Le logiciel libre et l’infonuagique en entreprise selon Red Hat


Jean-François Ferland - 07/11/2014

Des directeurs de Red Hat Canada font le point sur le marché des logiciels d’entreprise libres et de la mouvance vers l’infonuagique, que l’éditeur applique en interne.Logo de Red Hat

L’éditeur américain Red Hat, qui s’est fait connaître dès le milieu des anées 1990 pour sa distribution du système d’exploitation Linux, occupe aujourd’hui une position importante dans le marché des logiciels d’entreprise à code source libre : l’éditeur compte cinquante trimestres consécutifs de croissance des revenus « à deux chiffres » d’année en année; Red Hat est devenue en 2014 la première entreprise de l’industrie du libre à produire des revenus annuels de plus d’un milliard de dollars américains; l’entreprise dit détenir 69 % des parts du marché mondial des logiciels d’entreprise payants à code source libre.

Claude Reeves

Claude Reeves

Lors d’un récent séminaire consacré à l’infonuagique qui a eu lieu à Montréal, Claude Reeves, directeur, ventes aux entreprises chez Red Hat Canada, a indiqué que le marché du logiciel libre d’entreprise continuait de croître et que l’éditeur poursuivait l’expansion de son portfolio de solutions qui sont fondées sur la philosophie du libre.

« En combinant tous ces éléments, nous sommes en bonne position au sein du marché, alors que nos clients sont à la recherche de nouvelles options afin d’en faire plus avec moins, a déclaré M. Reeves. Notre modèle d’affaires et notre modèle de développement qui est fondé sur l’apport de la communauté font en sorte que nous livrons beaucoup de fonctionnalités à nos clients et que notre approche est fondamentalement différente d’autres joueurs. Nous mettons l’accent sur l’innovation, où la communauté des développeurs joue un rôle important. »

À propos de la perception des organisations face au logiciel libre, M. Reeves a indiqué que de les convaincre de la pertinence de l’approche n’était pas nécessairement une chose facile. « Il faut encore démontrer la valeur d’affaires qui alimentera le changement, et le changement n’est pas facile. Certaines organisations alimentent le changement elles-mêmes, d’autres demandent à leurs partenaires commerciaux de leur montrer quelle direction prendre. »

À propos de l’ampleur du changement qu’effectuent les organisations lorsqu’elles adoptent le logiciel libre – à savoir si elles répliquent simplement une solution existante ou si elles ajoutent de nouvelles fonctions par la même occasion – M. Reeves a indiqué que l’ampleur dépendait de l’organisation, voire de l’industrie où elle évolue.

« Certains clients saisissent une occasion d’aller un pas plus loin lors du remplacement d’un environnement patrimonial, mais ils n’adopteront pas nécessairement une approche agile en intégration ou en développement ou ne déplaceront pas leur charge de travail vers l’infonuagique, a-t-il expliqué. D’autres miseront sur la réduction des coûts, puis porteront une plus grande attention à l’innovation et, ainsi, s’ouvriront plusieurs portes et se positionneront pour faire ensuite un plus grand saut. »

« Le risque [lié au logiciel libre] est faible du côté technique, mais le changement dans la culture organisationnelle est grand – c’est ce qui influence généralement le processus décisionnel. »

Chausser le cordonnier

Dans un billet de blogue publié en septembre dernier, James Whitehurst, président et chef de la direction de Red Hat, a traité du changement majeur qui est en cours dans le domaine des technologies de l’information avec le passage de l’approche client-serveur vers l’approche infonuagique-mobilité.

« C’est un type changement qui n’arrive qu’une fois aux vingt ans. Comme l’histoire l’a démontré, dans les premiers jours de tels changements émergent des gagnants qui établissement la norme pour cette ère », déclarait M. Whitehurst, en évoquant l’opportunité qui se présentait d’établir le code source libre  comme « le choix par défaut » de cette nouvelle ère et de positionner Red Hat comme « le fournisseur de choix » de l’infrastructure d’infonuagique d’entreprise.

Luc Villeneuve

Luc Villeneuve

En reconnaissant que l’adoption de la mobilité et de l’infonuagique s’effectuait plusrapidement qu’il en avait été pour les modèles informatiques précédents, Luc Villeneuve, responsable principal et directeur général chez Red Hat Canada, a indiqué que l’éditeur joignait la mouvance et effectuait un virage en interne vers l’infonuagique. Il a relaté qu’au séminaire tenu à Montréal, le responsable des TI de Red Hat, Lee Gongdon, avait précisé que l’éditeur implanterait sa propre plateforme d’infonuagique OpenShift, puis établirait la plateforme d’infrastructure service OpenStack. Également, M. Villeneuve a donné l’exemple d’un service d’infonuagique hybride privé que Red Hat a établi en interne pour la gestion des contrats.

« Nous pouvons maintenir des coûts d’exploitation très bas en utilisant une infrastructure à bas coût, qui est sécuritaire et qui utilise le code source libre, a expliqué M. Villeneuve. Les clients qui bougeront le plus rapidement avec de telles solutions économiseront énormément d’argent qu’ils pourront ensuite investir ailleurs dans d’autres projets de logiciels libres.»

« Présentement, nos clients sont pris à la gorge et consacrent de 85 % à 90 % de leurs budgets TI à maintenir des environnements désuets. Nous pouvons leur démontrer quelques façons de  » bouger leurs sous » afin d’accélérer leur innovation ».




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À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland a occupé les fonctions de journaliste, d'adjoint au rédacteur en chef et de rédacteur en chef au magazine Direction informatique.
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