La fin annoncée de l’ère du bureau physique


    Denis Lalonde - 17/01/2012

    À l’ère de la mobilité et de l’informatique en nuage, le poste de travail traditionnel est en train de vivre ses dernières heures de gloire.

    Pour tenter d’anticiper ces changements, Conseils Atelya, société de services-conseils en gestion et en transformation des organisations, a mené une enquête auprès de décideurs français « afin de profiter de leur vision prospective et de réfléchir aux mutations à venir » du poste de travail d’ici deux à cinq ans.

    Le document explique que le poste de travail ne se cantonne plus à un bureau physique sur lequel repose un ordinateur, mais à tout ce avec quoi il peut interagir de manière physique ou virtuelle, dans l’enceinte de l’organisation ou en dehors.

    « D’une part, les nouvelles technologies numériques développées cette dernière décennie, principalement dans 
le cadre de la sphère personnelle, connaissent une intégration croissante au sein des organisations. D’autre part, de nouvelles formes d’architecture comme la virtualisation et l’informatique en nuage émergent et se posent de plus en plus comme de futurs standards », soutient l’étude.

    La convergence de ces éléments contribue donc à la redéfinition du poste de travail vers plus de flexibilité, de mobilité et d’adaptation aux besoins des utilisateurs.

    L’intranet en vedette

    L’intranet, ce réseau Internet interne aux organisations, sera partie prenante de la redéfinition des postes de travail. Selon l’étude, 48 % des répondants l’ont identifié comme « outil central structurant de leur organisation dans le futur », comparativement à 35,7 % actuellement. Le logiciel de gestion des relations avec la clientèle (GRC) arrive au second rang à 12,2 %, suivi des progiciels de gestion intégrée (PGI) et d’Internet à 10,2 %, alors que la gestion électronique de documents (GED) hors intranet arrive au 5e rang à 6,1 % (Tableau 1).

    De plus, 77 % des répondants pensent qu’il est possible d’utiliser l’intranet comme accès unique centralisé au système d’information. Au centre de ce nouveau rôle de l’intranet, on retrouve tout d’abord l’intégration d’outils collaboratifs comme les blogues, les wikis, les forums ou les réseaux sociaux.

    L’intranet de demain pourra également gérer une boutique d’applications. La vaste majorité des répondants ont confirmé que l’app store d’organisation constituait une piste intéressante ou allait devenir la norme d’ici quelques années (Tableau 2).

    Le principe d’une boutique d’applications d’organisation est de créer une place où les utilisateurs pourront venir se servir en applications selon leurs besoins.

    La mobilité au cœur des préoccupations

    L’étude soutient que le poste de travail du futur pourra décliner son environnement logiciel sur différents terminaux en fonction des besoins de l’utilisateur. 
« À côté des traditionnels ordinateurs de bureau et ordinateurs portables, les téléphones intelligents et les tablettes s’imposent petit à petit comme des outils de travail à part entière », lit-on dans le document.

    Ainsi, 75 % des répondants envisagent au minimum un accès à un intranet (hors applications) et aux données transversales pour les téléphones intelligents et les tablettes. Un peu plus de 20 % d’entre eux espèrent pouvoir utiliser les applications métiers via ces terminaux, alors que 56 % prévoient investir dans ces technologies.

    L’intégration des mobiles dans le système d’information représente toutefois une nouvelle source d’insécurité. L’utilisation du téléphone intelligent, aussi bien à titre personnel qu’à titre professionnel, présente des risques de perte de données non négligeables. La perte du mobile, les fuites d’informations ou encore le vol sont autant de dangers qui guettent la sécurité du système d’information. Sans parler du partage de données sensibles sur les réseaux sociaux externes ou de la propagation des logiciels malveillants via le téléchargement d’applications.

    Toutes ces problématiques devront faire l’objet d’un suivi serré de la part de l’équipe du département des technologies de l’information (TI) et demanderont le développement de nouvelles compétences techniques.

