Le gouvernement devrait se tourner vers les logiciels libres selon l’IRIS


Benjamin Jébrak - 20/09/2013

L’institut de recherche et d’information socio-économique (IRIS) a dévoilé ce matin une note socio-économique décrivant les avantages que réaliserait le gouvernement s’il adoptait les logiciels libres.

Logo de l'IRISLe Québec entend parler de l’utilisation des logiciels libres dans l’administration gouvernementale depuis 2005. Malgré la présence d’expertise dans ce domaine, peu d’efforts sont déployés pour adopter ce type de logiciels.

La note socio-économique de l’IRIS se base sur plusieurs exemples d’organisations à travers le monde qui ont pris le tournant vers les logiciels libres. Par exemple, l’hôpital Beaumont, en Irlande, a effectué cette migration en 2002-2003 et obtenu une économie de coûts de 88 %, tandis que le ministère finlandais de la Justice a effectué une transition similaire de grande envergure entre 2003 et 2010.

À la recherche de la souveraineté numérique 

En entrevue avec Direction Informatique, Stéphane Couture, chercheur associé à l’IRIS et auteur de la note Logiciels libres : réduction des coûts et souveraineté numérique, explique que le gouvernement québécois pourrait réaliser d’importantes économies et réduire sa dépendance numérique face aux grandes entreprises.

« La souveraineté numérique est un concept semblable à la souveraineté énergétique, [l’objectif est de] devenir propriétaire de notre production et de moins dépendre des autres, explique Stéphane Couture. Le gouvernement briserait le cercle de dépendance des logiciels propriétaires. »

Stéphane Couture

Stéphane Couture, chercheur associé à l’IRIS

En effet, monsieur Couture constate qu’il y a un renouvellement des licences de Microsoft sans appel d’offres. «On n’a pas beaucoup le choix d’aller de l’avant et de continuer avec ces produits-là », indique-t-il.

Le chercheur ajoute que cette situation crée des problèmes de sous-traitance dans le domaine de l’informatique. « C’est ce qui fait que l’expertise est perdue dans ses capacités informatiques internes », selon monsieur Couture. Pour lui, il est temps que les institutions publiques se ressaisissent et l’adoption des logiciels libres pourrait y contribuer.

Le gouvernement pourrait réaliser des économies

Le gouvernement pourrait aussi réaliser d’importantes économies en se tournant vers les logiciels libres. Dans plusieurs des cas étudiés, « l’adoption des logiciels libres a entraîné des économies importantes, de l’ordre de 70 % des coûts en cause », rapporte la note de l’IRIS. Pour Stéphane Couture, le gouvernement du Québec pourrait faire des économies d’un ordre plus modeste, environ 20 %.

Dépenses du gouvernement et des organismes en 2012-2013 en logiciels

Source : Logiciels libres : réduction des coûts et
souveraineté numérique, IRIS

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Les principales dépenses lors de l’achat de logiciels propriétaires sont au niveau de l’achat des licences. Toutefois, monsieur Couture déplore le manque de transparence dans les dépenses du gouvernement. L’IRIS n’a en effet « pas trouvé [tous les] détails sur les coûts des licences ou les coûts de maintient. Ce n’est pas tous les ministères qui dévoilent les coûts [de leurs dépenses en technologie]. »

La note de l’IRIS avance tout de même le montant de 14,3 millions de dollars dépensés en achats de logiciels durant la période 2012-2013 par les différents ministères et organismes.

Stéphane Couture propose une adoption graduelle, mais vigoureuse des logiciels libres au sein des organismes publics du Québec. « L’idée n’est pas de remplacer [tous les logiciels sur] tous les postes de travail partout au Québec, mais plutôt d’y aller graduellement et de procéder par étapes, explique-t-il. Par exemple, [le fureteur] Firefox est un logiciel libre. On pourrait commencer par demander aux fonctionnaires d’installer ce logiciel sur leur poste. Puis, on pourrait continuer avec [la suite de bureautique] Open Office… ça permettrait de renforcer l’expertise et la capacité [du gouvernement du] Québec pour soutenir ça. »




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À propos de Benjamin Jébrak

Benjamin Jébrak est journaliste pour le magazine Direction Informatique.
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