Le CRIM veut créer un modèle de maturité en innovation collaborative


Denis Lalonde - 09/08/2011

Le Centre de recherche informatique de Montréal (CRIM) veut mettre en place un modèle de maturité en innovation collaborative (MMICO) pour l’industrie des technologies de l’information (TI).

Ce modèle de maturité s’inspirerait de ce qui se fait déjà dans d’autres domaines, par exemple avec le Project Management Institute (PMI) au niveau de la gestion de projets.

« Du côté de l’approche technique, nous n’inventons rien. Il s’agit d’un modèle de maturité à cinq niveaux où le premier est très faible et où le cinquième est le plus élevé. Nous avons effectué des recherches à travers l’Amérique du Nord et l’Europe et nous n’avons pas trouvé de modèle existant, alors nous proposons d’en mettre un en place », explique le président-directeur général du CRIM, Daniel Blanche.

Ce dernier soutient que le CRIM est au centre d’un écosystème qui prône l’innovation collaborative depuis de nombreuses années. « Déjà, nous amorçons les travaux avec une connaissance de l’écosystème, en sachant ce qui se fait de bien et de mauvais. Nous allons travailler à la conception du MMICO avec plusieurs partenaires de l’industrie, des universités et d’autres centres de recherche », dit-il.

M. Blanche n’a pas voulu indiquer qui étaient tous ces partenaires, puisque les ententes ne sont pas encore conclues. Il a toutefois précisé que des thèses de doctorat étaient en développement sur le sujet. « Les organisations qui feront équipe avec nous sont capables d’amener des connaissances et de la valeur dans le modèle », raconte-t-il.

L’objectif est de développer une approche intégrée d’innovation collaborative qui touche l’ensemble de l’entreprise, en lui offrant un programme de formation personnalisé en fonction du niveau de maturité qu’elle souhaite atteindre et se basera sur la façon dont elle effectue ses travaux de recherche et développement (R-D).


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Quatre principaux vecteurs seront évalués et permettront de qualifier le niveau de maturité de l’entreprise:

  • Sa culture et ses stratégies
  • Ses processus
  • Ses outils et méthodes
  • Ses compétences organisationnelles
  • M. Blanche explique qu’une entreprise de niveau 1 (traditionnelle) fait toute sa recherche en interne tandis qu’une autre de niveau 5 (ouverte) aura intégré sa R-D dans sa façon de faire et dans tous ses processus, en collaboration avec des partenaires externes, des centres de recherche, des universités et même des clients. Entre ces deux extrêmes, il y a des entreprises hybrides, transversales et intelligentes (voir tableau).

    « Si nous déterminons qu’une entreprise est au niveau 1 et doit se rendre au niveau 4 pour ne pas se faire écraser par ses concurrents, il faut être capable de lui expliquer ce qu’elle doit faire et lui donner les outils pour se rendre là. Il y a donc tout un processus de gradation à mettre en place », dit-il.

    La cible

    Avec ces travaux, le CRIM dit vouloir viser toutes les entreprises qui ont déterminé que la R-D était devenue une arme stratégique. « Nous visons plus particulièrement les petites et moyennes entreprises, qui ont davantage besoin de tels services et qui n’ont pas les moyens de se permettre de vastes équipes de recherche. Toutefois, le modèle peut aussi être valable pour de grandes entreprises », soutient Daniel Blanche.

    Est-ce que le CRIM veut devenir au MMICO ce que le Project Management Institute est la gestion de projets? « Pas vraiment, le PMI va beaucoup plus loin, ayant développé les niveaux de maturité, les certifications et contrôlant les cours qui sont donnés. Notre objectif est de développer le modèle et de le rendre public à l’ensemble de l’écosystème. C’est ce qui fait partie de notre mandat », assure M. Blanche.

    Accréditation des consultants-accompagnateurs

    Lorsque les travaux seront terminés, le CRIM aura toutefois un certain rôle à jouer au niveau du processus de reconnaissance des consultants-accompagnateurs en innovation collaborative, afin d’éviter que des experts autoproclamés s’amènent en entreprise sans avoir reçu une formation appropriée : « C’est évident qu’après avoir finalisé nos travaux pour la mise en place du modèle, il va falloir s’occuper de gestion de la formation et des certifications. Il faudra déterminer, avec nos partenaires, de la meilleure manière de procéder. Il n’y a toutefois, pour le moment, rien de défini à ce niveau », dit-il.

    Selon des documents du CRIM, les consultants-accompagnateurs possèderont une expertise qui portera sur les transformations organisationnelles qui toucheront aux trois premiers vecteurs du MMICO, soit les changements de culture d’entreprises, la modification de processus et l’adoption de nouveaux outils technologiques et de nouvelles méthodes pour soutenir ces changements.

    En ce qui concerne le quatrième vecteur, l’acquisition de nouvelles compétences organisationnelles, celle-ci se fera principalement par le biais de cours de perfectionnement, de formation continue, ou de « coaching » donnés par des experts externes à l’entreprise.

    Les travaux prévoient le développement d’une charte des compétences organisationnelles correspondant à chaque niveau de maturité. Cette charte permettra d’établir un programme de formation personnalisé en fonction du niveau de maturité visé par l’entreprise.

    Validation du modèle

    Une fois que le modèle aura été développé, le CRIM envisage de collaborer avec des partenaires de recherche afin de le valider avec quelques entreprises. Il est prévu qu’un comité de gouvernance et un comité aviseur seront mis sur pied afin d’encadrer et de supporter cette démarche. Un directeur de projet sera aussi nommé afin de coordonner le déroulement de l’expérimentation sur le terrain et pour s’assurer d’une évolution cohérente du modèle qui aura été développé si des changements sont nécessaires.

    L’ensemble du projet nécessitera un investissement de 500 000 dollars. « Plusieurs programmes gouvernementaux permettent de financer de telles activités, à condition que l’entreprise privée investisse également. Les partenaires initiaux, dont nous faisons partie, doivent donc investir pour étoffer le projet avant que le financement public ne suive », explique M. Blanche.

    Si le CRIM annonce son intention de créer le MMICO, l’entente finale avec tous les partenaires ne sera pas rendue publique avant le mois de décembre. Par la suite, Daniel Blanche estime que les travaux entourant la construction du modèle dureront un an, ce qui mène à la fin 2012. Les premiers consultants-accompagnateurs pourraient donc recevoir leur formation au début de 2013 si aucun délai ne survient d’ici là.

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    À propos de Denis Lalonde

    Denis Lalonde est rédacteur en chef chez Direction informatique, développant des contenus et services uniques pour les spécialistes des technologies de l’information en entreprise à travers la province de Québec, tant à l’imprimé que sur le Web. Il s’est joint à IT World Canada, l’éditeur de Direction informatique, après avoir travaillé plus de cinq ans chez Médias Transcontinental pour les publications LesAffaires.com et le Journal Les Affaires. Journaliste accompli à l’aise sur toutes les plateformes médiatiques, Denis a également travaillé au Journal de Montréal, au portail Internet Canoë et au Réseau de l’information (RDI). Twitter: DenisLalonde
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