Dix mythes à réfuter en matière de nuage informatique


Jeff Jedras - 14/07/2015

Alors que les entreprises canadiennes tendent sur le tard à adopter les nouvelles technologies, on s’accorde sur le fait que l’utilisation du nuage informatique se généralise au Canada – mais que les entreprises devront se montrer prudentes si elles veulent en récolter les bienfaits.Illustration du concept d'infrastructure d'infonuagique

Un webinaire récent organisé par Jim Love, directeur de l’informatique chez CIAT s’est penché plus attentivement sur la migration du Canada vers le nuage informatique en compagnie de Paul Monaghan, directeur du nuage informatique et des services gérés, élaboration de solutions chez Rogers. M. Monaghan affirme qu’un grand nombre d’entreprises réfléchissent encore à la position qu’elles devraient avoir à l’heure actuelle plutôt qu’à leur avenir en matière de nuage informatique, mais il y a sans conteste un virage depuis les TI internes traditionnelles lorsqu’il est question de matériel informatique, de logiciels et de la dotation en personnel.

« Les Canadiens ont adopté les fournisseurs de services dans les nuages, mais il est difficile de dire quelle est l’importance du phénomène en raison de ses définitions variables », affirmait M. Monaghan.

Les entreprises canadiennes se sont surtout concentrées sur trois variantes du nuage : le modèle SaaS, livré et géré à distance par un ou plus d’un fournisseur de services; la plateforme comme service (PaaS) à l’exemple des services de l’infrastructure des applications, y compris la plateforme de l’application, son intégration, la gestion des procédés de l’entreprise et des services de bases de données, intégralement compris dans le nuage; et l’infrastructure comme service (IaaS), une offre standardisée et automatisée où les ressources informatiques, le stockage et les capacités réseau appartiennent à un fournisseur de service, sont gérés par lui et offerts sur demande.

« Les Canadiens sont centrés sur l’infrastructure comme service (IaaS). Nous n’avons pas vu beaucoup d’adhésions à la plateforme comme service (PaaS) et le modèle SaaS n’exige aucun effort de nos jours grâce à des applications telles que Google for Work et Google for Salesforce », a affirmé M. Monaghan.

Les autres types de nuages comprennent les services de nuage privé, communautaire, public et hybride. M. Love a remarqué qu’il existe un grand nombre de définitions différentes en ce qui concerne le nuage hybride, mais la définition de M. Monaghan est fondée sur l’utilisation coordonnée des services de nuage informatique en tenant compte de l’ensemble des limites du fournisseur.

Le nuage hybride est en voie de devenir une étape intermédiaire vers l’intensification de l’utilisation du nuage. M. Gartner prévoit que l’utilisation du nuage hybride en tant que solution préférée passera de 7 % à l’heure actuelle à 20 % en 2017, grâce aux secteurs tels que les soins de santé, l’assurance et le gouvernement en tête de liste.

« C’est à bras grands ouverts que le marché canadien adopte les services de nuage hybride », a affirmé M. Monaghan. « Ils ont réalisé qu’il n’est pas possible de tout faire dans le nuage public. Certains éléments peuvent migrer facilement vers le nuage public alors que d’autres ne peuvent pas. Les entreprises veulent avoir le contrôle de domaines très sensibles, quitte à les garder à l’interne. Quant à la couche client et à tout ce qui doit être plus dynamique, ces éléments peuvent migrer vers le nuage public. »

Le nuage public est également recherché, particulièrement dans le secteur de la fabrication, 63 % de l’ensemble des répondants affirmant qu’ils font d’importants investissements dans le nuage public. Les secteurs bancaire, de l’enseignement, du détail, des transports et du commerce de gros obtiennent également un pointage élevé en ce qui concerne l’investissement dans le nuage public.

« Les entreprises tentent de déléguer ces compétences supérieures à l’extérieur, pour pouvoir se concentrer sur leurs compétences de base et ainsi accélérer le rythme de leurs activités », a affirmé M. Monaghan.

Et une fois que les entreprises ont déplacé leurs charges de travail vers le nuage, elles sont heureuses de l’avoir fait. Une étude menée aux États-Unis a révélé que 43 % des entreprises qui ont adopté le nuage auraient souhaité l’avoir fait avant.

« Presque toutes les entreprises que je connais disposent d’actifs sous une forme ou l’autre, aujourd’hui placés dans un nuage », a révélé M. Monaghan. « Selon les commentaires obtenus, c’est après coup qu’elles constatent les bienfaits qui en résultent. »

Avant qu’elles puissent s’en remettre au nuage, il leur faut cependant surmonter certains mythes.

1. Les préoccupations liées au nuage sont toujours liées à l’argent

Des économies peuvent parfois découler de l’utilisation du nuage, mais M. Monaghan affirme que ce n’est pas la principale raison pour adopter le nuage. « Vous utilisez le nuage pour miser sur certaines efficiences opérationnelles et faire en sorte que votre personnel se concentre sur ce qui est important », a-t-il dit. « L’argent est toujours une préoccupation, mais vous en avez toujours pour votre argent et il faut vous assurer que vous faites un achat éclairé. »

2. Pour bien briller, il vous faut le nuage

Il est très courant que des représentants appellent « nuage » tout produit dont ils font la promotion. Il en est ressorti un mythe selon lequel un nuage est invariablement positif et il faut un nuage pour qu’en découle un effet positif. « Le nuage ne doit pas être utilisé à tort et à travers et c’est là que le nuage hybride peut être utilisé à bon escient », a dit M. Monaghan.

