Longue relève complétée chez Micro Logic


Jean-François Ferland - 30/11/2012

Quatre associés ont racheté le revendeur de solutions technologiques Micro Logic de Québec au terme d’un processus de relève de trois ans. Le président et coactionnaire Stéphane Garneau explique la transition et la stratégie de l’entreprise.

Micro Logic, qui a été fondée en 1983 par Gaston Thivierge et Edmond Vercheval, appartient dorénavant à quatre associés, soit Stéphane Garneau, Rodolphe Cantin, Guy Gagnon et Steeve Lirette. Le rachat de l’entreprise a complété récemment auprès de M. Thivierge, qui souhaitait prendre sa retraite. Or, le processus de relève du cofondateur a duré trois ans. Qui plus est, trois des quatre copropriétaires proviennent de l’extérieur de l’entreprise.

De gauche à droite : Rodolphe Cantin, Steeve Lirette, Gaston Thivierge (le président sortant), Stéphane Garneau et Guy Gagnon.

Stéphane Garneau est le président de Micro Logic depuis novembre 2012, mais il a joint l’entreprise en 2009 à titre de vice-président exécutif. Il explique qu’il a été approché par des chasseurs de têtes, alors qu’il était le fondateur et gestionnaire du bureau de Québec du fournisseur de solutions Microserv (aujourd’hui Metafore), afin de prendre la relève de Gaston Thivierge.

« M. Thivierge voulait prendre sa retraite, mais il n’y avait personne à l’intérieur de l’organisation, ni au niveau familial pour assurer la relève. Il s’est mis à chercher des candidats de l’extérieur. Mais il est difficile, dans un processus de relève normal, de prendre de tels candidats du jour au lendemain et de les amener en disant ‘Voici le nouveau président et les nouveaux vice-présidents qui sont s’occuper maintenant de la boîte’. Il a préféré faire une relève en douceur en intégrant la relève il y a trois ans, en permettant à la relève de s’habituer à l’environnement et au personnel de s’habituer aux nouveaux dirigeants. Également, cela a permis à la relève de commencer son plan d’affaires. »

« Trois ans plus tard, on se rend compte que la recette fonctionne. [M. Thivierge] se sent en confiance pour compléter la transaction, vendre son entreprise et partir à la retraite. Je ne sais pas si c’est une façon de faire qui est standard ou non, mais ça s’est fait tout en douceur. Autant les institutions financières que les distributeurs et les employés étaient au courant il y a trois ans qu’on ‘partait le chrono’ », ajoute-t-il.

M. Garneau précise que les associés, au départ, s’étaient donné trois à cinq ans pour procéder à la relève. « Lorsque nous avons réalisé les dernières étapes avant la transaction cet été, nous avons rencontré des banquiers qui nous connaissaient depuis trois ans et des distributeurs qui étaient au courant de notre plan d’affaires et de notre démarche. C’était beaucoup plus facile pour tout le monde », remarque-t-il.

Plan stratégique différenciateur

M. Garneau indique que l’équipe de relève n’a pas tardé à établir et mettre en application le nouveau plan d’affaires, qui est fondé sur trois éléments.

Le plan de match, explique M. Garneau, visait en premier lieu à créer une équipe de valeur. « Micro Logic était une entreprise qui avait de bonnes ressources pour la livraison et la mise en marché, mais on était dans un marché où on se battait contre l’ensemble des revendeurs pour une question de prix. Il n’y avait pas beaucoup de différenciateurs entre les compétiteurs. Le plan de match était d’arriver avec une approche de valeur quantifiable chez les clients. », relate-t-il.

« Je voulais que le client voit qu’on faisait les premiers pas et que notre intérêt était de l’accompagner dans sa démarche. Dans plusieurs créneaux, nous avons été chercher des spécialistes chez des manufacturiers, ce qui fait en sorte que nous tenons un discours avec une expertise en interne, tout en étant indépendant des ressources manufacturières », ajoute M. Garneau, en précisant que l’entreprise compte aussi une équipe de vingt personnes qui sont dédiées à la mise en marché.

Le deuxième élément différenciateur du nouveau plan stratégique de Micro Logic consistait à établir des partenariats avec tous les fournisseurs technologiques important. Quant au troisième élément, il visait l’établissement de partenariats d’affaires officiels avec les clients, en leur donnant une poignée de main et en leur remettant une lettre d’engagement. Environ 80 % des clients de Micro Logic ont établi de tels partenariats.

« Chez certains clients nous avons quelques lignes d’affaires et chez d’autres nous avons toutes les lignes d’affaires. Cette approche semble fonctionner puisqu’on constate, lorsqu’on fait le bilan en fin d’année, que notre portfolio grandit chez nos clients. »

M. Garneau souligne au passage que Micro Logic est passée de 28 à 130 employés et a quadruplé ses revenus durant le plan de relève il y a trois ans.




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À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland est le rédacteur en chef du magazine Direction informatique. Il compte dix-sept années d'expérience en journalisme et en communication publique.
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