Enchères de spectre : quatre fournisseurs en télécoms se séparent les fréquences


Benjamin Jébrak - 20/02/2014

Bell, Rogers, TELUS et Vidéotron se sont séparé les licences de spectre sans fil qui étaient offertes par le gouvernement fédéral.

Illustration du concept de réseau sans filLa fréquence du spectre sans fil 700 MHz revêt une importance particulière pour les fournisseurs de services de télécommunications, car elle est stratégique pour l’exploitation de réseaux 4G LTE (Long Term Evolution en anglais). Également, chaque antenne pour cette génération de réseau, qui coûte 500 000 dollars, couvre trois fois plus de territoire que les technologies utilisées actuellement.

« Avec les téléphones Android, l’iPhone, les tablettes et les ordinateurs portables, le transfert de données accaparera d’ici quelques années 95 % de la bande passante disponible, comparativement à 5 % pour la voix », avait déclaré en mai dernier Michael Hennessy, le premier vice-président aux affaires publiques et gouvernementales chez TELUS.

Rogers

Le grand gagnant de l’enchère s’est avéré être le conglomérat du secteur canadien des communications Rogers Communications.

Avec un investissement en espèces de 3,29 milliards de dollars, Rogers Communications a obtenu 22 licences pour deux blocs contigus de 12 MHz dans la bande inférieure de 700 MHz.

Cette acquisition permettra à Rogers Communications de desservir le sud et l’est de l’Ontario, le sud et l’est du Québec, la Colombie-Britannique, l’Alberta, Terre-Neuve-et-Labrador, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick.

TELUS

Le fournisseur de services de télécommunications TELUS a déboursé 1,14 milliard de dollars pour 30 licences d’exploitation du spectre sans fil 700 MHz.

Ces licences, qui couvrent presque tout le territoire canadien, dont le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut, seront mises à profit dès que les infrastructures mobiles de TELUS seront terminées.

« Nous avons déjà commencé à préparer nos infrastructures mobiles pour le déploiement du spectre dans la bande de 700 MHz, et nous prévoyons commencer à l’utiliser aussitôt que celui-ci est disponible », a expliqué Darren Entwistle, le président et chef de la direction chez TELUS.

Bell Canada

Le fournisseur de services de télécommunications et de contenu Bell Canada a, quant à lui, fait l’acquisition de 31 licences pour coût total de 566 millions de dollars.

Pour l’entreprise il s’agit d’augmenter les zones ayant accès à son service LTE. Ces nouvelles licences permettront à Bell Canada d’offrir des services large bande évolués mobiles à plus de 98 % de la population canadienne.

« Bell offre déjà le service LTE à 82 % de la population nationale et le nouveau spectre de 700 MHz nous aidera à l’étendre encore davantage, soit aux petites villes, aux zones rurales et aux collectivités éloignées du pays, notamment dans le Nord du Canada », a déclaré Wade Oosterman, le président de Bell Mobilité.

Vidéotron

De son côté, le fournisseur de services de télécommunication Vidéotron, une filiale du conglomérat Québecor Média, a étendu sa couverture de réseau par l’acquisition de sept licences couvrant l’entièreté du Québec, l’Ontario, à l’exception du nord de la province ainsi que l’Alberta et la Colombie-Britannique, pour 233 millions de dollars.

Le fournisseur de télécommunication souhaite d’abord agrandir sa clientèle en ciblant 80 % de la population canadienne.

Bien que Vidéotron n’ait pas été le plus grand acheteur de licences, l’entreprise pourra tout de même étendre sa couverture grâce au récent partenariat d’utilisation d’infrastructures et du spectre d’onde avec Rogers Communication. Dans un communiqué, Vidéotron s’est dite satisfaite d’avoir profité de cette enchère.

« Compte tenu de la façon dont s’est déroulée la vente aux enchères, Québécor Média ne pouvait pas laisser passer l’occasion d’investir dans ces licences de grande valeur », a déclaré Robert Dépatie, président et chef de la direction de Québécor Média et chef de la direction de Vidéotron.




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Benjamin Jébrak

À propos de Benjamin Jébrak

Benjamin Jébrak est journaliste pour le magazine Direction Informatique.
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