3. Le nuage devrait être utilisé dans toute situation

Le nuage ne peut être également avantageux pour toutes les charges de travail et il est erroné de supposer qu’il pourrait en être ainsi. Chaque application doit être examinée sur une base individuelle pour déterminer le meilleur traitement à envisager et la solution pourrait ne pas être liée à l’utilisation du nuage.

4. « C’est le directeur général qui l’a dit » atteste une stratégie liée au nuage

Pour que votre stratégie liée au nuage soit fructueuse, elle doit reposer sur une fondation d’entreprise solide. Cela signifie qu’il faut déterminer les objectifs de l’entreprise et les avantages potentiels que le nuage pourrait contribuer à vous faire atteindre. Le nuage est un moyen d’arriver à ses fins, et non une fin en soi. « Si votre entreprise peut mettre au point cette stratégie, vous aurez beaucoup plus de succès », a dit M. Monaghan.

5. Vous n’avez besoin que d’un seul fournisseur de services de nuages

Les entreprises désirent minimiser le nombre de fournisseurs avec lesquels elles travaillent afin de limiter la complexité, mais il n’existe aucune solution en nuage qui permet de tout faire. Collaborer avec un fournisseur de services tel que Rogers qui coordonne l’activité des fournisseurs peut aider à gérer la complexité, et M. Monaghan a dit que les entreprises ont réellement besoin de mettre au point une stratégie en matière de nuage pour chacune de ses unités opérationnelles – ce qui convient à la division des TI peut ne pas convenir à celle du marketing.

6. Le nuage est moins sécuritaire que les capacités internes de l’entreprise

En fait, M. Monaghan a dit qu’étant donné que les fournisseurs de services et de nuages ont plus à perdre que les entreprises individuelles, elles se doivent donc d’investir encore plus dans l’infrastructure et l’expertise en matière de sécurité. Pour la plupart des entreprises, la sécurité ne fait pas partie des compétences de base, sauf pour Rogers. Ainsi le choix du bon fournisseur de services peut dans les faits signifier un environnement plus sécuritaire.

7. Le nuage n’est pas utilisé pour les tâches essentielles

« Je suis tout à fait en désaccord avec cet énoncé, et toutes les grandes et moyennes entreprises qui ont migré vers le nuage sont du même avis », a affirmé M. Monaghan. « Il existe des cas d’utilisation où le nuage ne s’est pas montré à la hauteur de la tâche – Je ne me servirais pas de l’Association canadienne du contrôle du trafic aérien pour Amazon – mais pour la plupart des entreprises, vous pouvez créer une solution beaucoup plus souple à l’aide de l’infrastructure en nuage ».

8. Nuage = centre des données

Une stratégie axée sur le nuage n’est pas une stratégie axée sur un centre de données et le nuage n’est pas un centre de données. Le nuage n’est pas une question de tout ou rien; l’entreprise devrait se concentrer sur la prise de décision.

Il importe de prendre des décisions sur une base des charges de travail, une à la fois, plutôt que d’adopter une approche de « tout ou rien ». Les stratégies d’impartition du nuage et du centre de données ont des points communs mais il ne faut pas les confondre l’une avec l’autre. Le fait de supposer que le nuage est de nature « tout ou rien » conduit à la mauvaise analyse. Examinez les stratégies de nuages et celles des centres de données afin de constater ce qu’elles ont en commun. Concentrez-vous sur les services en nuage et les interfaces du service.

9. Migrer vers le nuage signifie obtenir automatiquement toutes les caractéristiques du nuage

M. Monaghan a répliqué que c’était faux. Il faudra du temps. Et cela dépend de la solution. Le fait qu’une solution soit hébergée ne signifie pas nécessairement qu’il s’agit d’un service en nuage; il pourrait simplement s’agir d’une application ayant migré de votre centre de données vers le centre de données d’un fournisseur de services. Cela sera suffisant pour certaines solutions; pour d’autres, il se peut que vous désiriez et ayez besoin des caractéristiques traditionnelles du nuage, y compris l’extensibilité et l’élasticité.

10. Virtualisation = nuage privé

« Le nuage, c’est plus qu’une simple virtualisation. Mis à part la technologie, la virtualisation en fera probablement partie, mais la question est comment mettez-vous différemment en œuvre les éléments opérationnels une fois passé au nuage? », a demandé M. Monaghan. « Si vous n’avez pas modifié les procédures opérationnelles, il ne s’agit pas réellement d’un nuage privé; vous ne faites que miser sur les économies d’échelle d’une plateforme de virtualisation. »

Si vous envisagez la migration vers le nuage, M. Monaghan vous conseille de ne pas essayer de décrocher la lune. Examinez plutôt votre infrastructure et établissez un plan.

« Il n’y a pas qu’une seule stratégie de nuage. Chaque entreprise est différente », a dit M. Monaghan. « Choisissez l’objectif le plus à votre portée pour le déplacer vers le nuage, en adoptant les solutions les plus appropriées. »




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À propos de Jeff Jedras

Jeff Jedras est le rédacteur en chef adjoint chez IT World Canada. Il participe principalement aux portails Computer Dealer News et ITbusiness.ca, où il couvre les domaines de la revente et des petites et moyennes entreprises.