    Peu d’intérêt pour le poste de travail service

    L’informatique en nuage permet d’externaliser, sur des serveurs distants, des ressources informatiques que l’on possède généralement localement, grâce à une connexion Internet.

    Selon l’étude, le mode d’utilisation de l’informatique en nuage le plus populaire est le logiciel service, aussi connu sous le vocable de Software as a Service, ou (SaaS). Ce modèle de distribution permet aux entreprises de payer leurs logiciels à la demande et selon les besoins, sans qu’il soit nécessaire d’acquérir une licence. De leur côté, les fournisseurs de service se chargent d’héberger les programmes, de les gérer et d’en assurer la maintenance. Ainsi, 79,5 % des répondants disent avoir recours au logiciel service (SaaS), loin devant l’infrastructure service (IaaS), la plateforme service (PaaS) et le poste de travail service (DaaS) (Tableau 3).

    La faible popularité du poste de travail service vient du fait de « problèmes de confidentialité et d’incohérence avec les usages du métier », affirme l’étude, qui ajoute que le développement des offres existantes pour couvrir une plus large gamme de besoins constituera un élément crucial de l’adoption du modèle dans les années à venir. Par ailleurs, 65 % des répondants à l’enquête soutiennent qu’ils feront confiance à l’informatique en nuage seulement si des efforts sont faits dans le domaine de la sécurité des données.

    L’informatique en nuage pose en effet de nouveaux enjeux en termes de sécurité. Les données n’étant plus sous le contrôle de l’organisation (hormis dans le cadre d’un nuage privé interne) mais hébergées chez une société tierce. De plus, comme les données circulent via une connexion Internet, leur chiffrement est essentiel afin de les protéger des pirates informatiques.

    Rentable, le poste de travail du futur?

    S’il est bien de parler des modifications à venir du poste de travail dans les organisations, encore faut-il savoir si ces investissements seront rentables.

    À ce chapitre, 59 % des répondants pensent qu’investir dans le poste de travail du futur sera synonyme de rendement sur le capital investi (Return on investment, ou ROI). De ce nombre, 90,2 % pensent que le rendement sera qualitatif, alors que 49 % sont d’avis qu’il sera quantitatif.

    En revanche, 23 % d’entre eux restent dans l’incertitude, alors que 18 % ont répondu par la négative. Atelya y voit là une preuve de la difficulté d’estimer les bénéfices liés aux nouvelles technologies et usages. « Trouver de nouveaux indicateurs de performance constituera alors un enjeu fondamental », croit la société.

    L’étude a été effectuée par le Lab des Usages, la cellule de recherche et de veille de Voirin Consultants, dont Conseils Atelya est membre. Atelya possède des bureaux à Paris et à Montréal.

    Cette enquête a été réalisée sur un panel de 1 050 décideurs exerçant des fonctions stratégiques (directeurs généraux, directeurs des systèmes d’information, directeurs de la communication…) dans des organisations. De ce nombre, 137 ont fourni des réponses, ce qui donne un taux de participation de 13 %. L’enquête a été menée du 1er au 15 juillet 2011.

    Pour consulter l’édition numérique du magazine de décembre 2011/janvier 2012 de Direction informatique, Cliquez ici.




    À propos de Denis Lalonde

    Denis Lalonde est rédacteur en chef chez Direction informatique, développant des contenus et services uniques pour les spécialistes des technologies de l’information en entreprise à travers la province de Québec, tant à l’imprimé que sur le Web. Il s’est joint à IT World Canada, l’éditeur de Direction informatique, après avoir travaillé plus de cinq ans chez Médias Transcontinental pour les publications LesAffaires.com et le Journal Les Affaires. Journaliste accompli à l’aise sur toutes les plateformes médiatiques, Denis a également travaillé au Journal de Montréal, au portail Internet Canoë et au Réseau de l’information (RDI). Twitter: DenisLalonde
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