Marketing frauduleux par courriel : blocages et interdictions envers trois Québécois


Jean-François Ferland - 15/06/2011

L’Autorité des marchés financiers obtient des ordonnances de blocage et d’interdiction envers un Lavallois et deux Rimouskois. Ces récidivistes auraient utilisé le courriel pour soutirer des centaines de milliers de dollars à des investisseurs partout dans le monde.

L’Autorité des marchés financiers (AMF), un organisme d’encadrement et de réglementation du secteur financiers québécois, a obtenu de la part du Bureau de décision et de révision en valeurs mobilières (BDRVM) du gouvernement du Québec des ordonnances qui visent Warren English, de Laval, ainsi que Alain-André Desarzens et Michèle Amiot, de Rimouski. Ces individus, tout comme des organisations dont ils sont les propriétaires ou les administrateurs, se sont vus interdire toute opération sur des valeurs et font l’objet de blocage de fonds contenus dans des comptes bancaires.

Promesses

Selon l’AMF, MM. English et Desarzens auraient envoyé à des investisseurs potentiels des milliers de courriels qui promettaient l’obtention de beaucoup d’argent en peu de temps. Chaque individu utilisait une adresse de courriel précise pour promouvoir des produits d’investissements, notamment les produits Cherryshares et Mega Pension Plan.

Les missives envoyées par courriel offraient à des internautes d’investir entre 10 $US et 300 $ US afin d’obtenir un rendement variant entre 1 000 $ US et 90 000 $ US.

Selon l’AMF, M. English et son entreprise Mega International Businessaurait auraient soutiré près de 525 000 $ à des investisseurs, par le biais de placements illégaux de titres liés à Mega Pension Plan. M. English aurait utilisé une partie de ce montant pour acheter un « luxueux condo » à Laval.

M. Desarzens, pour sa part, aurait obtenu 875 000 $ US dont une partie de l’argent a été versé dans son compte bancaire personnel, dans le compte bancaire de l’entreprise Institut des médecines universelles dont il est le président et l’administrateur, ainsi que dans le compte bancaire personnel de Mme Amiot, qui est son épouse.

Par ailleurs, M. Desarzens exploitait aux fins du stratagème un site Web à l’adresse www.myleads.8k.com, dont la fermeture a été ordonnée par le BDRVM. Au moment de mettre en ligne cet article, le site était encore accessible, mais on ne pouvait y voir que des éléments visuels – tout contenu écrit avait été soutiré du site.

Récidives

Sylvain Théberge, le porte-parole de l’Autorité des marchés financiers, indique que l’organisme avait ouvert en août 2008 un dossier à la suite d’un échange d’informations avec les autorités réglementaires en valeurs mobilières des États-Unis.

M. Théberge explique que la démarche de l’Autorité des marchés financiers a pu progresser grâce à la collaboration de deux investisseurs québécois qui ont été floués par MM. English et Desarzens, mais il ajoute que des dizaines de milliers d’investisseurs dans le monde auraient été floués par les pratiques des deux individus.

Le porte-parole de l’AMF confirme que M. English faisait l’objet d’une interdiction d’opération de la part de la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario depuis 2003, alors que M. Desarzens faisait l’objet d’une interdiction similaire de la part de la commission des valeurs mobilières de la Pennsylvanie (Pennsyvania Securities Commission) depuis 1999.

« Il arrive que des individus qui ont été reconnus coupables d’infractions laissent passer quelques années avant de recommencer leur stratagème », indique M. Théberge.

Par ailleurs, une exploration sommaire dans Internet au moyen d’une requête de recherche portant sur l’adresse de courriel utilisée par M. English a permis de constater que sa proposition d’investissement soulevait des inquiétudes et des doutes de la part d’internautes, dans des forums de discussion.

À ce sujet, M. Théberge confirme que l’AMF a surveillé les propos tenus dans le cyberespace dans le cadre de cette enquête. « Mais il nous faut des éléments concrets pour convaincre le [Bureau de décision et de révision en valeurs mobilières]. Ces dires et ces échanges dans Internet ne peuvent être utilisés pour construire une preuve », précise le porte-parole.

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Jean-François Ferland est rédacteur en chef adjoint au magazine Direction informatique.




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À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland a occupé les fonctions de journaliste, d'adjoint au rédacteur en chef et de rédacteur en chef au magazine Direction informatique.
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