HEC : tableau noir, forums de discussion et wiki

Alain Beaulieu -01/06/2008

Si l'institution montréalaise est résolument axée sur la modernité, les technologies les plus récentes y côtoient les méthodes pédagogiques les plus traditionnelles.

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Pascale Blanc, directrice de la section technopédagogie du service de gestion des TI à HEC Montréal.
Sur la base de quels critères choisit-on, quand on est une institution d'enseignement supérieur, les outils technologiques qui supporteront notre mission? Des outils qui, on l'espère, permettront aux enseignants d'être plus efficaces, aux étudiants de mieux acquérir les connaissances et, donc, qui auront un impact réel sur la performance de l'organisation.

HEC Montréal, l'école des sciences de la gestion affiliée à l'Université de Montréal, se spécialise dans la formation des gestionnaires et des cadres. L'École a décidé dès 1996 d'exploiter au maximum les possibilités pédagogiques offertes par les technologies de l'information et des communications (TIC). C'est ainsi qu'a vu le jour, un an plus tard, le programme Virtuose qui s'étoffe d'année en année.

Il s'agit d'un programme visant à intégrer les nouvelles technologies à l'enseignement. Cela se traduit par un usage intensif de l'ordinateur portatif par l'étudiant et l'utilisation de divers outils de communication, de collaboration et d'information (voir l'encadré). Choisis en fonction de divers critères établis par l'établissement, sur recommandation de ses technopédagogues, les outils sont ensuite proposés aux enseignants.

« La section technopédagogie est en support au corps professoral, pour mettre à leur disposition des applications pédagogiques, qui peuvent être des logiciels commerciaux ou des logiciels de code source libre, pour que les étudiants apprennent mieux, résume Pascale Blanc, directrice de la section technopédagogie du service de gestion des TI de l'institution. À partir du moment où un professeur est intéressé à utiliser une technologie particulière, on va l'aider, on va même faire des démos en classe, mais on n'impose rien. C'est pour ça d'ailleurs qu'on gagne du terrain. Pour nous, c'est un vrai succès quand on voit qu'une application est utilisée de session en session, parce que ça veut dire que les professeurs l'ont intégré à leurs scénarios pédagogiques et que ça répond à un vrai besoin. »

Coexistence des outils

Conséquemment, les nouveaux outils choisis ne viennent jamais remplacer, de façon unilatérale, les outils déjà utilisés par les enseignants, l'institution ayant opté pour une stratégie de coexistence des diverses technologies utilisées, afin d'offrir plus de choix à l'enseignant qui peut ainsi choisir l'outil avec lequel il est le plus confortable.

« Il ne faut pas croire que les vieux outils vont disparaître et que les nouvelles technologies vont remplacer les méthodes traditionnelles, soutient Paul Mireault, professeur agrégé, Service de l'enseignement des TI, à HEC Montréal. Il y a encore des avantages à utiliser un tableau noir : déjà, c'est plus large qu'un écran d'ordinateur et on peut y naviguer facilement. On vise davantage une utilisation complémentaire qu'une utilisation restrictive. »

Cela dit, on trouve trois catégories générales d'applications de dernière génération, utilisées depuis deux ans. « Un des logiciels de base, c'est le forum de discussion qui, allié avec la méthode des cas et différentes stratégies pédagogiques, peut être un outil très intéressant, explique Pascale Blanc. Avec les forums de discussion, les enseignants peuvent faire préparer les cas à l'avance par leurs étudiants, en leur posant des questions pour vérifier qu'ils ont bien lu le cas avant de venir en séance et leur permettre d'aller plus à fond lorsqu'ils sont en séance.

« Il y a aussi les questionnaires en ligne, avec lesquels les enseignants peuventinciter les étudiants à faire de l'auto apprentissage et évaluer les apprentissages. La troisième application estle site Web collaboratif, fondé sur laplate-forme Windows Sharepoint Services de Microsoft, qui permet d'amener les étudiants à interagir et travailler en collaboration sur un projet pédagogique. »

À ces applications s'en ajoutent d'autres plus récentes, fondées sur les technologies du Web 2.0, actuellement en évaluation et qui pourraient être prochainement déployées. « On a des projets pilotes reliés aux [logiciels sociaux], tels que les blogues, wikis, les cartes conceptuelles, etc., précise Pascale Blanc. Ces logiciels offrent l'avantage de ne pas exiger des connaissances techniques particulières de la part de l'étudiant et permettent au professeur de facilement mettre en œuvre des projets pédagogiques basés sur le Web. On commence aussi à expérimenter les techniques de baladodiffusion. Les simulations commencent à être utilisées également aussi bien par des étudiants en management, qu'en marketing, technologies de l'information ou mathématiques quantitatives de gestion. »


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