La veille économique, un passage obligé


    Gérard Blanc - 16/03/2011

    Initialement, la veille économique (Business Intelligence, ou BI) s’adressait principalement aux aspects financiers des organisations. Mais, très vite, son champ d’action s’est répandu comme une traînée de poudre à l’ensemble des secteurs organisationnels.

    Les deux champs d’activité 
de la veille économique

    D’une part, l’analyse multidimensionnelle consiste à analyser les données appartenant à une même catégorie, selon plusieurs axes prédéfinis.

    Par exemple, l’analyse de l’évolution d’un chiffre d’affaires peut être appréhendée simultanément par le type de produits et de services offerts, répartis suivant les catégories de clientèles ciblées. Un tel traitement reflète la convergence des trois axes d’analyse que sont le chiffre d’affaires réalisé, les types de produits et de services et les catégories cibles de clientèles.

    Bien sûr, le multidimensionnel ne se borne pas à 3 axes d’analyse et plusieurs autres pourraient également être prédéfinis et ajoutés, pour satisfaire aux besoins informationnels de l’organisation. En général, c’est techniquement l’approche dite du « cube OLAP » (OnLine Analytical Processing) qui est utilisée pour représenter ce modèle multidimensionnel. Cette approche s’appuie sur l’architecture en entrepôts de données et en comptoirs de données pour permettre des analyses plus approfondies, et une performance de traitement accrue. C’est l’utilisation de mesures concernant des activités en apparence très éloignées qui permet de faire apparaître de multiples corrélations.

    D’autre part, l’analyse prédictive exploite les données acquises d’un ensemble opérationnel d’événements observés. Données qui sont ensuite présentées suivant leur taxinomie, pour tenter d’en extraire une vision prospective réaliste de l’évolution d’une de leurs caractéristiques. Il s’agit de l’interprétation de courbes de projection ou de réseaux bayésiens.

    De telles analyses appliquées à un système de gestion des relations avec la clientèle pourraient permettre de tenter d’anticiper les caractéristiques du comportement futur de certaines clientèles spécifiques. En visant l’aspect de la fidélité, cette étude permettrait d’identifier les individus présentant une probabilité importante d’achat à court terme et ceux qui envisagent de délaisser la marque ou le distributeur.

    Il est important de spécifier que l’interopérabilité entre tous les éléments, depuis le système d’information, en passant par les entrepôts de données, les magasins de données, les applicatifs de tableaux de bord et de production de rapports, ne peut être assurée adéquatement que par une gestion fine et soignée des métadonnées.

    Il faudra être prudent et faire attention de ne pas choir dans la confusion entre veille économique (BI) et la surveillance des activités d’affaires (Business Activity Monitoring). En fait, le BAM consiste essentiellement à surveiller le bon déroulement des processus opérationnels de l’organisation. C’est le contrôle des métriques (Monitorage) des divers aspects métiers des processus d’affaires. Si la BI est résolument tournée vers la prise de décisions stratégiques, le BAM est dédié à la notion de qualité et l’amélioration continue des processus.

    En conclusion, obligation est de constater que l’envergure de la veille économique est en forte croissance actuellement, par nécessité, et pourrait bien avec le temps venir faire de l’ombre au BAM en intégrant quelques-unes de ses prérogatives.




    Gérard Blanc

    À propos de Gérard Blanc

    Gérard Blanc est directeur conseil.