autant d’actions ordinaires. (Logo: Telus)

La proposition requiert l’appui de la majorité des actionnaires détenteurs d’actions ordinaires et des deux tiers de ceux détenant des actions sans droit de vote. Seuls les actionnaires inscrits en date du 4 septembre pourront voter lors de l’assemblée.

« La proposition nécessite l’appui des deux tiers des détenteurs d’actions sans droit de vote lors de l’assemblée, car ces actions sont échangées contre des actions ordinaires », précise l’entreprise dans sa proposition.

Comme les détenteurs d’actions ordinaires ne subissent aucun changement quant à leurs droits reconnus par la loi, l’obtention d’une majorité simple suffira.

« En excluant Mason Capital, les votes par procuration représentant 92,4 % du total des actions étaient en faveur de notre première proposition avant que nous la retirions en mai. À ce moment-là, nous nous sommes engagés à présenter une autre proposition d’échange d’actions à raison d’une pour une en temps opportun et nous respectons cette promesse avec l’annonce d’aujourd’hui », a déclaré le président et chef de la direction de Telus, Darren Entwistle.

Si la conversion est approuvée, Telus se retrouvera avec 326 millions d’actions ordinaires. Actuellement, la société compte environ 175 millions d’actions ordinaires et 151 millions d’actions sans droit de vote en circulation.

Est-ce que Mason Capital jouera encore les trouble-fête?

En février dernier, Telus avait soumis la même proposition à ses actionnaires, à une exception près : la proposition devait être approuvée par les deux tiers des détenteurs d’actions ordinaires.

À ce moment, le fonds de couverture Mason Capital, dont le siège social est à New York, avait adopté la stratégie du « vote vide » afin de s’opposer à la proposition. Cette stratégie permet d’acheter et de vendre à découvert des actions d’une même entreprise simultanément.

Une vente à découvert permet de vendre des actions d’une entreprise sans les posséder, avec l’obligation de les racheter plus tard. Les investisseurs misent ainsi sur la baisse d’un titre pour réaliser des profits.

« Mason Capital a alors acquis environ 19 % ou près de 33 millions d’actions ordinaires de Telus, tout en vendant à découvert environ le même nombre d’actions sans droit de vote et d’actions ordinaires. Mason Capital votait pour une valeur de 1,9 milliard de dollars d’actions ordinaires de Telus, avec une participation économique nette de seulement 25 millions de dollars », soutient le fournisseur de services de télécommunications.

Le 8 mai dernier, Telus a choisi de renoncer à cette première tentative de conversion, estimant que la proposition n’avait aucune chance d’être approuvée.

Mason Capital veut une prime pour ses actions à droit de vote

Mason Capital a décoché une autre flèche à la direction de Telus en publiant un communiqué le 2 août dernier. Le fonds de couverture souhaitait alors convoquer une réunion de tous les détenteurs d’actions ordinaires de Telus afin de fixer une « prime acceptable » dans tout futur regroupement d’actions.

« La proposition de conversion ‘1 pour 1’ transfère injustement une partie de l’avoir des actionnaires qui ont payé pour avoir des actions à droit de vote dans les poches des actionnaires qui possédaient des actions sans droit de vote », affirme le directeur et co-fondateur de Mason Capital, Michael Martino.

Ce dernier propose deux scénarios, soit une prime de 4,75 %, qui constitue l’écart de valeur moyen historique entre les deux classes d’actions de Telus, ou une prime de 8 % basée sur une étude préparée par Blackstone Advisory Partners, qui a agi à titre de conseiller financier dans ce dossier. Mason Capital veut ainsi « protéger la valeur de droit de vote » des actions ordinaires.

Le 21 août, Mason Capital a publié un second communiqué à cet effet, disant vouloir s’adresser directement aux actionnaires possédant des actions ordinaires de Telus. L’entreprise basée à Vancouver a rejeté la demande, estimant qu’elle était « antidémocratique et invalide ».

Les actions ordinaires de Telus ont clôturé la séance de mercredi à 63,09 dollars à la Bourse de Toronto, comparativement à 61,65 dollars pour celles sans droit de vote.




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À propos de Denis Lalonde

Denis Lalonde est rédacteur en chef chez Direction informatique, développant des contenus et services uniques pour les spécialistes des technologies de l’information en entreprise à travers la province de Québec, tant à l’imprimé que sur le Web. Il s’est joint à IT World Canada, l’éditeur de Direction informatique, après avoir travaillé plus de cinq ans chez Médias Transcontinental pour les publications LesAffaires.com et le Journal Les Affaires. Journaliste accompli à l’aise sur toutes les plateformes médiatiques, Denis a également travaillé au Journal de Montréal, au portail Internet Canoë et au Réseau de l’information (RDI). Twitter: DenisLalonde
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