Plateformes électorales : Les TIC souvent mises à l’écart


Jean-François Ferland - 16/08/2012

Parmi les cinq principaux partis politiques au Québec, ce sont les deux formations recrues qui évoquent le plus les TIC dans leurs plateformes électorales.

Alors que les partis politiques du Québec tentent de courtiser les électeurs dans le cadre de la campagne électorale, force est de constater que les technologies de l’information et des communications occupent peu de place dans les plateformes et les engagements des cinq formations les plus importantes.

Dans plusieurs de ces documents, on remarque l’absence des mots informatique, Internet, médias sociaux, ordinateur, réseau, réseautique, technologie et télécommunications.

Voici, par ordre alphabétique, un survol des promesses des cinq partis politiques qui ont trait de près ou de loin aux TIC.

Coalition Avenir Québec

Le parti Coalition Avenir Québec est la formation politique qui fait le plus référence aux technologies de l’information et des communications dans sa plateforme électorale.

En préambule, ce parti affirme qu’il fera en sorte « que les gestionnaires du gouvernement puissent discuter à armes égales avec les entreprises spécialisées chargées d’assurer l’informatisation de certains services publics » s’il est porté au pouvoir.

Plus loin, en indiquant qu’un gouvernement efficace doit « capitaliser sur les possibilités offertes par le développement technologique », il promet qu’il reverra l’ensemble des opérations entourant l’informatisation des services gouvernementaux s’il est élu.

D’autre part, le parti Coalition Avenir Québec s’engage à réaliser un « virage technologique » dans le réseau de la santé. En dénonçant les retards et la hausse des coûts de l’informatisation des dossiers médicaux, le parti affirme qu’il « reprendra en main » le processus d’établissement d’un dossier patient informatisé pour chaque Québécois.

Également, ce parti politique promet d’encourager le recours aux TIC pour améliorer le système de santé. Un engagement évoque l’utilisation de logiciels pour le soutien à la décision clinique, l’amélioration des communications entre les patients, les professionnels et les établissement et l’utilisation de technologies de suivi à distance. La plateforme électorale mentionne aussi le recours aux technologies pour les soins à domicile des personnes âgées et à mobilité réduite.

Dans un engagement consacré au soutien à l’innovation, le parti Coalition Avenir Québec parle d’un besoin d’adoption des technologies afin d’améliorer la productivité des entreprises, tout comme du rôle de l’innovation technologique comme « nerf de la guerre dans l’économie moderne ».

D’autre part, en soulignant que des mesures fiscales existantes ont contribué au développement de nouvelles technologies dans des industries comme celles du jeu vidéo et du multimédia, le parti compte « réévaluer l’efficacité de ces mesures et réallouer les sommes économisées » à la bonification des incitatifs fiscaux pour les entreprises qui réaliseront des investissements en technologie.

Le parti Coalition Avenir Québec veut aussi établir au bénéfice d’entreprises technologiques des fonds d’investissement qui seront ouverts à l’épargne publique et promet d’offrir un soutien et des mesures pour le démarrage d’entreprises. Le parti promet que le gouvernement fera l’octroi de 2,5 % de contrats à des petites et des moyennes entreprises québécoises qui développent de nouvelles technologies s’il est porté au pouvoir.

Enfin, ce parti promet de formuler des demandes auprès du gouvernement fédéral afin d’augmenter les responsabilités du gouvernement du Québec dans plusieurs domaines, dont celui des télécommunications.

Option nationale

Le parti Option nationale est le seul qui utilise le mot Internet dans sa plateforme électorale. S’il est élu, il promet de faire en sorte que « l’Internet haute-vitesse soit systématiquement implanté sur tout le territoire du Québec par le biais d’appels d’offres intégrés ».

Option nationale utilise le mot technologie à quelques reprises dans sa plateforme électorale, mais c’est souvent de façon générale. En préambule, on indique que le Québec doit définir ses propres orientations dans plusieurs domaines, dont celui des technologies de pointe. Également, le mot technologie est employé dans un engagement visant la réalisation d’une réforme de la fiscalité, afin d’augmenter les investissements produits par les entreprises locales.

Les TIC sont évoquées par le parti politique dans un engagement qui stipule que chaque Québécois aura accès à un médecin de famille en partie grâce à « l’accélération de l’informatisation du réseau de la santé ».

Par ailleurs, afin d’améliorer la confiance du public envers l’État et ses institutions et « minimiser la partisanerie », Option nationale promet d’établir une commission d’enquête publique qui couvrira l’octroi de contrats et de subventions dans le secteur public dans plusieurs domaines au sein de l’administration gouvernementale, dont celui des technologies de l’information. Le fondateur et chef d’Option nationale, Jean-Marie Aussant, a précisé par téléphone qu’une telle commission d’enquête s’intéresserait aux pratiques d’attribution de contrats de grande valeur où des « choses louches » seraient survenues dans le passé.

Parti Libéral du Québec

Le site Web du Parti Libéral du Québec ne contient pas de plateforme électorale, mais on y trouve les engagements qui ont été annoncés par le parti politique depuis le début de la campagne électorale. Au moment de mettre en ligne, une quinzaine d’engagements avaient été révélés.

Dans un engagement annoncé le 10 août, qui portait sur le développement d’une offre de formation à distance qui répondrait aux besoins du Plan Nord et des régions, le parti politique indique qu’il aura recours aux technologies existantes pour la mise en oeuvre de programme de formation pour des emplois qui seront en demande.

Parti Québécois

Le Parti Québécois ne traite pas des TIC de façon explicite dans sa plateforme électorale.

Ce parti affirme qu’il favorisera l’intégration de nouvelles technologies dans le domaine de la santé, ce qui peut inclure le recours à l’informatique.

La seule autre utilisation du mot technologie dans la plateforme électorale du Parti Québécois est liée à l’électrification des moyens de transport.

Québec solidaire

Le parti Québec solidaire, dans sa plateforme électorale, promet qu’il « instaurera une commission d’enquête publique sur l’octroi des contrats publics et le financement des partis politiques dans des secteurs qui ne sont pas couverts par la Commission Charbonneau ». Cette enquête publique, selon le document du parti, portera notamment sur les contrats liés au secteur de l’informatique dans l’administration gouvernementale provinciale.

Le parti Québec solidaire utilise le mot technologie à une seule occasion dans sa plateforme électorale, mais c’est à propos d’un partenariat de transfert technologique avec des exploitants de ressources naturelles non stratégiques.




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À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland a occupé les fonctions de journaliste, d'adjoint au rédacteur en chef et de rédacteur en chef au magazine Direction informatique.
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