Du nouveau dans l'histoire multimillénaire de la criminalité?

Nelson Dumais -19/11/2009

Dans l'univers de brique et mortier comme dans l'univers virtuel, le vol et la fraude sont de tristes réalités. Si l'humain se préoccupe de verrouiller ses portes de maison, il faut encore lui rappeler l'importance de la sécurité et de la prudence lorsqu'il utilise les TI. Pourtant, les larcins par le biais des technologies ne datent pas d'hier...

S'il y a une constance dans l'histoire de l'humanité, c'est bien le vol, cette méthode souvent violente pour se nourrir, se vêtir, s'enrichir, en dépossédant son prochain.

De mémoire d'archéologue, d'ethnologue et d'historien, on a toujours truandé autrui en menaçant, assommant, torturant, coupaillant, filoutant et pressurisant, aussi bien au Japon que chez les Égyptiens, les Romains, les Huns ou les Aztèques, aussi bien du temps du Zimbabwe, de Périclès, de la dynastie des Song, de Napoléon Bonaparte, de l'Empire austro-hongrois, que de celui d'Obama. On peut parler de pérennité, un constat qui se vérifie aujourd'hui sur Internet après des millénaires de sévices dans des cavernes, cabanes lacustres, temples, rues insalubres, campagnes isolées, banques texanes et bars glauques. L'humain est ainsi fait.

On peut toujours tuer un touriste pour ses chaussures ou sa montre, on peut dérouiller un malheureux qui vient de passer au guichet automatique, on peut braquer la caissière d'un gaz-bar, mais il est infiniment préférable et moins dangereux pour soi d'arnaquer ses frères humains. Surtout que dans toute société, il y a cette catégorie de gens que l'on qualifie de naïfs, niais, pigeons, poissons ou poires.

Ce sont eux qui vont acheter des éclisses de la vraie croix à des marchands revenant de la Terre sainte, qui vont s'offrir des morceaux du mur de Berlin par correspondance, qui vont dicter leur numéro MasterCard à un « sondeur » téléphonique tellement gentil, qui vont confier leur épargne à un philanthrope leur promettant du 30 %, qui vont acheter des baies d'açai, qui vont envoyer à tous leurs contacts une alerte antivirale de classe mondiale, qui vont fournir de l'information à « Mme Attah Marie-Ange, cadre au département de la comptabilité à Écobank - Côte D'Ivoire », pour mieux vider le compte de « feu Christian Brocher » à la hauteur de 11 500 000 $. Depuis la nuit des temps, ces gens sont qualifiés « d'indécrottables gogos ». On peut vouloir les aider, mais on peut aussi se tanner et les laisser macérer dans leurs déconfitures. Chez eux, toute tentative sérieuse d'éducation antifraude apparaît comme étant peine perdue.

D'autres sont plus méfiants, plus alertes, plus critiques, plutôt difficiles à arnaquer. Mais il est possible qu'ils le soient quand même. C'est le cas, par exemple, des journalistes, une caste professionnelle qui est censée en avoir vu de toutes les couleurs. Faites, par exemple, une recherche sur Internet et recensez le nombre d'articles expliquant que deux cellulaires interconnectés face à face peuvent faire cuire un oeuf. Vous serez édifiés.

Même moi, le vieux cynique, je me suis fait avoir. Il y a quinze ans, un anglophone est venu sonner à ma porte, en plein cœur du Plateau Mont-Royal. Il s'est présenté comme étant mon 2e voisin vers le nord, celui du 3e étage, et il a prétendu s'être embarré dehors, son porte-monnaie avec son argent étant sur sa table de cuisine. Un serrurier serait en route, mais il exigerait 25 $ avant de se mettre à l'ouvrage. Je serais donc gentil de lui prêter, à lui mon voisin soudainement sans abri, la somme nécessaire, laquelle me serait remboursée d'ici une demi-heure, aussitôt son porte-monnaie récupéré. Un anglophone isolé dans un quartier francophone ne pouvant inventer une telle histoire, me dis-je, je lui donnai sans hésiter les 25 $. Bzittt! Dong! Baisé le Nelson! Amusant, non?


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